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Christian Barqui : L'étoffe de l'industriel

Rhône le 23 octobre 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 2308 fois

Christian Barqui : L'étoffe de l'industriel
(© S.B.)

Bon en maths et en physique, il prévoyait de devenir ingénieur.

Sur les conseils d’un ami de son père - qui cerne bien le jeune homme -, Christian Barqui choisit finalement de s’orienter vers le commerce. « Il a eu du nez, glisse-t-il en préambule, la technique m’intéresse toujours moins que le reste ». C’est ainsi que le diplômé de Sup de Co Amiens démarre sa carrière chez Procter & Gamble où il « apprend le métier de la vente dans l’univers de la grande consommation et de la grande distribution ».
Originaire de Tassin-la-Demi-Lune, très attaché à la région lyonnaise, il revient sur ses terres comme directeur commercial d’une PME locale, dont le propriétaire-maraîcher avait importé des États-Unis le concept de la salade (effeuillée et lavée) en sachet. Doué pour le développement, il prend quelques années plus tard les rênes de Salade Minutes après avoir suivi le CPA / Advanced Management Program de l’EM Lyon. « C’est grâce à cette formation que je suis devenu un vrai directeur général ». C’est aussi une petite victoire sur le passé pour celui qui n’avait pas pu intégrer l’école de commerce lyonnaise à cause de sa place au concours. « Cinq malheureuses petites places me séparaient alors du sésame », plaisante-t-il.
La PME, au bilan séduisant - elle est passé de 3 M€ à 60 M€ de chiffre d’affaires en dix ans -, intéresse alors le spécialiste du légume Bonduelle. Christian Barqui pilote le rachat et devient le patron de la division produits frais. Toujours à Lyon. « C’était logique, nous étions près des usines et avions pas mal de collaborateurs installés ici. De plus, je trouve que vivre à Lyon est plus agréable que vivre à Lille (siège de Bonduelle, NDLR) ». Mais après cinq ans marqués par des taux de croissance de 10 à 15 points par an, rien ne va plus entre les propriétaires et Christian Barqui, qui est licencié.
C’est le déclic qu’il fallait à cet entrepreneur dans l’âme, dont le père, artisan tapissier décorateur, était aussi un créateur d’entreprise. Mais l’homme veut un projet industriel à vocation nationale, qu’il démarre « de zéro avec six ex-Bonduelle ». Ainsi est né 4G - en référence à ses quatre garçons - qui commercialise une nouvelle marque de salades en sachet « au packaging fuchsia, opaque et métallique, en totale opposition avec les standards du marché ».
En quatre ans, 4G passe de 5 M€ à 27 M€ de chiffre d’affaires et de 6 à 180 collaborateurs. « Avec le recul, il fallait bien un grain de folie pour se lancer », analyse-t-il. Compétiteur par nature - il fut un temps en pré-sélection pour l’équipe de France cadet de handball -, il concède aussi avoir eu une « envie de revanche vis-à-vis de Bonduelle ». Au sommet, 4G passe sous le giron de Bakkavör, géant de l’agro-alimentaire.
Ne désirant pas être un jeune retraité, l’homme se lance dans la restauration. Il rachète Michea Traiteur et ouvre neuf restaurants de fruits et légumes. Mais, pour la première fois, c’est l’échec. « Je me prends une grosse claque… et une belle leçon d’humilité », lance-t-il.
Né sous une bonne étoile, il ne reste pas longtemps inactif. La filiale française de Bakkavör accuse de sérieuses pertes et on lui propose de relever le défi. Après réflexion, c’est l’option de la vente qui est retenue et la branche se rapproche de Florette, dont le siège social est en Normandie. L’opération de rachat et de fusion est enclenchée le 1er avril 2013. Le siège opérationnel reste à Lyon. Tout naturellement, l’homme qui a mené la fusion devient directeur général Florette France GMS.
Désormais pleinement tourné vers l’avenir, celui qui vient d’être nommé président de l’APM (Association Progrès du Management) en juillet dernier, réfléchit déjà à un nouveau dessein pour Florette, peut-être de la croissance externe. Mais celui qui a mené plusieurs combats et de nombreux projets professionnels est avant tout fier de sa plus belle réussite : sa famille recomposée.

S.B.



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