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Biodiversité : les compensations ont leurs limites

Loire le 22 mai 2015 - Xavier Alix - Sciences, Santé, Environnement - article lu 339 fois

Biodiversité : les compensations ont leurs limites
CEN - Le Bois du Roy est l'un des deux sites bénéficiant de mesures compensatoires liées à l'extension de SNF

Dans le sud Forez, l'extension du géant chimiste SNF à La Fouillouse a détruit 20 ha de chênaie fourmillant d'espèces protégées. Un arrêté préfectoral amène cependant l'entreprise à financer des mesures compensatoires... Avec ses bienfaits et ses limites.

43 espèces animales protégées avaient été recensées dans ces 20 ha. Neuf de chauves souris, deux d’amphibiens, cinq de reptiles et 27 d’oiseaux dont des pics mar ou encore un couple de Milans noirs…  

Juste au sud du site SNF de La Fouillouse, à l’est de la D 100 conduisant à Saint-Galmier depuis l’A 72, le feu Bois des communaux était une des dernières chênaies en plaine du sud Forez. Hormis le long de routes et autour de plans d’eau, elle a été totalement rasée l’hiver dernier dans le cadre de l’extension de SNF. Coupe cependant effectuée après migrations et hors période de reproduction.

Hélas, « peu probable que les espèces aient pu trouver refuge autour ou même à l’est, dans les bois du Roy malgré, par exemple, notre mise en place des nichoirs afin d’attirer les Milans noirs », explique Guillaume Chorgnon du Conservatoire d’espaces naturels (CEN) Rhône-Alpes. C’est en partie au CEN que l’Etat a confié avec son arrêté préfectoral de février 2013 l’une des principales mesures compensatoires financées par l’entreprise : la gestion plus à l’est des 100 ha du bois du Roy, à cheval sur la Fouillouse et Saint-Bonnet-les-Oules, pour lesquels SNF a passé un bail emphytéotique de 50 ans avec son propriétaire, un particulier. SNF donnera 24 000 € par an (1,2 M€ au total) au CEN, en train d’élaborer un plan de gestion 2016-2021, afin d’y développer la biodiversité conformément à sa charte éthique sur les mesures compensatoires.

Impossible de reproduire le milieu

« Reproduire le milieu perdu, c’est quasi impossible, avertit G. Chorgnon, Surtout que ce bois est au 2/3 sur des coteaux. Sur la partie plate, des douglas ont été plantés. L’arrêté demande d’y créer des clairières pour y faire revenir des feuillus. Mais un milieu s’y est développé, on trouve aussi des saules, des peupliers. Nous agirons pragmatiquement. » D’avantage feuillue, la zone pentue verra elle, se développer une zone de quelques hectares sans intervention. 8 mares de 100 à 150 m2 seront ajoutées à celles existantes. Des nichoirs ont donc aussi été posés à titre expérimental. Enfin, si des arbres tombés sont intéressants pour la biodiversité, le plan prévoit de les marquer pour les conserver. Pour le reste, la gestion sylvicole actuelle - prélèvement de bois de chauffage sans coupes rases - restera la même.

L’initiative a été validée par le CNPN (Conseil national de la protection de la nature) comme les autres d’ailleurs. Un second bois, encore plus à l’est situé sur Saint-Héand, dit de Pécelière, bénéficie de ces mesures compensatoires. Acheté au CHU de Saint-Etienne par SNF, il a été rétrocédé gratuitement à la Ville d’Andrézieux-Bouthéon. L’ONF (Office national des forêts) y conservera la gestion de 80 ha mais en retravaillant un plan de gestion davantage tourné vers le développement de la biodiversité que sur celui de revenus sylvicoles comme le demandait l'hôpital. 

Xavier Alix



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