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Casino investit dans la filière volaille

Loire le 08 mai 2015 - Denis Meynard - Agroalimentaire - article lu 638 fois

Casino investit dans la filière volaille
photo DR - Casino opère un retour limité dans l'industrie agroalimentaire.

Le groupe stéphanois va acheter dans la Sarthe une usine de transformation-conditionnement-expédition de dindes et poulets pour diversifier ses approvisionnements.

Casino opère un retour dans l’industrie alimentaire, en reprenant à Terrena l’unité de transformation de volailles Gastronome de Luché-Pringé (Sarthe), promise à la fermeture d’ici la fin mois. Élu de ce département, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll était présent à la préfecture du Mans, au côté des deux groupes français, lors de l’annonce de cette solution in-extremis, qui intervient peu après la validation du PSE prévoyant le licenciement des 159 salariés. La plupart d’entre eux devraient toutefois être placés en activité partielle (ex-chômage partiel) jusqu’à la fin de l’année, le temps que Casino réalise plusieurs millions d’euros d’investissement dans cette unité qui sera dans l’avenir plus axée sur la découpe secondaire et le conditionnement de barquettes de pilons, ailes et escalopes. Comme condition suspensive à cette vente d’unité de production, qui doit intervenir courant juin, Casino demande que l’Etat accepte le projet de chômage partiel de la grande majorité des salariés pendant près de huit mois. De son côté, le délégué syndical CGT de l’entreprise et secrétaire du comité d’entreprise, Sébastien Besnardeau, indique que le PSE annulé « aurait coûté plus de 20 M€ à Gastronome ». Il ajoute que « des négociations vont être engagées afin que les salariés perçoivent l’intégralité de leur rémunération pendant la période de transition ».

L’outil sarthois sera réorienté de la restauration hors foyer vers les magasins des différentes enseignes du groupe stéphanois, lesquels absorberont la totalité des quantités produites. Avec un volume annuel de 7 500 t de volailles et de dindes (contre 6 000 t actuellement) cette unité deviendra le premier fournisseur du groupe stéphanois à marques distributeurs. La promesse unilatérale d’achat signée avec Gastronome pour l’acquisition de 100 % de sa filiale Gastronome-Luché, dont il est prévu la reprise de l’intégralité des 159 emplois, prévoit une participation du vendeur à la refonte du site qui travaillait jusqu’alors pour le fast-food KFC. Un contrat d’approvisionnement de un à trois ans, selon les produits, a été signé par Casino qui, à cette occasion, augmentera fortement ses volumes d’achats auprès de Gastronome.

Le groupe de Jean-Charles Naouri procède à cette incursion plus en amont de la filière pour « optimiser la qualité et le prix de vente de ses produits ». Il a par ailleurs discrètement pris, en 2013, le contrôle, auprès de société Lafi HD, de l’entreprise Sovivo, basée à Brugières (Haute-Garonne). Une PME de 110 salariés qui transforme et conditionne de la viande de boeuf, agneau, veau, porc pour des magasins à l’enseigne Franprix et Leader Price. Mais si Casino « envisage une intégration accrue dans d’autres filières agroalimentaires (il) n’affiche pas l’objectif de reconstituer un important pôle industriel ». Celui qu’il possédait dans l’Hexagone a été cédé par appartements entre 1993 et 2002. Il était constitué principalement de la Société alimentaire du Forez (Saf), à Saint-Etienne, spécialisée dans le chocolat, la confiture et les épices, de la Charcuterie industrielle Imperator, à Saint-Priest-en-Jarez, des Chais Beaucairois (embouteillage de vins), dans le Gard, ainsi que deux unités industrielles établies à Sablé-sur-Sarthe : France Plats Cuisinés, ainsi que l’Abattoir Sabim qui au moment de sa vente à Charal, en 1999, représentait à lui seul près de 3% du chiffre d’affaires global du distributeur.

Denis Meynard

Le « cartel de la volaille » à l’amende

Le « cartel de la volaille », qui vise 21 industriels de ce secteur et deux organisations professionnelles pour entente sur les prix entre 2000 et 2007, est condamné à payer une amende de 15,2 M€, a annoncé mercredi 6 mai l’Autorité de la concurrence. Parmi les entreprises sanctionnées, on retrouve le poids lourd du secteur, LDC (Loué, le Gaulois...), qui sera le principal payeur à hauteur de 5 M€. Ainsi que d’autres tels que Duc et Gastronome.
« Etre présent plus en amont de la filière nous permettra d’avoir un œil sur ce que coûtent réellement les produits que nous achetons à ces industriels, qui ont des marges bien supérieures aux nôtres », commente un représentant de Casino.
 



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