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Beethoven en maître à La Chaise-Dieu

Loire le 15 août 2015 - Antonio Mafra - Musique - article lu 425 fois

Beethoven en maître à La Chaise-Dieu
PICASA 2.6 - Les Cris de Paris

Pour cette 49e édition, Bach, Haendel et Scarlatti règnent en maître sur le répertoire baroque, Beethoven sur le romantisme.

L’an prochain, le festival de La Chaise-Dieu fêtera son 50e anniversaire. Julien Caron y pense tous les matins. Pas question de rater ce rendez-vous. D’où, sans doute, la réduction de voilure pour cette édition 2015, histoire de ne pas injurier l’avenir et de disposer des moyens financiers suffisants pour donner à ces noces d’or tout leur éclat. « Avec 40 concerts, nous avions atteint le seuil critique, reconnaît le directeur du festival créé par Georges Cziffra. La stagnation des subventions et la baisse du panier moyen des spectateurs nous ont conduits à revoir nos ambitions à la baisse ». Le festival ne touche pas à la carte des lieux, portant la parole casadéenne au Puy, à Brioude et dans d’autres localités du nord de la Haute-Loire.

Réduction drastique puisque l’on passe de 40 à 30 concerts, programmés sur une dizaine de jours autour de deux thèmes. Le premier s’articule autour de Bach le Saxon, Haendel l’Anglais d’adoption et Scarlatti le Napolitain exilé à Madrid. Ces trois compositeurs ont en commun d’être nés la même année, en 1685, et d’avoir composé quelques-unes des grandes pages sacrées du répertoire baroque.
Le second thème nous conduit sur les traces de Beethoven dont le festival conclut l’intégrale des symphonies.

Trilogie baroque

Cette année, Giulio Prandi et ses complices du Ghislieri Choiçr & Consort inaugurent la 49e édition du Festival de la Chaise-Dieu avec le Dixit Dominus de Haendel, précédé du Beatus vir de Jommelli, un programme donné l’an dernier à Ambronay où il avait suscité l’enthousiasme justifié du public (22 août). Le lendemain, les musiciens de Pavie abordent l’univers de Pergolèse avec La Madeleine au Sépulcre et surtout l’incontournable Stabat Mater, deux oeuvres sacrées de Pergolèse (22 août).

Haendel figure également au programme des Cris de Paris avec Israël en Egypte, un oratorio que Geffroy Jourdain a dirigé, en juillet dernier, au Festival de Beaune. Bach revient sous les auspices de la Chapelle Rhénane et de son chef Benoît Haller qui interprètent la Messe en si (23 et 24 août) avec un plateau de jeunes chanteurs. Françoise Lasserre et l’ensemble Akadêmia reprennent Passion Bach, un projet associant des extraits des Passions selon saint Matthieu et saint Jean avec un texte du dramaturge Jean-Pierre Siméon, le tout dans une mise en espace de Jean-Pierre Jourdain, le directeur artistique du TNP (27 août). Scarlatti se contentera de deux séries de sonates interprétées au piano par Anne Queffélec (23 août), et au clavecin par Jean Rondeau (25 août).

Baroque et plus

La musique du XVIIIe, qui occupe près de la moitié de l’affiche, sera défendue cette année par quelques pointures du baroque. À commencer par le haute-contre Max Emanuel Cencic, accompagné par l’Orchestre de chambre de Bâle, dans un programme d’airs écrits pour castrats par Porpora et Leo (23 août). Joël Suhubiette et le Concerto Soava rappelleront Purcell au bon souvenir des mélomanes, avec des musiques pour la Reine Mary, particulièrement la sublime Musique pour les funérailles de la Reine Mary (27 août). Aux frontières du classique, La création de Haydn implosera à Ambert sous la direction de Gildas Pungier au pupitre de l’ensemble vocal Mélismes et de A Venti (28 août).

En dépit de leurs actualités respectives, ces titres n’ont pas l’originalité du Concert royal de la nuit, reconstitution du divertissement, commandé par Mazarin à Boesset, Cambefort et Lully, pour marquer la fin de la Fronde et asseoir le pouvoir de Louis XIV. Complété avec des extraits d’opéra italien de Cavalli et Rossi, ce programme sera défendu par les Lyonnais de Correspondances et leur chef Sébastien Daucé (25 août).

