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Cette autre agriculture qui s'espère d'avenir

Loire le 25 mai 2015 - Xavier Alix - Sciences, Santé, Environnement - article lu 282 fois

Cette autre agriculture qui s'espère d'avenir
Plaine d'Avenir - Une herse étrille, censée désherber aussi efficacement que la chimie, ici présentée au collectif

Dans l'ouest du Forez l'alliance d'agriculteurs Plaine d'avenir, est l'un des six premiers projets de France à avoir obtenu le label Groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE) les engageant à des pratiques plus écologiques. La Région pourrait ensuite les aider à l'achat du matériel mutualisé nécessaire à cette démarche.

Adopter une démarche de travail agro écologique ? Plus d’un agriculteur y est favorable. Encore faut-il en avoir les moyens. En se lançant sur la piste de manière collective, sept exploitations agricoles foreziennes auxquelles s’est associé le lycée agricole de Précieux vont peut-être y parvenir.

Ils sont de Saint-Romain-le-Puy, Précieux, Boisset-lès-Montrond, Chalain-le-Comtal ou encore de Sury-le-Comtal et cumulent 960 ha en élevage et polyculture. Six des sept agriculteurs, plutôt jeunes pour la profession (moyenne d’âge de 40 ans, le benjamin a 20 ans), ont déjà l’habitude de travailler ensemble.
En 2010, ils étaient membres du petit groupe qui au sein de la Cuma (Coopérative d'utilisation de matériel agricole) de la Curraize lançait une opération de mutualisation sur un système d’alimentation de vaches laitières. Une réussite. « Il nous a permis d’y passer deux fois moins de temps, explique l’un d’eux, Laurent Bory du Gaec au Cœur du Forez. Nous avons même deux salariés en commun pour le faire fonctionner chaque jour de l’année. » De quoi baisser considérablement les coûts de production : 20 € les 1 000 l main (main d’œuvre comprise) contre  25 à 30 € en moyenne. « Cela amène de la sérénité, permet de souffler », constate L. Bory. Et encourage à aller plus loin dans la mutualisation, cette fois-ci dans une autre perspective...

Labellisé au salon de l'agriculture

« Nous sommes conscients que si nous sommes des agriculteurs, nous sommes aussi des consommateurs, souligne L. Bory, or, nous avons la responsabilité de produire sainement et qualitativement.» Ces agriculteurs foreziens ont ainsi répondu à l’appel d’offre de l’Etat sur les GIEE (lire ci-contre) via la constitution du groupement « Plaine d’avenir ». Le projet les engage à faire évoluer leurs pratiques vers des « objectifs économiques, environnementaux et sociaux ». Il a été reçu favorablement et officiellement labellisé avec cinq autres en février dernier au Salon de l’agriculture. « Dans le même esprit, il existait déjà depuis 10-15 ans, les CTE contrats territoriaux d’exploitations, précise L. Bory. Mais l’état constatant les difficultés de statut trop individuel l’a fait évoluer vers les GIEE, une forme plus collective. »

Le GIEE Plaine d’Avenir lance ainsi sa démarche autour de 4 objectifs majeurs : réduction des intrants par l’acquisition de matériel de substitution et optimisation des épandages (réduire la vaporisation accentuant la pollution des eaux), réduction du travail du sol (semis direct, « strip-till »), diversification des assolements (légumineuses et prairies temporaires, + 10 à 15 % de surfaces d’ici 3 ans) et enfin méthanisation. Il s’agit aussi de méthode : créer une banque de travail, avec un logiciel dédié pour gérer les services rendus entre eux…

Tout cela demande un investissement en temps et en finance et la prise de risque est là, même si un peu plus aisée à assumer car « collective ». Le label  devrait aussi permettre d’obtenir de la Région des subventions spécifiques (aux proportions inconnues) à l’achat de matériel de pointe lors d'un prochaine appel d'offre en septembre. Il faut savoir par exemple qu'une bineuse avec une géolocalisation par satellite et précise au centimètre près permettant de se substituer efficacement aux désherbants chimiques, c’est 30 000 à 40 000 € quand une traditionnelle coûte 20 000 à 25 000 €. Cela ne sera peut-être plus hors de portée : « Il y a plusieurs années, raconte L. Bory, on ne s'attardait même pas à étudier ce type de matériel. Trop cher. »

Xavier Alix

GIEE ?

Le Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) est un label collectif pour les agriculteurs accordé par l’Etat. Les exploitants doivent s’engager dans « un projet pluriannuel de modification ou de consolidation de leurs pratiques en visant à la fois des objectifs économiques, environnementaux et sociaux. Les GIIE sont un dispositif  du projet agro-écologique engagé par le ministère de l’Agriculture en décembre 2012 afin d’« impulser la transition écologique des modes de production de la filière agricole. » Lors de l’inauguration du dernier Salon de l’agriculture en février à Paris, en présence du Président de la République et du ministre de l’agriculture, a été signée la labellisation des six premiers GIEE, tous rhônalpins dont celui forezien.



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