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Aryballe Technologies, une start-up qui a du nez !

Isère le 23 août 2016 - Laurent MARCHANDIAU - Tech et Médias - article lu 352 fois

Aryballe Technologies, une start-up qui a du nez !
Aryballe - Le nez électronique conçu par Aryballes Technologies peut reconnaître 150 odeurs contre 6 à 7 pour ses concurrents.

C'est une technologie qui a du flair ! Dénommée NeOse, le capteur d'odeurs universel imitant les récepteurs olfactifs humains développés par la start-up grenobloise Aryballe Technologies passe à la vitesse supérieure. Deux ans après sa création, la jeune pousse vient de finaliser sa première levée de fonds à hauteur de 2,6 M€ afin de financer l'industrialisation de son produit.

C’est une start-up qui a du nez ! Alors que la technologie du capteur d’odeurs existe depuis une vingtaine d’années, mais s’avère relativement limitée, Aryballe Technologies change la donne avec son nez électronique NeOse. Jusqu’à présent, les systèmes similaires pouvaient reconnaître jusqu’à sept gaz différents.

Rupture technologique

Ce n’est plus le cas désormais ! La start-up grenobloise a développé un capteur olfactif universel imitant le nez humain en associant biochimie et optique. À la différence des solutions existantes, NeOse concentre à travers un prisme optique, une multitude de nanocapteurs biochimiques capables de reconnaître une centaine d’odeurs. Les molécules sont aspirées par un ventilateur intégré, se collant ainsi à un réseau de nanocapteurs. Ces derniers, en fonction de leurs formes, les identifient et les prennent en photo. Une signature visuelle est alors générée sous la forme d’un code-barre transmis ensuite, par l’intermédiaire d’une puce microélectronique, à une base d’informations olfactives permettant de détecter et de déterminer la fragrance. L’innovation ne s’arrête pas là puisque la jeune pousse a réussi à faire tenir toutes ces technologies dans la main ! « Afin d’atteindre la capacité du nez humain, il nous faut encore monter jusqu’à 350 nanocapteurs. Régulièrement, nous enrichissons et améliorons notre base de données par le biais de 200 informations recueillies en moyenne par jour à travers la dizaine de produits en test sur le terrain », indique Tristan Rouselle, fondateur et directeur d’Aryballe Technologies. Et de poursuivre : « À terme, nous pourrons détecter plusieurs milliers d’odeurs différentes, NeOse étant capable de reconnaître 150 odeurs alors que le nez humain en détecte au moins 10 000 ! » Plus petit et plus fiable que ses concurrents, son interfaçage avec sa base de données dédiée lui permet de différencier précisément n’importe quelle odeur même celles ayant des similarités telles que l’œuf pourri et le souffre.

2,6 M€ levés​

Afin d’accélérer l’industrialisation de son produit de rupture, la start-up grenobloise a annoncé fin juillet, la finalisation d’une première levée de fonds. D’une hauteur de 2,6 M€ réalisée auprès de CEA Investissement, la société de capital-risque du CEA, d’Innovacom et de sociétés de gestion de patrimoine privé, cette opération va permettre de débuter l’industrialisation de NeOse et d’entamer sa commercialisation, d’abord en petite série, prévue début 2017. Encore à l’état de prototype, la technologie développée par Aryballe est le fruit de plusieurs années de recherche au sein d’un laboratoire commun du CEA et du CNRS. Fondée en 2014 par Tristan Rouselle, Delphine Pau et Sam Guillaumé, la start-up vise les marchés de la santé en accompagnant les personnes atteintes de maladies de l’odorat comme l’anosmie (perte partielle ou totale de sensibilité aux odeurs), mais aussi l’agro-alimentaire ou encore l’électroménager avec des réfrigérateurs capables de reconnaître les aliments périmés… La jeune pousse de 12 personnes table sur quelques millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018 pour atteindre un effectif total de 15 à 20 personnes. Le marché adressé pour l’instant par Aryballe dispose d’un potentiel de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Laurent Marchandiau

Le saviez-vous ?

Ce n’est pas par hasard que la start-up grenobloise Aryballe Technologies s’est baptisée ainsi. Son nom provient du grec ancien, aryballos, signifiant « puiser. » À l’origine, le terme désignait un vase antique destinée à stocker de l’huile parfumée pour les soins du corps notamment pour oindre la peau des athlètes. Ses utilisations possibles restent assez floues, seul Pollux les ayant évoquées. Plus classiquement, l’aryballe pouvait aussi servir comme récipient à huile lors des cérémonies ou des rituels funéraires.

L.M.



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