Grandes fresques

Fidèles du festival, étiquetés au rayon Bach, Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion se dévoilent à l’abbatiale Saint-Robert dans un tout autre registre, le Requiem allemand de Brahms, présentée ici dans sa version pour choeur et deux pianos (24 août). Laurence Equilbey réunit les talents du choeur Accentus et de Insula Orchestra pour dérouler les Vêpres solennelles d’un Confesseur de Mozart complétés par le Magnificat de CPE Bach et le Miserere de Zelenka (28 août).

Beethoven, clap de fin

À la tête de l’Orchestre royal philharmonique des Flandres, Jan Willem de Vriend conclut le cycle Beethoven avec une 9e symphonie (28 et 29 août). Le génie de Bonn sera également à l’affiche dans le Triple concerto, que défendront Mi-sa Yang (violon), Victor Julien-Laferrière (violoncelle) et Adam Laloum (piano) accompagné par l’orchestre Sostenuto dirigé par Takashi Kondo qui complète l’affiche avec la célèbre 7e symphonie (28 août), et la 1re symphonie sous la baguette d’Alexandre Bloch à la tête de l’Orchestre national de Lille. Un programme complété par la 8e symphonie de Dvorak et le concerto pour violoncelle de Schumann que joue Edgar Moreau (30 août).

Beethoven encore avec le 4e concerto pour piano qui conclut le festival sous les doigts d’Abdel Rahman el Bach accompagné par Roberto Fores Veses et l’Orchestre d’Auvergne qui complètent le programme avec la 8e symphonie (30 août).

Beethoven enfin avec la 3e symphonie Héroïque, défendue par l’Orchestre de Lille qui accompagnera le piano de David Kadouch dans le 2e concerto de Chopin (29 août).

Derniers éclats

Hors classement, on pourra succomber aux espagnolades de l’Orchestre Mozart de Toulouse qui accompagne Philippe Mouratoglou dans le Concerto d’Aranjuez pour guitare de Rodrigo (22 août). Tout comme Bach aux marimbas percutées par le Trio SR9 (26 août) ou des pages de Ravel sous les mailloches des Percussions claviers de Lyon (26 août).

Terminons ce tour d’horizon avec deux des chouchous du festival, le chef d’orchestre Jacques Mercier, cette année encore à la tête de l’ONL (Orchestre national de Lorraine) et le violoniste Nemanja Radulovic réunis pour le 2e concerto de Prokofiev complété par les 2e et 4e symphonies de Beethoven... décidément le compositeur de cette 49e édition du festival de la Chaise-Dieu.

Antonio Mafra

49e festival de La Chaise-Dieu, du 21 au 30 août. www.chaise-dieu.com

Festival pour tous

Suivez la musique ! Un programme de concerts en plein air donnés au fil de la journée du samedi 22 août, simultanément par deux ensembles à vent sillonnant la route départementale 906. Les ensembles seront à 11 h : l’un sur la place Saint-Clair d’Aiguilhe, l’autre sur la place de l’Église d’Ambert ; à 15 h : l’un place Saint-Georges à Saint-Paulien, l’autre place de l’Église à Marsac-en-Livradois ; à 17 h : l’un place de l’Église à Félines, l’autre place de l’Outre à Arlanc ; à 20 h : ils seront réunis sur le parvis de l’abbatiale Saint-Robert à La Chaise-Dieu.

Aubades et sérénades. Kiosque du jardin Henri-Vinay au Puy-en-Velay : dimanche 23 août à 15 h (ensemble à vent). Jardins de la mairie à Saint-Paulien : lundi 24 août à 20 h (ensemble à vent). Parvis de la basilique de Brioude : mercredi 26 août à 18 h (ensemble à vent) ; jeudi 27 août à 20 h (école de musique du Brivadois). Kiosque à musique d’Ambert : vendredi 28 août à 18 h (ensemble à vent).

Messes dominicales à 10 h 30 à l’abbatiale, célébrées par les frères de la communauté Saint-Jean : dimanche 23 août avec la participation musicale de l’ensemble Les Cris de Paris ; dimanche 30 août avec la participation musicale de l’organiste Olivier Marion.



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