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Autocars : grandes et petites lignes, la profession frémit

Loire le 23 octobre 2015 - Daniel Brignon - Services - article lu 461 fois

Autocars : grandes et petites lignes, la profession frémit
Arafer

Le texte issu de la loi Macron qui libéralise le transport par autocar sur l'ensemble de l'Hexagone a été promulgué le 7 août dernier. Un mois plus tard le ministère de l'Économie publiait un bilan faisant état de la création de 274 lignes, ayant transporté 250 000 passagers.

Le transport régulier de voyageurs par autocars était jusque-là soumis aux marchés publics d’autorités organisatrices de transports, principalement des Départements, sur des lignes départementales ou interdépartementales. Échappaient à la norme les transports internationaux, dans un premier temps soumis à une continuité du voyage d’un point de départ en France jusqu’à la frontière, sans arrêt intermédiaire. Puis le système ayant été assoupli a permis des échanges entre cités françaises sur ces lignes internationales, le cabotage. La ligne Lyon à l’Espagne permettait de voyager de Lyon à Bordeaux, mais sans toutefois que puisse être délivré de billet sur cette distance autrement que de Lyon à Irun, à la frontière. Ce verrou-là vient aussi de sauter.

Le législateur a ouvert la possibilité de d’ouvrir des lignes intérieures longue distance, au-delà de 100 km, hors régime d’autorisation quelconque, dans l’esprit de favoriser la mobilité et accroître l’activité. « Un choc d’activité pour le secteur et un choc de mobilité pour les Français », déclarait Emmanuel Macron à l’ouverture du dernier congrès de la FNTV (Fédération nationale du transport de voyageurs) le 14 octobre dernier. Les cinq opérateurs, rapidement organisés sur ce marché, y étaient présents : le britannique Megabus et l’allemand Flixbus, qui ont l’expertise de ces lignes intérieures développées en Grande-Bretagne, en Espagne  et en Allemagne depuis 2013 ; Ouibus, marque de la SNCF, Isilines, marque créée par Transdev, filiale de Veolia et de la Caisse des dépôts ; enfin Starshipper, la marque du groupement Réunir, qui fédère 70 PME françaises, dont les Courriers Rhodaniens, société ardéchoise qui intervient dans la Loire sur des marchés Til du Département. Initiateurs de la ligne Lyon-Turin en 2012, les Courriers Rhodaniens ont été les pionniers de ce groupement et opèrent sur ses grandes lignes sur notamment la ligne Lyon-Clermont-Ferrand qui devrait s’adjoindre d’une variante via Givors et Saint-Étienne, inscrite dans le plan national des projets annoncés.

Ce serait le deuxième itinéraire à irriguer Saint-Étienne avec l’ouverture par Flixbus d’une ligne Saint-Étienne-Strasbourg en novembre, sous-traitée dans son exploitation à une entreprise locale, en l’occurrence les Voyages Just de Jonzieux, qui a une grande expérience du grand tourisme. (Lire L'Essor Affiches n° 3595).

Un car peut en cacher un autre

Si les liaisons autocar supérieures à 100 km sont dégagées d’un régime d’autorisation par la loi Macron, cette dernière entrebâille une autre porte concernant les liaisons inférieures à 100 km. La loi Macron ouvre en effet la possibilité d’ouvrir des liaisons inter-cités de moins de 100 km hors marchés publics, mais sous condition d’agrément par l’Arafer, qui va se substituer selon la même loi à l’Araf, Autorité de régulation des activités ferroviaires, avec une compétence étendue au routier.

Ainsi un autocariste pourra de sa propre initiative ouvrir une ligne inter-cités de moins de 100 km après dépôt d’une déclaration à l’Arafer, qui dans un délai de deux mois pourra être saisie en contestation par des autorités organisatrices de transport qui estimeraient le service public conventionné concurrencé défavorablement et mis en péril dans son équilibre économique. L’Arafer aura deux mois pour en juger et rendre un avis juridiquement contraignant sur le projet de l’autocariste.

Il n’est pas exclu que ce nouveau marché s’ouvre dans la Loire, estime Sylvie Plotton, secrétaire générale de la FNTV Loire, sur des liaisons comme Saint-Étienne-Clermont, voire Saint-Étienne-Lyon, sur des horaires non-pourvus par le TER. « L’autocar, revenu par la grande porte dans le pool des modes de transports collectifs " a, dit-elle, toute sa place dans ce marché ouvert qu’elle interprète « non pas comme une libéralisation sauvage mais un retour sur la réglementation à outrance ». Même si « le modèle économique de ces nouveaux marchés reste à trouver, ils ouvrent des perspectives économiques aux entreprises de transport, mais aussi aux constructeurs de véhicules. »

Daniel Brignon

Bilan à un mois

Le premier bilan du ministère publié à un mois de l’entrée en vigueur de la loi fait état de 75 villes françaises desservies, 782 départs et arrivées par jour en France, dont 175 vers l’étranger, 700 emplois créés en un mois, 250 000 passagers transportés.

Une clientèle jeune et nouvelle

Isilines a présenté au congrès de la FNTV les résultats d’une enquête auprès de ses voyageurs. Il en ressort que 75 % des clients ont moins de 40 ans, 50 % moins de 25 ans. 62 % n’ont jamais pris l’autocar et indication capitale : 99 % viennent à ce mode de transport pour le prix…



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