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L'Isère est-elle armée contre une sécheresse ?

Isère le 17 juillet 2015 - Caroline Thermoz-Liaudy - Société - article lu 372 fois

L'Isère est-elle armée contre une sécheresse ?
Caroline Thermoz-Liaudy - L'agriculture est la première impactée par les situations de secheresse

Canicule, absence de pluie, le département a déclenché la vigilance sécheresse mais seulement pour les eaux superficielles. Si la situation n'évoluait pas vers des précipitations notables, quelles dispositions pourraient être prises ? Qui serait impacté ?

En matière d’eau, l’Isère est composée de 13 bassins, étudiés au cas par cas pour décréter ou non une sécheresse. Ce sont essentiellement des bassins versants ( Drac, Romanche, les 4 vallées, le Sud-Grésivaudan, le Guiers…). Un comité départemental de l’eau se réunit régulièrement en préfecture pour évaluer l’état des réserves d’eau. Ce comité de sécheresse peut placer un certain nombre de bassin en vigilance, en état d’alerte, en alerte renforcée ou en crise. En fonction de ces seuils des restrictions peuvent être imposées à certains usagers, pouvant aller jusqu’à l’interdiction de prélever pour tous à l’exception de l’eau potable.

Pour cet été le centre technique de Météo France Saint-Martin d’Hères a fait état d’une pluviométrie normale au mois d’avril avec un mois de mai vraiment plus sec, excepté l’épisode spectaculaire de tout début de mois, qui avait engendré des crues de la rivière Isère à Grenoble. Le mois de juin a de son côté été très contrasté.  Si l’on s’intéresse au seul cumul mensuel, on peut penser qu’il s’agissait d’un mois de juin classique alors que le constat est bien différent entre la première quinzaine très arrosée et le changement brutal à compter du 17 juin. A compter de cette date, plus aucune pluie n’a été enregistrée.

De bonnes réserves souterraines mais…

Une faible pluviométrie accompagnée d’un épisode caniculaire qui a débuté le 1er juillet et qui s’est interrompu le 8 juillet, sans pour autant que la chaleur ne se dissipe puisque les températures affichées sont encore au dessus des moyennes de saison. Mais nous ne sommes pas pour autant en période de sécheresse. Il faut comprendre qu’en matière d’eau, les réserves souterraines (nappes phréatiques) sont étudiées séparément des réserves de surfaces ou superficielles (bassins, lacs, cours d’eau…). Les deux cas sont traités séparément. Face à cette absence de pluie, les cours d’eau en surface ont diminué, mais les réserves souterraines, remplies par les pluies automnales sont très élevées. Les réserves superficielles voient leurs niveaux baisser et atteignent des niveaux définis dans l’arrêté « cas de sécheresse ». La préfecture de l’Isère, autorité en matière d’interdiction ou non de prélèvement, pourrait donc prononcer un décret d’interdiction de prélèvement. Mais si tout le département est actuellement en vigilance pour les cours d’eau, la bonne recharge souterraine fait que l’on devrait passer tout l’été sans imposer de restriction de prélèvement en nappes.

Lorsque l’on débute une phase de manque d’eau, des restrictions simples et bien connues sont imposées à tous : interdiction de remplir les piscines, de laver sa voiture, d’arroser sa pelouse… Et lorsque cette sécheresse est avérée, une des premières mesure prononcée concerne l’irrigation, impactant en première ligne l’agriculture : encadrement des horaires d’arrosage, interdiction de prélèvement… Les industries sont aussi plus ou moins concernées en fonction de leurs besoins en eau (la chimie et la métallurgie sont par exemple très consommatrices).

Il n’y a pas cependant de solution miracle. Les seuls leviers existants outre les restrictions, pour gérer l’absence de pluie sont les contrôles opérés par les agents de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, et de la Direction départementale des territoires qui veillent au respect des plages horaires pour l’irrigation, au non prélèvement… Le non respect de ces restrictions entraînant amendes et procès verbaux.

Le département de l’Isère n’est pas plus touché par les périodes de sécheresse que d’autres départements, du centre de la France notamment. Mais la géographie très variable de l’Isère fait que le Nord fonctionne rarement comme le Sud. Du point de vue humidité des sols, c’est le Nord-Isère qui a par exemple été le plus affecté par la canicule du début de mois.

Caroline Thermoz-Liaudy
 

Les chiffres de la canicule

Une canicule est une période de fortes chaleurs caractérisée par des températures très élevées la journée sans redescente du mercure la nuit. Durant les 8 jours de canicule du début de mois, le Nord-Isère et le bassin lyonnais ont été davantage touchés, et plus précocement. Bourgoin-Jallieu a affiché le matin, pas moins de 24,8 °C. L’agglomération grenobloise a elle aussi enregistré des températures très élevées, avec des 40 °C en journée. Les seuils de canicule est établi à Grenoble à 34 °C en journée sans redescendre en dessous de 19 °C la nuit. Actuellement sortie de la période caniculaire, nous bénéficions d’un « répit » en termes de températures mais le thermomètre affiche toujours des valeurs estivales marquées, voire au dessus des normales saisonnières.
 



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