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Caetano, Gilberto, Chucho : Vienne en pince pour le trio !

Isère le 07 juillet 2015 - Laurent Odouard - Musique - article lu 43 fois

Caetano, Gilberto, Chucho : Vienne en pince pour le trio !
DR - Gaetano et Gilberto

Le 3 juillet. Initiés et béotiens avaient coché la date dès la publication de la 35è mouture de Jazz à Vienne. Trois monstres sacrés ont investi un théâtre antique qui, nonobstant une chaleur écrasante, s'est enflammé sur des rythmes sud-américains et cubains.

 

Talent émergent comme en atteste son opus Nouvelle Vague salué par l’Académie du Jazz qui lui a décerné le titre de « Meilleur disque de l’année », le contrebassiste Stéphane Kerecki a livré son adaptation toute personnelle de musiques de cinéma, lors d’une prestation toute en délicatesse, en finesse et en légèreté. Une ouverture de qualité qui préfigurait une soirée haute en couleurs et forte en émotions. Ou peut-être l’inverse !

Avers et revers d’une même médaille musicale qui brillait au firmament d’un Théâtre antique sur lequel le soleil dardait ses rayons vespéraux, Caetano Veloso et Gilberto Gil ont su captiver un public acquis, puis conquis. Les deux amis sont parvenus, par le truchement de deux guitares, à créer une réelle intimité. Une complicité, ajouterait-on.

Grâce également à leurs voix suaves comme deux lames de fond qui balayaient, par mouvements itératifs, les rangs d’une assistance dont la température s’éleva encore avec le pas de danse - improvisé ? - de Caetano, soulevant l’enthousiasme de spectateurs qui, fierté en bandoulière, agitaient les drapeaux auriverde sans retenue. Ces deux légendes ont semblé trouver sur la scène de la cité viennoise une seconde jeunesse. Rafraîchissant !

Chucho Valdés : « Un grand festival »

Impossible après un tel passage de se résigner à l’ordinaire. Heureusement, la direction avait tout prévu. L’imposante stature du pianiste Chucho Valdés s’avançait quasi nonchalamment, et prenait pleine possession des lieux. Celui qui a commis Border Free - son 35e album - en hommage à son père, a profité de sa venue à Vienne pour en rendre un second, cette fois à Irakere, formation de musique cubaine fondée en 1973 aux influences éclectiques et aux potentialités musicales rehaussées par la présence de percussions africaines, notamment des tambours bâta.

Le jazz, apparié à la musique classique ou aux sonorités africaines, prend ici un relief tout particulier. Artiste engagé ayant refusé de quitter Cuba contrairement à son père, le grand Bebo Valdés, figure du mambo, à l’arrivée du régime castriste, Chucho s’est dit ravi du réchauffement des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis. Arguant que «Jazz à Vienne est un grand festival », il sait mieux que quiconque que la musique, et le jazz à son acmé, est la plus belle des passerelles entre les peuples.

Laurent Odouard

 



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