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Arjowiggins : l’avenir des sites de Charavines et de Wizernes toujours dans le flou

Isère le 08 mai 2014 - Laurent Marchandiau - Actualités - article lu 1008 fois

Arjowiggins : l’avenir des sites de Charavines  et de Wizernes toujours dans le flou
Depuis l'annonce le 10 avril par le groupe américain Sequana de son plan de restructuration visant à céder ou à fermer ces deux principaux sites en France dont celui de Charavines dans l'Isère, la situation n'a que peu évolué malgré une rencontre « au sommet » entre les diverses parties prenantes et le ministère du Redressement productif et du Numérique.

La grogne monte chez les 185 salariés de l’usine de Charavines et leurs collègues de Wizernes (Pas- de-Calais) depuis l’annonce « surprise » par le groupe américain Sequana dont fait partie Arjowiggins, de concentrer sa production de la division papiers de création sur le seul site de Stoneywood (Royaume-Uni.) Une restructuration qui donnerait lieu à la cession en l’absence de repreneurs, des 2 sites.

Reçu par le cabinet d’Arnaud Montebourg ministère du Redressement productif et du Numérique, le 17 avril, les représentants des salariés des deux sites français restent sur la défensive n’ayant obtenu que peu de réponses à leurs interrogations. Dans un communiqué, le ministère indique que ces deux sites « Feront l’objet d’une recherche de repreneurs. Un cabinet a été mandaté par Arjowiggins dans cette perspective. » Une prospection au niveau mondial qui durera un an. Reçu le 30 avril à la BPI (Banque publique d’investissement), une délégation intersyndicale des salariés d’Arjowiggins des sites de Charavines et de Wizernes n’ont pas eu plus de précision quant à leur demande « de faire lever la clause de non-concurrence d’Arjowiggins afin de faciliter la recherche de repreneurs », précise Julien Riccardi, délégué syndical CGT. La délégation a seulement pu consulter la teneur de l’accord du 10 avril liant la BPI à Sequana. Un accord signé dans la nuit du 9 au 10 avril dernier entre le gouvernement, les banques et le groupe, paraphé juste avant l’annonce du plan de restructuration de Sequana, qui prévoit notamment la fermeture du site isérois et celui du Pas-de-Calais en juin 2015, à défaut de trouver un repreneur.

Statu quo

Interrogé sur le rôle de la BPIFrance, actionnaire à 20 % du groupe Sequana, la maison mère d’Arjowiggins indique : « Le ministère a joué sur les mots, nous rappelant que la BPI ce n’est pas le gouvernement, mais l’État ! » le flou subsiste. Récemment, le député UMP de la 7e circonscription de l’Isère, Jean-Pierre Barbier a annoncé avoir écrit au premier ministre ainsi qu’au président de la BPI, Jean-Pierre Jouyet afin d’obtenir des réponses claires quant au rôle de la BPI dans ce dossier. Pour rappel, Jean-Pierre Jouyet avait déclaré en 2012 sur le plateau d’Europe 1 que « La BPI aura vocation à maintenir l'activité et non pas à aider les canards boiteux. » Mais qu’en est-il lorsque cet organisme public dispose de parts dans le capital d’une société telle que Sequana ? Autre incompréhension de la part des salariés du site, « Arjowiggins a investi plus de 6,2 M€ sur l’unité de production de Charavines » selon Julien Riccardi soulignant que « depuis le début de l’année, le site a engrangé un bénéfice de 900 000 € sur le 1er trimestre. » Et de poursuivre : « On nous a demandé de faire le dos rond pendant quatre ans. Maintenant on nous explique que concentrer la production de la division papier de création sur Stoneywood permettrait au groupe de dégager 13,5 M€ d’économie ! » Une chose est certaine, l’avenir des sites de Charavines et de Wizernes dépendra de la capacité du groupe et des pouvoirs publics à trouver des repreneurs. « A l’heure actuelle, il n’y a eu aucune décision ni prise de position de la BPI et de l’Etat », conclut Julien Riccardi.

Laurent Marchandiau



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