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Cinéma - Geronimo, la jeunesse en jeu

Loire le 23 octobre 2014 - Daniel Brignon - Cinéma - article lu 418 fois

Cinéma - Geronimo, la jeunesse en jeu
Tony Gatlif en visite à Saint-Etienne en compagnie de Céline Sallette, qui incarne Geronimo (D.R.)

« J'étais à a recherche d'espaces libres où il n'y a rien, pas d'obstacle, j'ai trouvé à Saint-Etienne des espaces sublimes comme cette grande halle où se déroule un affrontement sous forme de battle musicale entre les deux groupes », deux communautés qui sont aux prises dans le film, gitane et turque.

Ce ne sont pas que les espaces qui intéressaient le metteur en scène à Saint-Etienne, mais aussi les gens : « quand je vais tourner des plans dans un endroit c’est vraiment pour les gens, dit-il, en l’occurrence des figurants et les danseurs superbes dans la battle, recrutés à Saint-Etienne parmi des compagnies de hip-hop. La collaboration des jeunes de Saint-Etienne a été superbe ».
Voici une tragédie classique contemporaine avec tous les ressorts de la rancune, la peur, l’honneur, la vengeance et une odeur de mort qui parcourt le film, sans pour autant aboutir. « normalement, il y aurait dû y avoir quatre morts », convient le réalisateur, dans cette tragédie à la Roméo et Juliette, mais je me le suis interdit. Il y a des blessés, des tensions, mais la mort, non, je n’avais pas le droit, pour garder un dénouement qui reste ouvert, pour la jeunesse que je mets en scène. »

Une jeunesse perdue, c’est ce que veut illustrer Gatlif, dans Geronimo, sobriquet donné à l’éducatrice qui assure le fil rouge de l’histoire qui commence par un mariage forcé dans la communauté turque, interrompue par la fuite de la mariée au moment de la cérémonie qui rejoint son ami gitan. S’ensuit une course et une fuite, mené comme un ballet puissamment rythmée par la musique sonore hip-hop et rap, une course et une poursuite d’un fils de la famille turque Fazil, pour venger l’honneur de la famille. « Fazil fait référence à une tradition d’une période révolue qu’il n’a pas connu, en réalité Fazil ne cherche qu’une seule chose c’est se rattraper à quelque chose pour exister, la tradition qui devient sa raison d’être. C’est comme d’autres jeunes aujourd’hui, ces gamins qui se raccrochent aujourd’hui à la guerre en Syrie, une jeunesse oubliée, lâchée. Je m’intéresse à cette jeunesse que je film avec une vitalité fantastique, une formidable envie de vivre », dans cette fable pas à proprement parler réaliste mais d’une poésie naturaliste, même dans l’obscurité des espaces de bas-fonds.

Daniel Brignon

 



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