Fermer la publicité

BM Environnement innove avec BM Biotec

Loire le 27 avril 2015 - Aline VINCENT - Économie - article lu 702 fois

BM Environnement innove avec BM Biotec

BM Environnement se positionne en tant qu'acteur de la loi Grenelle 2 de l'Environnement exigeant des entreprises qu'elles mettent en œuvre une politique de tri de leurs déchets pour valorisation. L'entreprise a élargi son activité au traitement des déchets alimentaires en créant BM Biotec.

La société ligérienne BM Biotec a été créée à Saint-Agathe-la-Bouteresse en 2012 par les deux associés de BM Environnement (Roanne), Serge Ponton et Bernard Mondon, dont l'activité a démarré en 2008. Quatre années plus tard, BM Biotec a répondu à une volonté de diversification en direction des bio-déchets (1) grâce à une technologie spécifique. Ils viennent d'investir 1 M€ dans un nouveau process visant à faciliter la récupération des bio-déchets provenant de la production alimentaire ou vendus dans les grandes surfaces. « Tout ce qui se détériore naturellement en produisant des gaz, explique le co-dirigeant Serge Ponton. Notre mission est de professionnaliser la gestion de la récupération et la transformation de ces déchets en énergie ou recyclage en emballages. Nous intervenons sur toute la région Rhône-Alpes-Auvergne. »

BM Biotec est porté par la loi du 12 juillet 2010 (Grenelle 2) ayant ajouté depuis 2012 de nouvelles contraintes, sans compter que la législation gagne aujourd'hui les cuisines collectives, les traiteurs, les restaurants et tous commerces transformant ou commercialisant de la nourriture. Les entreprises qui produisent ou détiennent des déchets composés en majorité de bio-déchets ont l'obligation de mettre en place un tri sélectif pour une valorisation biologique. Mais cette démarche exige des salariés de ces entreprises qu'ils y consacrent un temps supplémentaire. Au final, à ce jour, sur un potentiel de 300 000 t par an, seulement 7 000 t sont collectées. Les produits périmés continuent d'aller grossir les décharges avec tous les problèmes qui en découlent.

Difficulté à faire à faire appliquer la loi

« Et même si l'Etat a prévu des amendes allant jusqu'à 75 000 €, note Serge Ponton, il ne se donne pas les moyens de faire respecter la loi. On se heurte aussi à un manque de structuration de nos clients. » La société BM Biotec a donc décidé de leur proposer une démarche simplifiée. « Nous nous sommes spécialisés dans une technique de collecte sans tri à la source. Des bacs adaptés à leur activité sont déposés sur leur site moyennant une location et nous en assurons la collecte et même le nettoyage avec notamment changement de la protection intérieure. Les produits en fin de vie partent chez Biotec. Là, la matière alimentaire est séparée de son emballage. Ces derniers sont envoyés dans une filière de recyclage ou incinération pour production d''énergie, tandis que la méthanisation du substrat, appelé aussi " soupe ", est sous traitée pour transformation en énergie ou compost. Une enseigne comme Carrefour a bien intégré les avantages de cette démarche impliquant une meilleure gestion des stocks, un coût à la tonne moins cher, sans compter les avantages fiscaux. Tous ceux qui l'ont adoptée en sont satisfaits. En amont, nous procédons chez le client à une visite technique avant d'intervenir directement auprès des salariés pour les sensibiliser et les former. 30 min suffisent, sans compter que leurs remarques nous aident à nous améliorer encore ».

La société mère de BM Biotec, BM Environnement, est le fruit de la reprise en 2008 de l'entreprise roannaise BM Transports (famille Mondon), aussitôt devenue BM Environnement, spécialiste de la collecte des déchets et leur traitement pour valorisation. Bernard Mondon a apporté son expérience de la logistique tandis que Serge Ponton, ancien responsable des ventes des produits recyclés chez Bouygues Environnement, a apporté son expertise de la valorisation.  L'entreprise dispose d'une flotte de 20 camions (bennes à compaction, bennes à fond mouvant, citernes...). Le chiffre d'affaires des 2 entités est de 5 M€. Elles emploient 38 salariés.

Aline Vincent

 (1) fruits, légumes, poissons, crustacés, viande, pains et viennoiseries, épluchures, fleurs et plantes

Gaspillage  alimentaire : les supermarchés visés

Dans un rapport récent, le député PS Guillaume Garot réclame la stricte « interdiction de jeter » de la part des grandes enseignes. Le Sénat a voté un amendement le 10 avril pour rendre le don obligatoire. Pour entrer en vigueur, elle devra encore être votée par les députés. Une démarche qui se veut une chasse au gaspillage. « Nous rentrons dans la même démarche qui implique une meilleure gestion des stocks, commente Serge Ponton. « Ceci dit, une grande partie de ces produits n'intéressera pas les associations comme Les Restos du Coeur ou la Banque alimentaire qui ont besoin de quantités importantes et non de dons au coup par coup. » Le cercle vertueux continuera d'englober les dons (déjà pratiqués par Carrefour, Auchan...) et la valorisation des déchets impropres à la consommation.

 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide