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Bande dessinée : Ils ont tué Jaurès !

le 27 juillet 2014 - Mathieu Ozanam - Livres - article lu 896 fois

Bande dessinée : Ils ont tué Jaurès !
Jaurès, de Morvan, Voulyzé, Macutay et Duclert.

La voix de l'intellectuel, du journaliste et de l'homme politique socialiste, que même la droite s'approprie aujourd'hui, continue à porter continue à porter.

Une aura d’autant plus frappante qu’il n’a jamais été ni ministre ni même à la tête d’un parti. Mais voilà qu’après Napoléon, Vercingétorix et Charlemagne, les éditions Glénat et Fayard poursuivent leur série « Ils ont fait l’histoire » avec Jean Jaurès. Viendront s’inscrire au programme de cette série de grands personnages Saint Louis, Soliman, Napoléon et Gengis Kahn. Tous à la tête d’un royaume ou d’un empire. C’est dire si dans cette historiographie des Grands Hommes Jean Jaurès occupe une place particulière.

La bande dessinée s’ouvre par un assassinat, celui de l’archiduc François Ferdinand et s’achève par celui de Jean Jaurès à la veille de la déclaration de guerre. Entre ces deux balises, les (nombreux) auteurs décrivent l’engagement de l’homme pour essayer de contrecarrer cet enchaînement implacable du jeu des alliances qui, tel des dominos, entraînera les pays à se déclarer les uns après les autres en guerre.

Du côté du dessin du Philippin Rey Macutay qui, nous dit l’éditeur, a travaillé pour des studios d’animation pendant plus de 10 ans, rien à dire. Si ce n’est que l’on entraperçoit que par bribes le mouvement qu’il sait imprimer aux corps. Trop souvent le dessin est dans la reconstitution historique qui repose sur les photographies iconiques dont la plus fameuse, celle du discours du Pré Saint Gervais, sert de couverture à l’album.

Du côté du récit deux scénaristes sont à l’œuvre, accompagnés d’un historien biographe de Jean Jaurès. Tout y est, pourrait-on dire. Et l’on comprend la difficulté à découper en tranche les discours si construits de Jean Jaurès. Le résultat tient en de bien longues pages pour tenir ce récit didactique. La tension dramatique qui conduit jusqu’au déclenchement de la guerre et à son assassinat aurait pu être mise à profit si les retours en arrière sur les grèves de Carmaux, son élection comme député, son implication dans l’affaire Dreyfus n’avait détourné l’attention du lecteur. il aurait sans doute été préférable de choisir l’une des deux options.

Mathieu Ozanam

Jaurès, de Morvan, Voulyzé, Macutay et Duclert, Glénat, 14,50 €.



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