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Aspide Médical s’implante sur le marché de l’esthétique

Loire le 23 juin 2014 - Denis Meynard - Actualités - article lu 2065 fois

Aspide Médical s’implante sur le marché de l’esthétique
Eric Bouillet : « la surface des salles blanches va tripler dans les prochaines années » (© Denis Meynard)

L’année des 20 ans d’Aspide Médical marque un tournant dans la vie de l’entreprise qui va accélérer son développement à La Talaudière.

« Le 1er avril j’ai vendu la première entreprise que j’y avais créée, en mars 1990, Aspide Mécanique, qui fabrique des prothèses orthopédiques et des ancillaires en métal. Les 14 salariés ont été repris par Céfiméca qui se développe bien sur notre commune et qui ne délocalisera pas », déclare Eric Bouillet, PDG et actionnaire d’Aspide Médical. Il explique avoir fait le choix de se concentrer sur les prothèses textiles, dont l’éventail va s’élargir.
Sa filiale Aspide Aesthetic est distributeur exclusif pour la France depuis 2010 du brésilien Silimed, le numéro trois mondial des implants en silicone (appliqués aux seins, fesses, mollets… etc.), basé à Rio de Janeiro. « Après le scandale PIP, nous avons subi de très nombreux contrôles des douanes sur ces produits. Ils se sont toujours révélés négatifs », souligne Eric Bouillet, qui prévoit pour cette société un chiffre d’affaires de 850 000 € en 2014.
Après avoir mis un pied dans le domaine de l’esthétique, Aspide développe en interne des implants textiles pour le traitement de certains phénomènes. Comme la ptose mammaire qui pourra être traitée sans recourir à des solutions à base de silicone. Il s’agira d’implanter une prothèse textile ultra légère, de moins d’un gramme, tricotée en polypropylène. « Ces nouveaux produits adaptés à l’esthétique, développés grâce à nos partenaires médecins, procèdent d’un benchmark de ce que nous fabriquons déjà en matière de chirurgie et d’urologie », explique le PDG.

Export : + 47 % en un an

Cette année, Aspide Médical devrait atteindre un chiffre d’affaires de 8,8 à 9 M€, pour un effectif de 62 personnes. Contre 7,3 M€ en 2013 (clôture au 30 juin), avec une prévision de 10 M€ l’an prochain. Depuis le début, l’activité est tournée sur l’export (aujourd’hui de façon récurrente dans 75 pays). Cela représente sur le dernier exercice 45 % des ventes, soit une progression de 47 % en un an. Le service export compte désormais neuf personnes, dont un Américain, avec un directeur qui vient du groupe pharmaceutique Johnson & Johnson. En France, Aspide Médical détient déjà d’importantes parts de marchés sur les produits d’incontinence masculine et féminine, le traitement des éventrations, des hernies inguinales et des prolapsus par voie laparoscopique.
Eric Bouillet, dont l’entreprise était présente sur de nombreux salons ces dernières semaines, à Lyon, Paris, mais aussi au Brésil et au Japon, a été habitué très tôt à parcourir le monde par son père qui travaillait sur des barrages hydroélectriques. Il a ainsi eu l’opportunité de vivre 3 ans en Turquie, 2 ans en Côte d’Ivoire et 5 ans au Cameroun. Il n’en reste pas moins très attaché à La Talaudière, où il veut investir, sur les deux prochaines années, 1,3 M€ dans l’automatisation de son outil de production. Cela comprendra un robot de découpe laser et une machine à coudre numérique. « Nous devons faire face à l’explosion des ventes et éviter la rupture de stock », souligne-t-il. En précisant que le nombre d’implants textiles fabriqués en 2014 à La Talaudière devrait se situer autour de 180 000 €, en augmentation de plus de 70 %.

Denis Meynard


Agrafes résorbables par le corps humain

Un programme de R&D mené depuis trois ans va conduire Aspide à commercialiser fin 2014 une agrafeuse, en forme de pistolet, servant à fixer ses implants à l’aide d’agrafes en matériau résorbables par le corps humain. Au côté de trois géants américains (Johnson & Johnson, Tyco et Bard) l’entreprise ligérienne sera le 4e acteur mondial à proposer cette technologie. L’assemblage et la stérilisation des composants de l’agrafeuse seront effectués à La Talaudière, où Aspide extrude elle-même à partir de PLA (un polymère d’origine végétale, à base d’acide polylactique), du fil résorbable pour certaines parties de ses « tricots ».

D.M.



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