Fermer la publicité

Bourgoin-Jallieu : le budget fait du bruit

Isère le 17 mars 2017 - Sevim SONMEZ - Nord-Isère

Bourgoin-Jallieu : le budget fait du bruit
DR - Les manifestants ont interpellé le maire lors du conseil municipal

C'est au son du bruit de casseroles, que le budget 2017 a été voté lors du conseil municipal, jeudi 9 mars. Retour sur une soirée agitée.

A la tête de ce concert de casseroles donné devant la Halle Grenette, la CGT des territoriaux en conflit avec la municipalité depuis plusieurs mois. Une manière bruyante de rappeler le « Pénélope gate » mais également de faire part de leur mécontentement au maire de Bourgoin-Jallieu, désormais directeur de campagne de François Fillon. Entre 19 h 30 et 22 h, environ 70 personnes ont protesté contre leur régime indemnitaire qui a été débattu en conseil.

Mais avant les délibérations sur les ressources humaines, le conseil a soumis au vote le budget 2017, « qui traduit les engagements pris par la municipalité », soutient l’adjoint aux finances, Olivier Dias. « Malgré la poursuite de la baisse des dotations de l’Etat (- 5,2 M€ depuis 2014), on a rétabli la santé financière d’une Ville qui était surendettée en 2014 et ce, sans augmenter les impôts, voire même en maintenant un niveau d’investissement important. » Le budget de fonctionnement 2017 s’élève à 29,278 M€ et le budget d’investissement à 25,314 M€ avec une évolution des dépenses de fonctionnement « maîtrisée en matière de charges à caractère général (+ 1 %) et du personnel (0 %) ». Résultats affichés : pas de hausse des impôts pour 2017, ni de la tarification des services rendus par la mairie comme les TAP, la garderie, les cimetières ou à destination des seniors. 

Une présentation qui a fait bondir l’élu de l’opposition PS, André Borne : « ces trois dernières années, de nombreux impôts indirects ont été mis à la charge des Berjalliens, par l’introduction de services payants ou largement augmentés. Ils se traduisent dans certains chapitres des recettes du budget de fonctionnement. » L’élu a cité, entre autres, l’augmentation des parkings payants de 12 à 40 % ou l’augmentation des concessions funéraires dans les trois cimetières de 8 à 42 %. André Borne est ensuite revenu sur « la promesse de campagne de Vincent Chriqui de baisser le taux des impôts locaux qui a volé en éclat fin 2016 quand les Berjalliens ont découvert sur leur feuille d’impôt que la taxe d’habitation avait augmenté de 9 % et la taxe foncière de 10,5 % ».

Il a reproché à la majorité de « mener une culture politique libérale de droite, de rupture qui ne cherche pas à améliorer le lien social (…) mais de mettre en place une politique de serrage de tous les budgets de fonctionnement depuis 3 ans ». Le budget a été âprement débattu et finalement adopté avec un vote contre du groupe d’opposition d’André Borne.  

« Cobayes fillonistes »

L’objectif avancé de cette réforme par V. Chriqui : réduire l’absentéisme en nette hausse. Le projet de réforme des indemnités des agents a été présenté jeudi dernier. Si les primes des agents augmentent, de l’ordre de 5 à 10 € par mois, des retenues de 40 à 80 € seront faites au premier jour d’arrêt maladie, avec cependant un plafond de deux jours.

Des modifications qu’André Borne a contestées en reprochant au maire sa gestion des ressources humaines : « les fonctionnaires sont les cobayes fillonistes de votre laboratoire ultra libéral ! ». De son côté, Frédérique Pénavaire, conseillère d’opposition PCF a qualifié cette réforme de « signaux négatifs envoyés au personnel alors que le travail réalisé se fait dans un contexte de plus en plus difficile ». Les deux opposants se sont interrogés sur l’exemplarité des élus et « au cumul des mandats du maire, de son train de vie qu’il continue à assumer sans scrupule », lance A. Borne pointant du doigt « les frais de parking et déplacements personnels sur Paris pris en charge par la Ville ».

Le maire nie tout mélange des genres, assurant que son prédécesseur (Ndlr : Alain Cottalorda) avait, « lui ses transports pris en charge alors qu’il était au plafond des cumuls ».

Sévim Sonmez
 

Maison des Syndicats : changement d'occupants

« Après des échanges avec les représentants des unions locales, avec cette solution, nous répondons à leurs attentes de recevoir et d’accompagner du public », souligne le maire. Sa décision : tous les syndicats devront déménager pont Saint-Michel, excepté la CGT qui sera située au 73 rue de la Libération. La Maison Maurice-Carême sera ensuite investie par des associations impliquées dans la solidarité (Alcool assistance, conjoints survivants, ligue contre le cancer, famille endeuillée…). Quant aux représentants des syndicats municipaux, ils resteront au 1er étage de la Maison. Occupation toujours à titre gratuit « même si ce n’est pas de la compétence communale ». Les locaux libérés par les associations seront mis à la vente par la Ville. Reste à savoir si la CGT hostile à ce déménagement acceptera cette décision qui devrait être notifiée aux intéressés et effective « dans quelques semaines ».



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide