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Christian Coigné : « Ma priorité c’est Sassenage ! »

Isère le 13 juin 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Région grenobloise - article lu 1130 fois

Christian Coigné : « Ma priorité c’est Sassenage ! »
(D.R.)

Où en est la commune de Sassenage avec l’emprunt toxique qu’elle a contracté avec Dexia ? Avec l’autorisation de la chambre régionale des comptes, on ne rembourse plus les intérêts.

Où en est la commune de Sassenage avec l’emprunt toxique qu’elle a contracté avec Dexia ?

Avec l’autorisation de la chambre régionale des comptes, on ne rembourse plus les intérêts. (Lire Ils espèrent une bulle d'air face aux emprunts toxiques). Concernant l’article 60 contre lequel on s’était battu, et que le Conseil constitutionnel avait rejeté, il se trouve que le gouvernement est en train de faire passer une loi qui prévoit les mêmes dispositions, sauf que cette version exclut les acteurs privés et ne concerne plus que les acteurs publics. De notre côté on a demandé une annulation du prêt en raison du taux erroné, car aujourd’hui l’indemnité de sortie est égale à 2 fois le capital : nous avons emprunté 4,2M€, il faudrait verser 9,8M€ pour s’en dégager.

Malgré cela, la commune arrive-t-elle toujours à investir ?

Oui, mais de moins en moins. Aujourd’hui, 2,4 M€ sont capitalisés sur les intérêts que nous ne versons pas, mais que l’on provisionne. Tant qu’on ne peut pas utiliser cet argent, il manque. Jusqu’à présent on avait un bon budget, mais aujourd’hui les dotations d’Etat et du conseil général baissent, alors que les impôts de Sassenage n’ont pas été augmentés depuis 8 ans, et je ne reviendrai pas sur cette décision puisque je trouve qu’on paie trop d’impôts. Mais quand il y a une baisse des recettes, il faut faire des choix drastiques en ce qui concerne les dépenses. On arrive au bout des démarches réalisées pour faire des économies sur le fonctionnement, et ce sont donc les investissements qui vont ralentir. Cela est contre nature, car en période de crise, il faudrait que les collectivités publiques investissent pour relancer les entreprises. On aurait besoin d’entretenir des routes, d’investir pour le club de foot, il faut refaire la piscine… On discute avec les entreprises, on calcule au plus juste, et on ne sait pas encore ce que l’on pourra faire. On entame quand même les travaux de sécurisation des digues du Furon, mais ces travaux seront étalés sur une plus grande période que prévu.

Aviez-vous voté le budget 2014 avant ou après les municipales ? Quelle est la part des dépenses d’investissement ?

Nous avions fait le débat d’orientation budgétaire en début d’année, mais nous avons voté le budget fin avril. Il est normal qu’il soit voté par les nouveaux élus, (son équipe a été renouvelée à hauteur de 64%). La part de l’investissement s’élève à 2,5M€, alors qu’elle était de 4M€ jusqu’à présent.

Vous êtes aussi conseiller communautaire à la Métro. Quelles est votre position face à l’élection d’un bureau exécutif d’où sont exclus les groupes d’opposition ?

Lors de l’élection de vice-présidents, je voulais intervenir, et finalement je ne l’ai pas fait. Je pense que la gestion de la métropole va être très compliquée. Ce que je voulais dire c’est qu’un EPCI est censé être un Etablissement Public de Coopération Intercommunale. On voit de partout que toutes les tendances politiques sont représentées dans ces EPCI, de manière à avoir un travail commun, et constructif. A la Métro, EPCI veut maintenant dire « Etablissement Public à Clivage Idéologique ». Il n’y a plus de discussions, plus d’interventions. Pour moi, les priorités sont celles de l’emploi, du développement économique, et du déplacement. Trois sujets où il faut un projet commun. Mais Christophe Ferrari a politisé la Métro. Le côté positif, c’est que ça va nous motiver à travailler, et à mener des actions positives. Et je serai davantage présent aux conseils car je n’ai plus confiance dans la gouvernance de la Métro.

Vous êtes un des rares maires UDI, et vous êtes un membre fondateur de l’UDI 38. Où en est le parti en Isère ?

Je pense qu’il faut une représentation du centre forte sur le département, où nous sommes aujourd’hui pratiquement inexistants. Par ailleurs je suis toujours président du Nouveau Centre en Isère. Mais au niveau national, maintenant que Borloo a démissionné de l’UDI pour des raisons de santé, c’est la guerre de succession. Qui va prendre la tête ? Mon favori c’est Morin, qui est un bon technicien et qui a la volonté d’avancer…même s’il est devenu trop parisien à mon goût. Car au-delà de la question nationale et parisienne, il faut que l’UDI fonctionne dans les départements. Ici on y arrive mais l’union n’a pas la reconnaissance qu’elle devrait avoir, et ce en partie à cause de la gestion parisienne. Il faut davantage d’écoute au niveau local. On n’a pas la même vision. Je voulais par exemple monter pour les municipales une liste UDI à Grenoble, Borloo n’a pas voulu…et à cause des statuts on a été obligé de céder. Si on l’avait montée, on aurait eu des élus en groupe et donc une reconnaissance. (NDLR : Lionel Filippi, et Sylvie Pellat-Finet par exemple, sont élus UMP-UDI, après l’union des 2 listes derrière Matthieu Chamussy.) Il faudrait un groupe qui s’assume.
Andrée Rabilloud, qui était la présidente de l’UDI 38 n’est plus maire. Il va falloir trouver un remplaçant et je me dis que je ne suis pas très motivé tant que l’on est tenu par les Parisiens. Je pense aussi que je passerai la main lors du renouvellement de la présidence du Nouveau centre dans le département. Même si je resterai au sein du parti, et que je ne démissionnerai pas.

Politiquement quelles sont vos priorités ?

Je suis très motivé sur le local et sur ma commune de Sassenage. J’ai une bonne équipe renouvelée et qui fonctionne bien.

Caroline Thermoz-Liaudy



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