Fermer la publicité

Bernard Jayol, une figure du Roannais dévoilée

Loire le 08 mai 2015 - Aline Vincent - Politique - article lu 469 fois

Bernard Jayol, une figure du Roannais dévoilée

Socialiste convaincu, il a néanmoins toujours su composer avec l'opposition. 38 ans à la mairie de Riorges dont 18 comme maire, vice-président de l'agglomération, 27 ans conseiller général, président du Scot... il a été acteur de tous les grands dossiers. Pourtant, peu connaissent le personnage privé.

La création du centre bourg à Riorges, le boulevard Ouest, le passage par Roanne de la ligne ferroviaire Clermont-Lyon, la création du Syndicat de l'Oudan, sa contribution active aux tronçons de déviations de la RN 7, la réalisation de l'A 89, Bernard Jayol est un homme de dossiers. Si ses convictions politiques sont fortement ancrées en lui, il est le contraire d'un technocrate, refusant d'ailleurs à 25 ans de faire partie du bureau fédéral du parti socialiste qui l'aurait propulsé au sommet de l'appareil politique. Ce qu'aime ce géographe de formation, qui avoue avoir pris un réel plaisir à enseigner, c'est le concret, voir sur place, réfléchir à la solution la meilleure... et composer avec ses opposants. « C'est juste de la démocratie. Les dossiers, pour aboutir, exigent de privilégier la cause aux idéaux ». Un sens du concret qu'il doit très certainement à une enfance qui l'a mené à se frotter tout jeune au monde du travail. Né en 1946 à Saint Etienne, rue Tréfilerie, dans la boulangerie familiale face à la prison devenue l'Université, il est l'aîné de 3 sœurs. Sa maman, polonaise, déportée en Allemagne à 16 ans pour y travailler, rejoindra la France tout de suite après la guerre grâce à l'homme qu'elle y a rencontré. « Mon père, aussitôt revenu de captivité, est retourné la chercher en Allemagne. Mais son intégration à cette époque a été très dure. Les étrangers étaient mal vus et elle n'a pas été acceptée par ma famille paternelle. M'ayant eu à 20 ans, elle a appris à lire et écrire en même temps que moi, se souvient Bernard Jayol. J'ai été élevé auprès de 4 femmes. L'aînée de mes 3 sœurs m'a suivi de 2 ans. J'ai appris le respect des femmes dans les jeux, les relations en général ».

Constructeur dans l'âme

Son « dada », c'est la construction de cabanes avec tout ce qu'il trouve dans le fournil. Même chose en vacances à la campagne, à Estivareilles. Bottes de foin après bottes de foin, les cabanes forment un village. « Un maire était désigné, et chaque fois, ça tombait sur moi. Et ça s'est reproduit toute ma vie ! » Comme en 1977 où il fait campagne à Riorges pour représenter son courant politique, sans envisager d'être élu... ce qu'il sera finalement. « Je n'en reviens toujours pas ! » Il avait 31 ans. Le doigt était entré dans l'engrenage. Depuis tout le corps y est passé. Il se poursuit encore 38 ans plus tard, avec son mandat de conseiller municipal, ayant choisi de renoncer à ses engagements publics crescendo. « J'aurais pu être architecte, même si ma vraie vocation, c'était chirurgien. Aujourd'hui je n'en garde pas d'amertume parce que ma vie a été bien remplie. Cette satisfaction a su compenser. » Et s'il n'a pas pu concrétiser son attirance pour la chirurgie, c'est parce que le jeune élève n'était pas suffisamment ami avec les mathématiques. D'un bac « Sciences Ex », il glisse en cours d'année en littéraire !

Mais il faut aussi dire que l'enfant, puis le jeune homme a connu un parcours scolaire chahuté de fait de la situation professionnelle paternelle. Changements de villes, d'écoles, de classes, même en cours d'année, sans oublier à 8 ans un grave accident qui l'a maintenu dans un lit durant 9 mois. Autant de péripéties qui auraient pu l'éloigner définitivement des études. Son père, malade, se voit en effet interdire de poursuivre la boulangerie. Il part travailler aux Economats du Centre, avant de faire la rencontre d'un demi-grossite en fruits et légumes qui le prend à son service. Saint Etienne, Saint-Galmier, Saint-Etienne, Chirassimont, Saint-Etienne... Après avoir aidé son mari à la boulangerie, Janka (francisé en Janine) garde des enfants et fait des ménages. Mais ce à quoi elle tient, elle même intellectuelle contrariée, c'est que ses enfants poursuivent des études, n'hésitant pas à avoir recours aux cours particuliers pour combler les lacunes dues à ce cursus désorganisé. Un temps, son fils, qui a travaillé très tôt, du coup de main à la hauteur de l'enfant qu'il était à la boulangerie, à plus tard l'installation une fois par semaine, dès 2 h du matin, de l'étale de fruits et légumes sur le marché des parents de l'employeur de son père, et enfin après, toutes les vacances chez ce dernier, songe à rentrer chez Casino. « J'étais déjà passé par tous les postes du demi-grossiste, du chargement à la livraison en camion en passant par l'organisation du travail d'équipe ! » Mais sa mère s'y oppose. Elle sait que son fils, dont elle a perçu les capacités malgré ce chemin chaotique, doit poursuivre des études. Il accomplira d'ailleurs en quelque sorte, comme ses 3 sœurs après lui, ce que la vie l'aura, elle, empêchée de réaliser.

Aline Vincent

Lieu : Machu Picchu, un rêve que j'ai enfin réalisé

Date : 27 mars 1977, le début de mon engagement d'élu

Personnalité : De Gaulle pour son appel du 18 juin

Ambition : être chirurgien. Le niveau de mathématiques nécessaire m'en a empêché

Phrase : « Un homme c'est être responsable », Saint-Exupéry



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide