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Cancer et prothèses, la double peine

Isère le 12 juin 2015 - Claire Thoinet - Nord-Isère - article lu 106 fois

Cancer et prothèses, la double peine
Claire Thoinet - Valérie Gaget, Saint-cheffoise

Valérie Gaget vient de recevoir 565€ pour indemnité des dommages physique et morale subis, à la suite du procès du dirigeant de la société PIP qui a commercialisé des prothèses mammaires frauduleuses.

« L’injustice est totale, ils n’ont pas fait la différence entre chirurgie esthétique et réparatrice. L’expertise médicale a été réalisée par un chirurgien esthétique, sans psychologue, cancérologue ou médecin de la Sécurité sociale » souligne-t-elle. Son cancer survient à 32 ans. Elle reçoit une première prothèse au sérum physiologique. Comme plusieurs cas se sont déclarés dans la famille, une recherche permet d’identifier le gène responsable. En 2008, Valérie subit une chirurgie préventive avec l’ablation du second sein. En même temps, le premier implant est remplacé. Le 12 juillet 2009, l’un d’eux se détériore. Son contenu se répand, provoquant fortes fièvres et infection. Il faut opérer.
Le scandale éclate en 2010 : la société PIP produit des prothèses avec un gel non conforme, utilisé dans l’industrie automobile. « Elle faisait disparaître la cuve au contenu non conforme lors des contrôles menés par l’AFSSAPS », ajoute-t-elle.
Choquée, elle contacte son chirurgien. Des prothèses d’un autre laboratoire, sans plus d’assurance quant à leur fiabilité, lui sont apposées. Elle dépose plainte en 2010, assiste au procès, à Marseille en 2013, au milieu de trois cents avocats, dans un bâtiment construit spécialement. Elle fait face à l’accusé alors que d’autres le voient sur écran dans une autre salle. La condamnation tombe en 2014, l’indemnisation en mai 2015, dérisoire. Le préjudice est grand, personnel, familial. Les opérations successives ont exigé 17 heures d’anesthésie. « Aujourd’hui, je ressens des démangeaisons profondes, surtout du côté gauche, où mes défenses immunitaires sont inexistantes », explique-t-elle. A 49 ans, elle accompagne ses enfants pour leur santé. Une de ses deux filles est porteuse du gène BRCA1 et son fils doit lui aussi passer des examens.

L’AFSSAPS, agence française de sécurité sanitaire des produits de santé devenue agence nationale de sécurité du médicament et de produits de santé (ANSM).

Claire Thoinet



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