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Cinéma : Passé les bornes, y a plus de limite !

le 23 janvier 2015 - Eric SEVEYRAT - Cinéma - article lu 92 fois

Cinéma : Passé les bornes, y a plus de limite !

Dans les nouveaux sauvages de Damian Szifron on retrouve Uu mariage qui tourne au vinaigre, une altercation entre automobilistes qui finit mal, un autre automobiliste qui ne supporte plus de se voir enlever sa voiture en fourrière… et c'est la bascule. On rit… jaune. On est tous un peu « border line ».

Une situation un peu tendue et c’est le passage à l’acte, le petit doigt dans l’engrenage du mensonge, de la violence, des limites que l’on franchit, les unes après les autres, les verrous de la raison sautent. Les nouveaux sauvages, produit par Pedro Almodovar et son frère Agustin est un brûlot sur la vie moderne, sur la vie tout court : la vie de couple, la corruption ordinaire, le mensonge, l’enfer de l’administration...

Nommé aux Oscars 2015 dans la catégorie « Meilleur film étranger », le film a fait un tabac dès le premier week-end en Argentine, où il a été tourné par son metteur en scène, Damian Szifron. Servi par de géniaux acteurs argentins peu connus en Europe, le film a été présenté à Cannes en compétition, il a entamé une belle carrière en France. Le charme suranné qui se dégage des Nouveaux sauvages vient de ce que l’on ne réalise plus de films à sketches aujourd’hui. Le dernier de ce genre présenté à Cannes était celui des Monty Python en 1983 (Le sens de la vie) mais Les nouveaux sauvages rappelle dans sa facture et son sujet Les Monstres de Dino Risi (1963).

Les Nouveaux  sauvages est irrésistible de suspens, de comique, de crainte, d’humour noir, et finalement d’émotion. Le risque aurait été de donner dans le cynisme distancié. N’est-on pas tous menacé de « péter les plombs » à un moment ou un autre? Les six sketches de longueur inégale, et de qualité aussi, mettent en place une mécanique qui démarre au quart de tour. On se demande à chaque minute de chaque intrigue où on va, ou plutôt jusqu’où ira le réalisateur, qui entraîne ses personnages, et son public dans le mensonge, la spirale de la bêtise humaine, de la haine ordinaire. Et on rit, malgré tout. Passé les bornes, y a plus de limites !

Eric Séveyrat

 

 

 



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