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ASSE : l'ambitieuse raisonnable

Loire le 02 juillet 2015 - Xavier Alix - Sports - article lu 371 fois

ASSE : l'ambitieuse raisonnable
GR - B. Caïazzo annonce un nouveau vert de la DNCG

S'installer pour de bon dans le top 5 français avec un budget, à terme équilibré, et doté de 80 M€ dès 2016/17: mercredi 24 juin au siège de Casino, les dirigeants Verts annonçaient la couleur du plan 2016-2020.

Il n’a pas manqué l’occasion. Le co-président de l’ASSE, Bernard Caïazzo est revenu à plusieurs reprises sur son cheval de bataille : l’injustice faite à ses yeux au football français. « Les politiques en ont une mauvaise compréhension. On ne dirige pas un club pour faire de l’argent. L’ampleur des sommes échangées est trompeuse. Nous sommes des associations déguisées en sociétés, avec une utilité sociale. On a besoin de talents, ils sont rares et donc coûtent. Pourquoi le foot n’est-il pas traité comme le secteur culturel ? »

Dans le viseur, les charges pesant sur la compétitivité vis-à-vis de voisins anglais, espagnol, allemand et italien... La France compte 2,3 fois plus de charges patronales sur un salaire annuel de 600 000 € bruts que l’Angleterre ; 12 fois plus que l’Allemagne, l’Espagne... Privée en outre de sponsoring sur l’alcool, toute la L1 est déficitaire et contrainte de vendre ses meilleurs joueurs en cas d’absence de richissimes mécènes. Le déficit structurel de l’ASSE - comblé par les ventes - tourne ainsi autour de 8 M€. Le plan 2012-15 du club s’achevant sur un bilan allant « au-delà des objectifs », quid de la suite ?

La suite, « c’est être un club européen », avec un plan 2016-2020, basé sur la « stabilité d’un groupe pro et du staff grandissant avec le club ». C’est améliorer le rendement du centre de formation dont le classement hexagonal actuel - 20e - « ne prend en compte que les joueurs formés jouant encore au club », regrette B. Caïazzo. C’est enfin une marque verte à développer à l’international en misant - à défaut de puissance économique locale - sur une culture locale, « une force ».

Enfin et surtout, plusieurs évolutions vont dans le bon sens. Les droits télé notamment augmentent. En 2016/17, le même classement que 2014/15 (5e) rapportera 45 M€ au lieu de 32 M€. Parce que les diffuseurs payeront plus et parce que la répartition entre clubs se base sur les antériorités de classement (l’ASSE vient d’enchaîner 4 bonnes saisons) ainsi qu'une notion de « notoriété », là aussi en progrès. L’ASSE, en misant encore sur la stabilité sportive, estime enfin que ses revenus marketing et stade, désormais apte à tourner à plein régime, devraient passer de 25 à 32 M€ d’ici 2 ans. De quoi équilibrer son budget passant des 70 M€ actuels à 80 M€ en 2016/17.

Ce budget, qui serait alors le 5e de L1, peut-il permettre de goûter à la Ligue des champions ? B. Caïazzo ne l’exclut pas : «  avec 3 points en plus, nous aurions été dans le top 3 les deux dernières saisons. Donc théoriquement... Maintenant, ça ne sert à rien de mentir. Ambitieux, oui. Raisonnablement. »

Xavier Alix



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