Fermer la publicité

Bibliothèques : ces fermetures qui ne passent pas

Isère le 06 janvier 2017 - Elisabeth Laverdant - Région grenobloise - article lu 99 fois

Bibliothèques : ces fermetures qui ne passent pas
Elisabeth Laverdant - La bibliothèque Alliance doit devenir un tiers-lieu.

Depuis juin, les bibliothécaires de Grenoble protestent. En cause ? La fermeture de trois bibliothèques du réseau grenoblois. Hauquelin, Prémol et Alliance, trois lieux qui symbolisent le combat engagé par le mouvement Bibliothécaires en lutte.

Une intervention lors du conseil municipal de Grenoble le 19 décembre, une pétition citoyenne… Si le mouvement ne compte rien lâcher, la municipalité continue de travailler sur l'évolution de son réseau.

L’annonce de la fermeture de trois bibliothèques n’est pas passée du tout. Et depuis le mois de juin, le mouvement des Bibliothécaires en lutte se bat et multiplie les actions : « Dès qu’on a appris la mise en place du plan de sauvegarde, il y a eu une énorme mobilisation. Les mouvements de grèves ont été très suivis », raconte une bibliothécaire.

La fermeture des bibliothèques s’inscrit dans le plan de sauvegarde mené par la municipalité pour faire face à la situation budgétaire difficile de la ville. « Il y a des choses qu’on ne peut plus faire comme avant. On n’a plus les moyens. L’important, c’est d’avoir un bon réseau », argumente Corinne Bernard, adjointe aux cultures. D’ici à 2018, la municipalité devra composer avec 20 M€ en moins par rapport à 2014. Argument qui ne convainc pas les bibliothécaires : « Il n’y a plus d’argent mais il y a des choix, commente l’une d’entre eux. Il y’a d’autres possibilités qui pourraient ne pas porter préjudice au service public ».

Ce qui ne passe pas pour les bibliothécaires ? C’est l’absence de dialogue. « S’il y avait de la négociation, on serait plus souple », affirme une bibliothécaire. Le problème est donc là. « Il y a des instances de dialogue paritaires », se défend Corinne Bernard.  Autre sujet de crispation ? L’absence de moratoire alors qu’une pétition citoyenne est en cours. « Impossible, répond l’élue. Un moratoire, ça voudrait dire qu’on arrête tout ! Je n’ai pas demandé de moratoire à Manuel Valls pour la baisse des dotations de l’Etat ».

Beaucoup d’inquiétudes

Pour les bibliothécaires, la situation s’enlise. Un recul a cependant été opéré par la municipalité. « On est revenu sur une décision pour ce qui concerne la bibliothèque Alliance qui est maintenue », explique Corinne Bernard. Mais là encore, les Bibliothécaires en lutte ne sont pas satisfaits. Ils craignent que le lieu soit dénaturé : « On ne remplace pas La Poste par une salle polyvalente », explique une bibliothécaire. Alliance doit en effet devenir un tiers-lieu. Comprenez un lieu de rencontres où l’inter-générationnel par exemple aurait toute sa place. Mais Corinne Bernard l’assure : « Le cœur du projet c’est la bibliothèque ».

Voir le réseau grenoblois de bibliothèques dégradé, une des grandes inquiétudes du mouvement. « On ne se sent pas compris. On ne voit aucune notion de service public ». Le réseau de bibliothèques comptait 198 agents en 2016. Le non remplacement de six départs à la retraite le fait donc passer à 192. « Les craintes sont légitimes, commente Corinne Bernard. C’est compliqué d’avoir un bon réseau en 2017. Mais on doit continuer à le faire évoluer ».

Si la municipalité poursuit donc sa réorganisation du réseau, du côté des Bibliothécaires en lutte, la situation est toujours bloquée. « Il ne s’est rien passé depuis notre prise de parole au conseil municipal », explique une bibliothécaire. Aucun rendez-vous avec la municipalité n’est prévu non plus. Une pétition en ligne du collectif « Touchez pas à nos bibliothèques » est mise en place. Elle a recueilli à ce jour 821 signatures.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide