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Boa Concept croît à grande vitesse

Loire le 20 juin 2015 - Denis Meynard - Industrie - article lu 686 fois

Boa Concept croît à grande vitesse
Denis Meynard - Les deux ingénieurs des Mines, spécialisés dans l'électronique, se sont fixés sur la région stéphanoise depuis 1990

L'entreprise est à la recherche du site où regrouper ses bureaux, son centre de test et son futur atelier d'assemblage.

 

Boa Concept, née en 2012, grossit vite. L’équipementier logistique créé par Chantal Ledoux et son mari Jean-Lucien Rascle, tous deux anciens élèves de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, devrait atteindre en fin d’année un chiffre d’affaires proche de 4 M€, avec une quinzaine de salariés. Contre 1,5 M€ l’an dernier, et 770 000 € sur son premier exercice plein, en 2013. Le couple n’en est pas à sa première expérience dans l’univers de la logistique. En 1990, ils ont créé à Saint-Etienne Logarithme. Vendu en 2008 à la division Savoye du groupe Legris Industries, cet éditeur de solutions logicielles complètes pour la gestion d’entrepôt, compte désormais 250 salariés, dont une majorité d’ingénieurs.

500 000 € d'investissements par an

La nouvelle société créée par Chantal Ledoux et Jean-Lucien Rascle a représenté un investissement d’environ 500 000 € par an. Outre les capitaux apportés par les créateurs de la start-up, deux levées de fonds ont été nécessaires : une première constituée de « love money ». Suivie d’une autre qui a vu l’arrivée de Rhône Alpes Création et de Rhône Dauphiné Développement, détenteurs de 42 % du capital. Boa Concept a conçu un système innovant de convoyage de colis, qui lui a valu de nombreuses distinctions sur 2013 et 2014. Il repose sur un système de commande décentralisé et sur la modularité des éléments qui composent les longues chaines de manutention. Chaque module d’un mètre est rendu autonome par son rouleau moteur et sa carte électronique, ce qui permet de modifier facilement l’installation sans interrompre le fonctionnement de l’ensemble du système. « Dans les systèmes de convoyage traditionnels, chaque modification coûte cher à cause du coût d’immobilisation durant le démontage et le remontage et aussi du fait des importantes dépenses immatérielles associée à cette opération », explique Chantal Ledoux, directeur général de Boa Concept.

Les équipements qu’elle propose sont particulièrement intéressants pour les acteurs du e-commerce qui enregistrent des croissances rapides et des évolutions permanentes de leur gamme de produits. Son premier client a d’ailleurs été oscaro.com, qui vend des pièces détachées automobiles neuves aux particuliers, avec une moyenne de 24 000 unités par jour. « Nous avons fait évoluer à deux reprises leur outil en 2013 et 2014, ce qui leur a permis d’éviter le déménagement qu’ils avaient envisagé », note Chantal Ledoux. Sa société, qui a également équipé des acteurs de la grande distribution tel que auchan.fr, franchira cet été le cap de la dizaine d’installations mises en service.

Les concepteurs de ce système dit « plug & carry » soulignent la forte réduction de consommation électrique et de maintenance qu’il permet. Quant au surcoût lié à la présence de nombreuses cartes électroniques, ils assurent qu’il est compensé par l’économie permise par le montage en atelier des différents modules. La fabrication (découpe et pliage de tôles et assemblage des éléments composant les convoyeurs) est actuellement sous-traitée à l’entreprise Primet, de La Talaudière. L’augmentation des volumes va conduire Boa Concept à internaliser l’assemblage dès le second semestre 2015. Elle s’apprête pour cela à regrouper dans les prochains mois ses actuels bureaux stéphanois et son centre de test de Dijon dans un bâtiment de 1 000 à 2 000 m2, sur le Sud Loire ou l’Est de la Haute-Loire.

 

 

Recours à la sous-traitance locale

Tout en prenant en main la maitrise de l’assemblage de ses « convoyeurs modulaires intelligents », Boa Concept continuera à faire appel à la sous-traitance locale. Notamment aux machines à commandes numériques de Primet pour la découpe et le pliage des tôles, mais aussi pour les cartes électroniques fabriquées par Sudelec (Société ussonnaise d’électronique), basée à Usson-en-Forez. En ce qui concerne la fabrication des rouleaux de manutention, actuellement réalisée en Allemagne et en Angleterre, elle aimerait pouvoir travailler avec les entreprises locales de Saint-Etienne et de la Plaine du Forez présentes sur ce créneau.



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