Fermer la publicité

C'était le cinéma... bohémien !

Isère le 08 septembre 2015 - Jacques SAVOYE - Centre-Isère - article lu 272 fois

C'était le cinéma... bohémien !
Jacques Savoye - Roland Martinet et son vieux projecteur au temps du noir et blanc

Des Chambarans aux Terres froides et de la Bièvre à la Valloire : pendant près de vingt ans, Roland Martinet et son épouse ont porté le cinéma dans le Dauphiné de la plaine et des collines. Souvenirs, souvenirs....

Si ce n'était pas « Cinéma Paradiso », ça lui ressemblait !  « Nous, c'était plutôt le cinéma bohémien. Sur les routes tous les soirs, par tous les temps et jamais de vacances », se souvient Roland Martinet. Aujourd'hui paisible retraité en son cher pays antonin, cet alerte octogénaire et son épouse, Michelle, ont promené pendant  20 ans leur appareil de projection et quelques vieux films d'un village à l'autre.

Dans les années cinquante, alors que la télévision balbutiait ses premiers programmes, le couple Martinet animait dans nos campagnes les rudes soirées d'hiver et les chaudes nuits de l'été. Chaque soir, Roland dressait l'écran ici et là. Les villages de Chatte, Saint - Antoine l'abbaye, Saint-Michel-sur-Chavasse, Satilleux, Châteauneuf-sur-Isère mais aussi Jarcieu ou Saint-Hilaire-du-Rosier vivaient à l'heure du cinoche ! Sur la toile, Laurel et Hardy faisaient rire les agriculteurs, Martine Carol les séduisaient,  Fernandel les bouleversait avec La vache et le prisonnier alors que Romy Schneider les attendrissait avec Sissi. Un soir, le projecteur tournait dans une salle des fêtes au confort rustique, le lendemain dans un bistrot de campagne. « A l'entracte, on servait des canons ! », se souvient le projectionniste ambulant.

A l'amorce des années soixante, alors que l'unique chaîne de télévision (en noir et blanc) n'ouvrait son étrange lucarne qu'à 20 h, le cinéma rural vivait de belles soirées. Il n'était pas rare d'afficher complet, de refuser du monde ou...d'inviter les spectateurs à apporter leur propre chaise et un coussin pour plus de confort. L'arrivée de la  2e chaîne (en couleurs de surcroît) allait tout bousculer. De plus en plus conquis par le petit écran, le public  désertait peu à peu les salles. Roland Martinet, qui se rendait à Lyon chaque lundi chez les distributeurs (Gaumont, Paramount, Pathé, Universal...), éprouvait de plus en plus de difficultés pour trouver en format substandard (le 16 mm) les films dont on parlait, surtout  en Technicolor et en Cinémascope.

Déjà, il ne projetait plus les sacro-saintes actualités, à jamais condamnées par le journal télé. Ayant pris la gestion d'une salle fixe à Andance, Roland et Michelle allaient rapidement mettre fin à leur carrière cinématographique pour se consacrer à leur droguerie - parfumerie-du-Péage de-Roussillon. C'est ici que la retraite les rattrapait. Ils la coulent dans leur cher pays antonin. Parfois, un vieux film diffusé par la télé les ramène au temps du « noir et blanc », des premières projections panoramiques que le vieil appareil  ne restituait qu'imparfaitement. Ces soirs là, les souvenirs sont au programme.

Jacques Savoye

 

Partenaire de Richard Bohringer !

Roland et  Michelle Martinet n'ont pas tout à fait tourné le dos au cinéma dont ils suivent l'actualité, via la presse et la télévision. Michelle, qui surveillait autrefois le bon déroulement des bobines, a eu l'occasion de passer devant la caméra. C'était en 1996 quand Andréa Ferréol et Richard Bohringer étaient venus dans leur village pour réaliser quelques séquences du film Le montreur de boxe. La production demanda des figurants: Michelle Martinet en fut ! 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide