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Au fait, il y a des élections européennes…

Loire le 24 avril 2014 - Xavier Alix - Actualités - article lu 620 fois

Au fait, il y a des élections européennes…
Le Parlement tient ses séances plénières à Strasbourg, ses commissions et certaines séances, comme ici à Bruxelles (© Cyril Michaud)

59,76 % en 2004, 61,21 % en 2009 : dans la Loire, comme ailleurs, sur l’abstention, il n’y a guère que les cantonales pour rivaliser avec les européennes.

Ce n’est pas le scrutin du dimanche 25 mai, suite à des municipales omniprésentes, dans un mois miné par les jours fériés donc peu propice à faire campagne, qui devrait inverser la tendance.
Un manque de visibilité, Carrefour Rhône-Alpes implanté à l’Université Jean-Monnet a le même problème. L’un des 49 bureaux d’information sur l’UE labellisés en France propose aussi de la formation continue et des animations. « Le fonctionnement de l’UE souffre d’un déficit d’informations, reconnaît sa responsable Pauline Perdriaux. Mais il est sévère de comparer le fonctionnement d’un pays avec celui d’une union de pays. Ensuite, le Parlement ne sert pas à rien (lire l’encadré, Ndlr). Les gens ne se rendent pas compte des choses positives que l’UE apporte au quotidien. » La France dispose de 74 députés répartis dans 8 circonscriptions inter-régions dont 13 pour celle « sud-est » : Rhône-Alpes, Paca et Corse. Comme pour les municipales, les partis nationaux présentent des listes. Mais pour toute la circonscription. En sud-est donc, des listes 26 candidats (13 suppléants) élus à la proportionnelle des voix exprimées sur un seul tour en réalisant au minimum 5 %. « Ensuite, au Parlement, il faut 25 députés pour former un groupe, les partis nationaux s’allient les uns aux autres. »
L’ensemble est sans doute trop complexe pour une publicité efficace. Et comment s’identifier à des candidats censés être locaux sur un si vaste territoire ? Quels sont les intérêts communs de Rhône-Alpes à la Corse ? Surtout qu’en 2009, 21 listes se sont présentées rien que dans la circonscription… « Ce n’est pas simple mais dans une même région, aussi les intérêts divergent, rappelle Françoise Grossetête députée européenne UMP depuis 1994, à nouveau candidate. Ce n’est pas un problème si le député est à fond sur son travail, sur le terrain et présent aux commissions, aux sessions… Je suis de la Loire, et en Paca, on me connait. Et le désintérêt général, c’est aussi celui des médias : très peu relaient nos travaux malgré notre communication. Alors notre campagne… » Quant aux 21 listes, « c’est stupéfiant ! Des micro partis tentent d’exister ainsi, ce n’est pas constructif». Les listes sont déposées jusqu’au 2 mai au ministère de l’Intérieur. Impossible d’obtenir d’ici là de ce dernier, comme aux municipales, un point sur ces dépôts : « elles seront communiquées le 5 mai. » Et c’est tout. Même si on connaît déjà celles des grands partis.
En 2009, la liste UMP-Nouveau centre avait été en tête dans la Loire avec 28,4 %, suivie des socialistes (17,06 %), d’Europe Ecologie (14,82 %), du Modem (8,87 %), du FN (7,91 %) et du Front de gauche (5,83 %). Résultats à peu près cohérents avec ceux de la circonscription dans son ensemble à l’exception notable des voix socialistes de 2,5 % supérieures. Et Europe écologie avait fait mieux à l’échelle sud-est : 18,27 %. Les premiers n’ont donc que deux députés contre trois pour les écologistes. L’UMP et feu Nouveau Centre en a cinq, le Modem, le FN et le Front de gauche un chacun.
Sur ces 13 députés, deux ont un lien avec la Loire : Françoise Grossetête née à Lyon est une élue locale stéphanoise des années 90 à 2000. Marie-Christine Vergiat, représentante du Front de gauche est née à Roanne mais a passé son adolescence à Chalons, sa vie active à Dijon et en Ile-de-France. Si ce n’est pas toujours le cas mais, censées représenter les régions, les têtes de liste dressées par les partis sont parfois squattées par des parachutés aux très vagues attaches sur le sud-est : Jean-Marie Le Pen au FN ; Bennahmias (Modem), Parisien envoyé par les Verts (son ex parti) sur Marseille au début des années 2000. Ou encore Vincent Peillon : le parcours d’un des deux socialistes, ex ministre de l’Education -  député européen de 2004 à 2009 du… nord-ouest -, l’a promené un peu partout. Il est vrai, y compris à Lyon en tant qu’enseignant un an durant. Il y a 30 ans.

Xavier Alix

A quoi sert ce parlement ?

Composé en 2014 de 751 députés de 28 Etats, il participe au vote du budget de l’UE et a le dernier mot sur les dépenses non-obligatoires. Il approuve les membres de la commission européenne (exécutif) et élit son président choisi par le conseil européen (chefs d’État). Il peut forcer la commission à démissionner par motion de censure. Il vote les actes législatifs mais n’a pas de pouvoir d’initiative législative. « Si les députés se bougent, s’unissent, communiquent autour d’un sujet ils pèsent sur les propositions de la commission, estime la député Françoise Grossetête, les exemples sont légions. C’est ce que nous sommes parvenus à faire avec des collègues de tous bords sur les médicaments pédiatriques en 2006 ou ensuite sur la recherche sur Alzheimer. »



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