Fermer la publicité

Ciboulette, un spectacle « ravissant »

Loire le 16 janvier 2014 - Daniel Brignon - Agglomération stéphanoise - article lu 191 fois

Ciboulette, c’est l’opérette  d’un compositeur confirmé ? A sa création en 1923 Ciboulette a connu un succès colossal, dans un genre pourtant à contre-courant de la mode du moment où l’on était en pleine éclosion à Paris de la comédie musicale à la française.

Ciboulette, c’est l’opérette  d’un compositeur confirmé ?

A sa création en 1923 Ciboulette a connu un succès colossal, dans un genre pourtant à contre-courant de la mode du moment où l’on était en pleine éclosion à Paris de la comédie musicale à la française. Une autre singularité tient à ce que Reynaldo Hahn, contrairement à ses collègues compositeurs, ait composé cette opérette à 48 ans, au bout d’une carrière dédiée à la musique dite sérieuse. Il est commun que l’on débute une carrière par le lyrique léger, Reynaldo Hahn emprunte un chemin inverse. Il rend hommage à l’opéra comique et à l’opérette au faîte de sa carrière, ce qui le rend singulier à son époque

Il en résulte un ouvrage de grande qualité musicale ?

C’est très léger comme l’appelle le genre, mais très plaisant, ravissant, une musique délicieuse. C’est une partition extrêmement raffinée. Certains numéros de cette opérette ont été rappelés par le public en plein spectacle lors de sa création. Le public était pris de plein fouet par des airs, des refrains délicieux, facilement mémorisés.

C’est pour cela que vous associez le public au chant ?

Cela s’est fait déjà à Paris et nous le renouvelons à Saint-Etienne. Les gens du public qui souhaitent chanter avec le chœur les deux refrains du final de chaque partie seront préparés au cours de deux rencontres préalables avec un pianiste, un membre du chœur et moi. Il s’agit de ne laisser aucune place à l’improvisation, même si la reprise de ces deux refrains par le public doit rester festive et spontanée.

Quel est l’enjeu pour vous à la direction d’orchestre ?

Ce que j’aime surtout dans ce répertoire est qu’il s’agit d’une espèce de grande pièce de théâtre faite de scènes dialoguées mais portées par l’énergie de moments musicaux. L’enjeu et la difficulté du genre consiste à produire un spectacle continu. Il ne faut pas donner l’impression d’une succession de texte puis de chant juxtaposés l’un après l’autre, mais savoir glisser la musique à la fin d’une scène dialoguée. Je suis très vigilant à tout le coté théâtral pour que les chanteurs se sentent à l’aise dans un spectacle qui ne doit pas souffrir de rupture dans cette alternance.

Pour servir cet ouvrage vous avez une nouvelle distribution à Saint-Etienne ?

Oui, Ciboulette est une prise de rôle, Antonin, le ténor a déjà chanté à Paris. Duparquet, le baryton, est aussi une prise de rôle. Il y aura également Andréa Ferréol dans le rôle de Mme Pingret qu’occupait à Paris Bernadette Lafont, qui est décédé en juillet dernier. C’est un rôle exclusivement de théâtre, une des particularités de ce spectacle.
C’est une très belle distribution, de jeunes artistes prometteurs, avec une très belle mise en scène, par, pour le coup, un grand monsieur du théâtre, Bernard Fau, qui réserve un certain nombre de surprises cocasses. Mais je n’en dirai pas plus…

La distribution a une grande importance ?

L’opérette est méprisée par faute d’y mettre les moyens. Je pense à l’inverse que si on veut réussir une opérette il faut y mettre les moyens dans la distribution précisément. Tous les grands artistes se sont révélés dans ce genre-là. Ce n’est pas un genre mineur, il demande de très grands artistes

Ressort-il un message de Ciboulette ?

L’éternel amour ! C’est du théâtre de boulevard, léger, mais nuancé d’un fond de nostalgie autour de la personnalité de Duparquet notamment, dans un joli jeu d’équilibre.

Propos recueillis par Daniel Brignon


Ciboulette

Opérette en 3 actes et 4 tableaux de Reynaldo Hahn, sur un livret de Robert de Flers et Francis de Croisset.
Dans le quartier des Halles à Paris, la jeune Ciboulette qui a accepté la demande en mariage de ses huit fiancés, se fait prédire l’avenir par la poissonnière Pingret qui lui promet gloire et amour… mais aussi plein d’étranges péripéties pour arriver à cet heureux dénouement.
Grand théâtre Massenet de l’Opéra théâtre de Saint-Etienne, dimanche 29 décembre à 15 h, mardi 31 décembre à 19 h, jeudi 2 janvier à 20 h. Tarif : de 10 € à 53 €. Durée : 2 h 45, entracte compris. Langue : français, surtitré.


Chantez avec Ciboulette

Pour chanter avec le chœur, deux séances de préparation sont proposés, les samedi 21 et dimanche 22 décembre de 10 h à 13 h. Il convient de s’inscrire au préalable au 04 77 47 83 40.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide