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Cardial distinguée pour sa participation à Carmat

Loire le 22 avril 2014 - Denis Meynard - Actualités - article lu 1408 fois

Cardial distinguée pour sa participation à Carmat
Cardial fait partie des 140 entreprises adhérentes du Pôle des technologies médicales de Saint-Etienne (© Denis Meynard)

Lors de la cérémonie organisée la semaine dernière à la préfecture de Région pour distinguer les « Objets de la nouvelle France industrielle » (ONFI), cette troisième édition a mis à l’honneur cinq entreprises rhônalpines qui ont participé à la création du cœur artificiel de la société française Carmat.

Laquelle a débouché fin 2013 sur une première mondiale de la transplantation.
Parmi les entreprises mises à l’honneur par le préfet Jean-François Carenco, trois sont ligériennes : Ireis (groupe HEF) qui réalise la qualification du groupe moto pompe, un composant clé de la prothèse, Novaressort, fabricant des agrafes en titane qui fixent l’aorte au cœur artificiel et Cardial (groupe Bard) qui réalise les conduits d’éjection du sang depuis le ventricule gauche du cœur, raccordés sur l’aorte et l’artère pulmonaire.
Cardial, qui possède des métiers à tisser Jacquard et une machine à tricoter, a utilisé un fil de polyester qui supporte bien les traitements chimiques et thermiques et qui ne se dégrade pas. De surcroît, il ne provoque pas de réaction de rejet de la part du corps humain, à la différence des fibres naturelles ou d’une fibre synthétique comme le nylon. « Nos prothèses ont la durée de vie du patient et elles sont imperméabilisées grâce à un collagène purifié d’origine bovine », explique Christophe Tézenas du Montcel, le directeur de Cardial à la veille de quitter cette fonction au profit de Christian Choux, jusqu’alors responsable technique de la société stéphanoise. Concernant la collaboration engagée avec la société Carmat, qui s’est efforcée de faire appel à des industriels français, « elle a eu lieu grâce à une ingénieure de l’Ecole nationale d’ingénieurs de Saint-Etienne (Enise), qui travaillait pour elle », ajoute celui qui a dirigé pendant de nombreuses années le spécialiste de la conception et de la fabrication de prothèses vasculaires.
Cardial, qui a l’habitude de travailler avec des normes exigeantes d’assurance qualité, compte 28 salariés, dont 75 % de femmes. Elle a été fondée à Paris, en 1986, avant de s’implanter à Saint-Etienne, 4  ans plus tard, grâce à l’expertise textile de la région. Elle a été rachetée en 1994 par le groupe américain Bard, dont elle appartient à la division Bard Peripheral Vascular. En Europe, elle est rattachée à la société Angiomed que possède le groupe à Karlsruhe (Bade-Wurtemberg). Totalement intégrée (tissage, tricotage et tressage de fils synthétiques ou biorésorbables) pour la conception et la production de dispositifs médicaux à base de textile (de classe III), elle affiche un chiffre d’affaires en recul l’an dernier, passé sous la barre des 3 M€. L’entreprise stéphanoise du quartier du Technopole vend 85 % de sa production à sa maison mère, le reste à des sous traitants. Cette dernière part tend à augmenter.

Diversification vers la sous-traitance

La recherche-développement représente 8 % du CA de Cardial, dont des brevets ont été déposés en nom personnel par des certains de ses ingénieurs. Outre le tricotage de prothèses vasculaires, dont certaines au collagène, l’entreprise produit également de la colle chirurgicale pour les tissus vasculaires humains.
Depuis 2 ans, elle a une stratégie de diversification vers la sous-traitance pour tout implant chirurgical (orthopédie, renfort de tendon, réparation de la cage thoracique, pour implant de la colonne vertébrale, implants péniens etc.), à haute valeur ajoutée. Evoluant sur un marché où s’exerce une grosse pression sur les prix, Cardial, qui est le plus petit de la demi-douzaine d’acteurs mondiaux de son secteur, innove et tente de mettre à profit ses compétences pour répondre à des besoins autres que les prothèses vasculaires, dans sa recherche de nouveaux clients.

Denis Meynard

Une vitrine technologique

La participation concrète de Cardial au projet Carmat a consisté à concevoir et à fabriquer (dans sa salle blanche de 350 m2 où est réalisé un travail minutieux de tissage et de couture) les conduits d’éjection du cœur à raccorder sur l’aorte et l’artère pulmonaire. Il s’agit de tissus biocompatibles spécifiques, raccordés à un anneau en titane fourni par une entreprise de région parisienne. Cardial raccorde les tissus à l’anneau. Les prothèses sont ensuite stérilisées par rayons gamma par la société Synergy Health puis sont envoyées à Carmat. Les tests de bon fonctionnement des kits sont effectués par Carmat. Ce projet ne représente pour Cardial qu’un chiffre d’affaires de 50 000 € par an pour une vingtaine de kits. Mais il constitue une belle vitrine technologique.



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