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Aspide Medical en procédure de sauvegarde

Loire le 04 janvier 2017 - Denis Meynard - Industrie - article lu 632 fois

Aspide Medical en procédure de sauvegarde
DR - Depuis sa création, en 1994, l'entreprise n'avait jamais connu de pertes.

Le concepteur et fabricant de prothèses textiles implantables dans le corps humain s'emploie à combler un manque de vigilance réglementaire, qui lui coûte cher.

À la veille de Noël, le spécialiste de l’implant textile chirurgical Aspide Medical a demandé au tribunal de commerce de Saint-Étienne son placement en procédure de sauvegarde. Cette situation constitue une surprise de la part d’une entreprise en forte croissance et bénéficiaire depuis sa création, en 1994. Son dirigeant explique qu’elle est liée à un événement très inattendu.

Le 4 août dernier, le LNE/G-MED (basé à Paris et qui possède une antenne à Saint-Étienne), seul organisme français notifié au titre des directives européennes applicables aux dispositifs médicaux, a signifié à l’entreprise de La Talaudière une « suspension provisoire et documentaire » de la certification de sa fabrication, l’empêchant ainsi d’obtenir le marquage CE nécessaire à la mise sur le marché européen de ses produits. Ils sont destinés au traitement des hernies inguinales, de l’éventration, de l’incontinence urinaire féminine ou masculine, ou bien encore des prolapsus.

Cette suspension est intervenue deux mois après que l’entreprise eut obtenu un renouvellement de sa certification pour trois ans, souligne Eric Bouillet, son propriétaire et dirigeant. Il indique que depuis l’effectif affecté à la réglementation a été fortement renforcé, puisque cinq personnes y travaillent. Tout en déplorant que « le durcissement continu de la réglementation est en train de tuer les PME de notre secteur ».

Les ventes d’Aspide Medical ont chuté car elles reposent beaucoup sur ses activités de négoce. Après avoir réalisé un chiffre d’affaires de 9,2 M€ (clôture fin juin 2016), avec près de 70 salariés, Eric Bouillet prévoit qu’il se situera cette année entre 3,5 et 4 M€, avec un résultat déficitaire. L’effectif devrait être ramené autour de 35 personnes. Le dirigeant de cette société qu’il a créée voici 23 ans se veut toutefois confiant et annonce avoir « passé en décembre un audit avec avis favorable, sous des conditions qu’on s’emploie à remplir ». Soulignant que la société dispose de trésorerie, il ajoute : « j’ai une équipe extraordinaire qui se bat pour l’entreprise. C’est beau à voir ».

Denis Meynard



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