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Artistes hors cadre au musée d’Art moderne

Loire le 19 juin 2014 - Daniel Brignon - Agglomération stéphanoise - article lu 817 fois

Artistes hors cadre au musée d’Art moderne
The walkers D12-01 de Wang Luyan parcourue par l'artiste (D.R.)

Wang Luyan, l’un des artistes conceptuels chinois en activité le plus activement engagé dans le mouvement de l’avant-garde artistique en Chine présente la plus importante exposition personnelle qui lui est consacrée en Europe.

Elle occupe les deux salles centrales du musée où ont pris place deux installations monumentales. Dans la première, un pistolet de plusieurs mètre de haut, planté au sol au milieu de la salle vise deux cibles opposées, dessinées sur les murs qui se font face. Le pistolet est équipé de deux canons opposés et les cartouches visibles à l’intérieur sont bien dans des directions antagonistes. Il suggère le caractère autodestructif de la guerre : les armes tuent les tueurs en même temps. Ce paradoxe de l’humain, l’ambivalence et l’incertitude se retrouvent avec encore plus d’acuité dans cette foule de 50 personnages en métal chromé soudés au sol qui avancent un pas, marchent dans une double direction. C’est la deuxième installation. En passant parmi ces personnages figés on a l’impression à chaque instant de marcher derrière eux ou qu’ils marchent vers nous. Une incertitude, une confusion que suscite l’artiste pour exprimer sa vision de « nos choix qui semblent désigner un objectif, et en réalité atteignent l’opposé. Cette période de confusion est nécessaire pour exercer votre liberté de faire un choix. Si on ne connaît jamais de situation de confusion, c’est dangereux, on ne pourra jamais exercer notre droit de faire un choix », explique l’artiste, qui veut délivrer un message, questionner la liberté et ses limites.

Djamel Tatah

Djamel Tatah, est le deuxième invité d’une exposition monographique, juste après la rétrospective que lui a consacrée la fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence jusqu’au mois de mars dernier. Bien qu’inscrit dans le cadre de la toile, les personnages silencieux qu’il peint avec simplicité dans le trait, ils semblent s’en affranchir. « En supprimant toute référence à la perspective et à la profondeur, j’invite le spectateur à se projeter à l’intérieur du tableau, à faire une expérience du tableau qui touche par la charge émotionnelle des figures rencontrées de face comme dans un miroir. » C’est le parti pris de l’artiste qui propose un tête-à-tête poétique, lyrique, intime, avec des visages souvent impersonnels mais issus parfois de références à la peinture européenne du portrait que revisite le peintre, ligérien d’origine ancien élève de l’école des Beaux-Arts de Saint-Etienne.

Tania Mouraud

Tania Mouraud est bien représentée dans les collections du musée, amplement dotées d’un grand nombre d’œuvres relevant de la donation Vicky Rémy. Le musée suit aujourd’hui l’inspiration de la collectionneuse engagée, en présentant la première exposition monographique des vidéos de Tania Mouraud, une série de vidéos mêlées qui s’entrecroisent, sur une thématique que résume ainsi l’artiste : « Voilà où nous mène la perte de l’humain ». Elles montrent dans un univers mécanisé une forme de chaos, une agonie, une vision apocalyptique.

Fabien Verschaere

Il écrit ses œuvres d’une ligne continue qui dessine, comme dans une écriture automatique une profusion de motifs, des dessins auto-générés dans une sorte d’urgence. Aux allures naïves de l’enfance les formes sorties d’un bestiaire inépuisable saturent l’espace de la toile ou de la fresque murale telle que le cabinet de dessin qui l’accueille au musée en a une expression, spécialement créée pour cet espace : « The small theater of Muxuland, feutre acrylique sur mur ». Elle illustre un système de création prolifératif et onirique qui construit une nouvelle mythologie.  

Daniel Brignon


Wang Luyan, Djamel Tatah et Tania Mouraud :  jusqu’au 21 septembre. Fabien Verschaere, :  jusqu’au 31 août.


La relève

Le musée consacre un espace aux jeunes artistes soutenus par le Club des partenaires du musée d’art moderne et contemporain, constitué de neuf mécènes de la région stéphanoise, dont L’Essor Affiches, qui remet annuellement un prix attribué cette année à la jeune artiste Agathe Pitié. Elle bénéficie d’une salle spécifique, qui présente un travail de dessin à l’encre, foisonnant d’images empruntées à tous les univers de la culture populaire, BD, films, comics, qui concourent à une narration sur le mode ironique sur les grandes thématique de la peinture de toujours : La création du monde, L’Apocalypse, Le jugement dernier. Agée de 28 ans, Agathe Pitié appartient à une génération qui, comme en témoignent l’ensemble de propositions du club des partenaires, renouent franchement et avec une certaine délectation avec la narration et le figuratif.
Jusqu’au 31 août.



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