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Chirurgiens-dentistes : des zones creuses en Rhône-Alpes

Rhône le 17 avril 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 1019 fois

L’intérêt du patient et la volonté de défendre les spécificités de l’exercice libéral sont les deux leitmotivs de l’URPS (Union régionale des professionnels de santé), qui regroupe les médecins, les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes.

Ces derniers ont mandaté l’Observatoire régional de santé pour réaliser une étude sur les enjeux de la santé bucco-dentaire, portant notamment sur la réorganisation des permanences avec l’établissement d’un cahier des charges, sur l’adaptation des soins aux personnes handicapées, sur la vigilance à accorder aux centres mutualistes « low cost », sur la pertinence de la participation des chirurgiens-dentistes aux maisons de santé et enfin sur la démographie.
Cette dernière question d’actualité, brûlante, fait écho à l’établissement, par le ministère de la Santé, d’une carte des zones sous dotées en praticiens, visant à mettre en place des mesures incitatives à l’installation dans ces zones. Réalisée auprès de 136 professionnels exerçant dans les 580 communes sous ou très sous dotées en chirurgiens-dentistes, l’enquête apporte des résultats plutôt rassurants sur la perception des praticiens. Ainsi, 50 % d’entre eux affichent un désaccord avec la classification de leur territoire, ne le jugeant pas sous doté. « La tension démographique n’est pas si forte qu’on le prétend », confirme Philippe Balagna, président de l’URPS des chirurgiens-dentistes de Rhône-Alpes. Pas de panique non plus pour les rendez-vous urgents qui se traitent en 2,5 jours en moyenne.
Néanmoins, les faits sont là, avec la moitié d’une profession âgée de plus de 53 ans et près de 20 % de professionnels en situation de burnout. « De nombreux confrères vont partir à la retraite (67 ans) prochainement, sans successeur », déplore Marc Barthélémy, secrétaire général de l’URPS des chirurgiens-dentistes de Rhône-Alpes, qui souhaite valoriser l’attractivité des territoires sous dotés : « Nous voulons montrer aux jeunes dentistes diplômés que la qualité de vie peut être excellente dans ces zones rurales avec des conditions d’exercice agréables. »

Saint-Laurent-de-Chamousset et Cours-la-Ville très sous-dotés

Les infrastructures et les moyens de communication sont souvent déterminants dans ce choix de vie. Pour inciter de nouveaux professionnels à franchir le pas, une aide financière de 15 000 € leur est accordée pour l’installation d’un cabinet (coût total d’un plateau technique : 150 000 €), sous la condition qu’ils restent au moins cinq ans. D’autre part, des bourses de 1 200 € par mois sont versées aux étudiants qui s’engagent à exercer dans ces zones en souffrance.
S’il n’existe pas de réel désert démographique dans la région Rhône-Alpes, 45 zones sensibles sont cependant clairement identifiées. Dans le département du Rhône, c’est le cas de Saint-Laurent-de-Chamousset et de Cours-La-Ville, deux communes très sous dotées, et de Sainte-Foy-l’Argentière, sous dotée. Pour tenter de trouver des solutions, l’URPS va accomplir une tournée départementale avec tous les partenaires concernés, professionnels, étudiants, élus, afin de sensibiliser la population pour favoriser l’accueil de nouveaux dentistes et développer l’attractivité des campagnes.

A. G.-P.



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