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BERLIOZ PREND LA ROUTE NAPOLEON

Isère le 10 août 2015 - Sevim SONMEZ - Musique - article lu 38 fois

BERLIOZ PREND LA ROUTE NAPOLEON
Simon Barral-Baron

John Eliot Gardiner, Leonard Slatkin, François-Frédéric Guy seront les têtes d'affiche de cette édition 2015 du festival de La Côte-Saint-André qui cette année délocalisera sa soirée d'ouverture au Théâtre antique de Vienne.

Bruno Messina aime raconter et mettre en scène les histoires, pour « éviter le débat d’initiés ». Et cela marche. En cinq ans, le festival Berlioz de La Côte-Saint-André est passé de 15 000 à 25 000 spectateurs. « Nous avons doublé la billetterie, se réjouit son directeur. Et il y a fort à parier que le nombre de spectateurs continuera à progresser au regard de l’histoire qui nous sera contée cette année ».

Une progression qui sera peut-être servie par la soirée d’ouverture, au Théâtre antique de Vienne qui offrira 7 500 places contre les habituelles 1 400 places au château Louis XI. Une soirée a fait l’objet de plusieurs années de discussions entre les directeurs des festivals Berlioz et Jazz à Vienne. En effet, depuis sa nomination en 2011, Stéphane Kochoyan a toujours exprimé son désir d’offrir à la musique classique un écrin tel que le Théâtre antique. Après deux ans de collaboration, et le soutien de la ville de Vienne et du Conseil départemental, la soirée du 21 août sera le résultat tant attendu.

BERLIOZZ A VIENNE

Cette soirée sera présentée par Frédéric Lodéon et plus de 1 000 artistes se succèderont sur la scène du Théâtre antique avec notamment dès 18 h, trois orchestres des jeunes Démos Isère, dirigés par Nicolas Simon et Éric Villevière.

Si Berlioz a écrit son Te Deum avec des bribes d’une symphonie pour Napoléon Ier, le compositeur a aussi imaginé un dispositif hors normes, obligeant le festival à se délocaliser pour cette fameuse soirée au Théâtre antique de Vienne. Ce concert de gala, dirigé par François-Xavier Roth, réunira les 120 musiciens du Jeune orchestre européen Hector Berlioz, les 250 choristes de Spirito et 600 petits chanteurs de l’Isère et de la région. Des extraits de la symphonie Fantastique et de la marche hongroise de la Damnation de Faust complètent le programme. La soirée s’achèvera sur des sonorités plus jazzy avec la Marmite infernale et le grand orchestre de l’ARFI qui improviseront sur des thèmes berlioziens. 

SUR LES PAS DE BERLIOZ

En 2013, Bruno Messina avait convié le public à faire le voyage en Italie. L’an dernier, il s’intéressait à la Révolution industrielle et à l’Amérique, où Berlioz, régulièrement invité, n’a jamais débarqué.

Pour cette édition 2015, qui coïncide avec le bicentenaire du retour de l’île d’Elbe, il emprunte les routes qui mènent à Napoléon. Beaucoup d’éléments plaident pour cette thématique. A commencer par un retour d’exil qui passe près de La Côte-Saint-André, précisément à Corps, où il s’arrête une nuit. N’oublions pas non plus qu’à l’âge de 19 ans, il avait fait une escale à Pommiers, près de Beaurepaire. Les points de convergences ne manquent pas. « Comme l’empereur, Berlioz se mêle de tout. Napoléon réécrit le règlement de la Comédie-Française, pendant le siège de Moscou ; Berlioz se mêle d’entreprenariat musical. L’un comme l’autre se comportent comme des adolescents avec les femmes qu’ils aiment. Hommes de communication, visionnaires, ils ont tous deux écrit leur histoire officielle ». C’est cette histoire que nous racontera le festival.


Antonio Mafra et Sévim Sonmez


22e Festival Berlioz à La Côte-Saint-André,
du 20 au 30 août.
www.festivalberlioz.com

BANQUET NAPOLÉONIEN


En préambule à cette soirée, le public a rendez-vous à Corps, le 20 août à 10 h, pour un petit déjeuner du grognard au son du cor des Alpes. A 12 h, un bivouac improvisé l’attend à Laffrey, la fameuse prairie de la rencontre où Napoléon a retourné la situation en sa faveur avec ces mots fameux : « Soldats du 5e ! Reconnaissez votre empereur ! S’il en est qui veut me tuer, me voilà ! » Après une sieste musicale sur les terrasses du Musée Dauphinois, direction La Côte-Saint-André pour le rassemblement des troupes pour défiler jusqu’au lieu du banquet napoléonien, qui se déroulera sous la halle médiévale, dans l’esprit d’un cabaret. Tout comme Berlioz, l’empereur admirait le chansonnier Béranger.



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