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Bio et local : Les établissements scolaires isérois mettent les bouchées doubles

Isère le 20 septembre 2015 - Sevim SONMEZ - Société - article lu 321 fois

Bio et local : Les établissements scolaires isérois mettent les bouchées doubles
DR - Des responsables de cuisine de collectivités ont rendu visite à un producteur de pommes

Alors que la France s'était engagée à introduire 20 % de produits biologiques dans les cantines scolaires d'ici 2020 dans le cadre du Grenelle de l'environnement , seulement 2 % des aliments consommés sont issus de l'agriculture biologique. Quels sont les principaux freins à cette introduction et les cantines ont-elle recours aux circuits courts ? Enquête.

Parce que l’apprentissage du goût se fait au plus jeune âge, les consommateurs de demain sont initiés à la cuisine bio au sein des cantines scolaires. Reconnaître les légumes et fruits de qualité et de saison produits par une agriculture locale et raisonnée et éviter l’écueil de la mal bouffe, tels sont les engagements des collectivités qui privilégient les circuits de proximité et favorisent les repas cuisinés sur place. 

Ce sont les premiers bénéficiaires, par le biais du conseil municipal d’enfants de la commune de Serpaize, qui ont demandé que des repas bio leur soient servis à la cantine. Une idée qui a été mise en place dès cette rentrée par le maire Max Kechichian. Désormais, une fois par mois, les enfants pourront se régaler avec un menu 100 % bio concocté à partir de produits fournis par des producteurs locaux. Une nouveauté qui a un coût : une augmentation de 50 centimes par repas pris intégralement en charge par la municipalité sans aucune contribution demandée aux parents. « C’est un choix à faire pour le bien-être des enfants et pour faire travailler les agriculteurs et éleveurs locaux ». Si cette expérience est concluante, le maire envisagerait d’augmenter la fréquence des repas bio : « pourquoi pas une fois par semaine ? ». En attendant, la municipalité a investi 25 000 € pour l’achat de nouveaux matériels dont un four 10 niveaux pour cuisiner sur place des pâtisseries avec de la farine bio. La cantine scolaire de Serpaize sert quotidiennement 200 repas et nul doute que ces menus bio attireront plus d’inscriptions à la cantine.

A Saint-Jean-de-Bournay, la cuisine centrale prépare sur site 175 repas par jour. Les deux employés passent leurs commandes auprès du boucher et du boulanger de la commune et les fruits et légumes de saison proviennent d’un grossiste, une entreprise familiale fondée en 1927. De l’entrée au dessert, tout est cuisiné sur place d’après des menus élaborés sur 5 semaines par un comité composé d’élus et de parents d’élèves. La volonté de la municipalité : accentuer les produits frais en réduisant la part des produits surgelés mais également éviter le gaspillage. Actuellement, la ville étudie la quantité de déchets générés par les repas non consommés afin de réduire les quantités et de revoir éventuellement les menus.        

Grenoble : bon élève qui veut mieux faire
 

Grenoble affiche sa green attitude en introduisant du bio dans les cantines scolaires à hauteur de 50 % et du local à 30%. L’objectif du maire écologiste Eric Piolle, d’ici la fin de son mandat en 2020 est d’atteindre les 100 % bio et/ou local. « Nous travaillons également pour un environnement en optant pour une barquette écologique comme contenant, explique Salima Djidel conseillère municipale déléguée à la restauration collective et à l’alimentation biologique et locale. Autre axe de travail : le gaspillage et ce même si nos 20 % de perte sont conformes au plan national de l’alimentation. Nous reverrons peut-être la quantité servie qui devrait varier en fonction de l’âge de l’enfant. La cuisine centrale qui prépare 10 000 repas jour est labellisée Ecocert pour l’utilisation des produits bio, locaux et respectueux de l’environnement.» Alors que le 100 % bio ne semble pas poser de problèmes pour la ville de Grenoble, le local est une tout autre histoire. « C’est un challenge de se fournir en local car ce volet est discriminant dans les appels d’offres. Une circulaire du ministère de l’Agriculture a annoncé des mesures en vue de favoriser le local mais on peut se demander si le changement du code des marchés est bien à l’ordre du jour », constate l’élue.

Chaque jour près de 8 000 repas sont servis aux enfants fréquentant des établissements scolaires publics. Ces derniers ont le choix entre trois types de menus : classique, sans porc ou sans viande. Par ailleurs, pour les écoliers souffrant d’allergies ils peuvent opter pour le panier repas préparé par les parents qui sera réchauffé sur place. Durant cette préparation, ils seront accompagnés d’un agent de la cantine.
Grenoble compte 82 sites de livraison ou cantines scolaires et consacre environ 5 M€ à la restauration collective. Quant au prix du repas, compris entre 70 cts et 10 € en fonction du quotient familial, il a augmenté de 3 cts. Un tarif qui inclut la garde périscolaire.      
 

Sévim Sonmez

 

 



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