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Attentats : ces entreprises qui font peur

Isère le 01 juillet 2015 - Jacques Savoye - Société - article lu 270 fois

Attentats : ces entreprises qui font peur
Jacques Savoye - L'entreprise Air products ciblée par l'attentat

L'attentat perpétré contre le site d'Air Products, à Saint-Quentin-Fallavier, a mis en évidence la première zone logistique de France mais aussi les particularités de quelques unes des entreprises qui y sont implantées.

C’est le Parc de Chesnes. Un espace de près de 800 ha, situé en Isère, entre Bourgoin-Jallieu et l’agglomération lyonnaise. A quelques encablures des pistes de l’aéroport Saint-Exupéry, l’endroit est régulièrement survolé par les avions en approche. Arbres et verdure ne sont pas le propre de ce parc.

C’est plutôt le béton et l’asphalte qui sont les maîtres des lieux. Car le Parc de Chesnes, traversé par l’A 43 et deux lignes ferroviaires (dont celle du TGV Paris-Marseille), est la première zone logistique de France. Pas moins de 300 entreprises y sont implantées. Des enseignes aussi diverses qu’Ikéa, Décathlon, les Messageries lyonnaises de presse, Kronenbourg-Carlsberg, les ciments Lafarge ou le traiteur intraitable Pierre Martinet s’y côtoient. Au total, plus de 13 000 emplois y sont recensés dont près de 9 000 pour la seule commune de Saint-Quentin-Fallavier, (seulement 6 000 habitants) considérée comme la capitale de ce parc.

C’est sur cette commune qu’est présente l’entreprise Air Products, ciblée par l’attentat perpétré il y a une semaine. Administrativement située sur le territoire saint-quentinois, Air Products est en limite du bourg de La Verpillière, tout proche d’un fast-food. Jusqu’à ces derniers jours, nombreux étaient les riverains à ignorer que cette entreprise est classée Seveso. « Mais Seveso A, c’est-à-dire peu dangereux » nous explique un pompier.  « C’est le même classement qui est attribué à Sigma-Aldrich, autre entreprise présente sur le parc », dit encore le soldat du feu qui, comme la trentaine de pompiers professionnels du Centre de secours de Saint-Quentin-Fallavier (qui compte aussi une quarantaine de volontaires), a reçu une formation spécifique.

C’est également le cas de ses collègues de Bourgoin-Jallieu dont la caserne est voisine de l’usine PCAS (Produits chimiques et auxiliaires de synthèse), classée Seveso 2 (seuil haut). Spécialisé dans la fabrication d’oxygène et d’azote, Air Products appartient au paysage local. Et à l’histoire du Parc de Chesnes tout comme la conduite d’éthylène qui, enfouie dans le sol, traverse le secteur pour livrer son produit, chargé à Fos-sur-mer, à Balan, sur la rive droite du Rhône. Un autre gazoduc venant du sud, et qui doit rejoindre l’Allemagne, est également en projet. Quant aux immenses cuves du dépôt de Total, du haut de leur colline elles dominent la plaine de Saint-Quentin Fallavier depuis des lustres. Elles aussi relèvent du classement Seveso. Mais seuil haut.

26 entreprises seuil haut

Ces cas ne sont pas uniques en Nord-Isère où pas moins de 26 entreprises relèvent de cette directive. La vallée du Rhône, avec Roussillon, Salaise-sur-Sanne, Saint-Clair-du-Rhône, Saint-Maurice-l’Exil et Villette de Vienne, en possède 19 !  Le Pays viennois et le Nord Isère paient ainsi leur tribut au développement économique, conséquence de leur positionnement aux portes de l’agglomération lyonnaise. Et ce n’est pas terminé. Pour répondre aux besoins, la communauté d’agglomération Porte de l’Isère espère que la directive territoriale d’aménagement permettra de libérer encore 200 ha en direction de la commune de Satolas-et-Bonce.

Confrontée au trafic routier, cette collectivité va mettre en service d’ici à l’automne un parking gratuit destiné aux poids-lourds. Il pourra en accueillir 70. Dans le domaine de la sécurité, elle va investir 600 000 € dans l’installation de 60 caméras de vidéo-protection. Elles seront opérationnelles en octobre et compléteront celles déjà en service chez les logisticiens. Mais elles ne pourront pas, hélas, éviter un coup de folie comme celui qui vient de propulser Saint-Quentin-Fallavier à la « une » des médias et endeuiller une famille.

Jacques Savoye

 

 

Des mobiles pour renforcer la « blanche »

Le plan  Vigipirate relevé au niveau « Alerte attentat » pendant trois jours : « C’est la protection maximale », explique le capitaine Sagué, de la Compagnie de gendarmerie nationale de Bourgoin-Jallieu. Une unité particulièrement impactée par l’attentat perpétré contre Air Products dont l’emplacement est situé sur le périmètre d’action des brigades de La Verpillière, et de Villefontaine, toutes rattachées à la compagnie berjallienne. « Nous avons été renforcés par deux pelotons de gendarmes mobiles »  dit encore l’officier  non sans préciser que les militaires du Psig (le Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie basé à Villefontaine) ont aussi été en première ligne. Autant de femmes et d’hommes pour qui le parc de Chesnes, lieu du drame, n’a pas de secrets. Ils y patrouillent jour et nuit, veillant sur des entrepôts dédiés à la logistique. Leur contenu suscite les cambriolages. Les seuls problèmes connus jusqu’ici.                        

 



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