Fermer la publicité

Saint-Etienne dernière grande ville de France à avoir son monument aux morts

Loire le 29 octobre 2015 - Mathieu Ozanam - Société - article lu 1154 fois

Saint-Etienne dernière grande ville de France à avoir son monument aux morts
Mathieu Ozanam - Le monument commémoratif du lycée Claude-Fauriel de Saint-Etienne

La Grande Guerre a vu l'érection de nombreux monuments aux morts en France. Mais à Saint-Etienne ils ont longtemps été le fait d'initiatives privées : la municipalité comportant des membres marxistes se refusaient à glorifier un « épouvantable carnage ».

La Grande Guerre, creuset des deux France ? La Première Guerre mondiale, au-delà des morts et des destructions, est souvent présentée comme l’événement fondateur de l’union nationale. Les antagonismes nés de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905, croyants contre anticléricaux, auraient été comme effacés par l’expérience des tranchées. Pourtant après la guerre et la victoire des Alliés, les divergences politiques reprennent leurs droits. Ils s’expriment jusque dans la décision d’ériger ou non des monuments en souvenir des soldats morts pour la France. « Saint-Etienne a été l’une des dernières grandes villes de la Loire, et même de la France, à avoir son monument », raconte Gérard-Michel Thermeau, historien local. « La municipalité qui comptait des communistes en son sein a refusé de commémorer le 11-Novembre pendant une dizaine d’années et rebaptise la place Marengo, de la figure pacifique de Jean-Jaurès. » Il faudra attendre l’élection d’Antoine Durafour pour qu’un monument soit inauguré place Fourneyron en présence du président de la République le 22 octobre 1933. Au cours de ce même déplacement Albert Lebrun inaugure la nouvelle école des Mines.

Les monuments, statues et plaques souvenirs sont par conséquent pendant des années des initiatives privées ou personnelles. « A la Grand’Eglise un vitrail est dédié aux soldats morts à la Guerre. A Sainte-Marie une chapelle est consacrée aux morts de la guerre. La Compagnie des Mines de la Loire commande à Clermont et Bossu un monument pour les “victimes de la Guerre et du devoir“ », décrit  Gérard-Michel Thermeau. Le monument à l’angle du lycée Claude-Fauriel place lui en son centre Jeanne d’Arc, entourée de chevaliers « boutant » hors de France les Arabes à Poitiers, les Anglais à Bouvines, les Prussiens à Valmy et l’armée allemande dans les deux batailles de la Marne. Il retrace ainsi une continuité et fait appel à la figure de Jeanne d’Arc, symbole de l’Union sacrée. C’est pour cette même raison qu’une statue équestre lui est consacrée place Boivin. Son inauguration le 4 juin 1916 a lieu en présence de représentants italiens, dont le pays vient de rejoindre la Triple Entente (France, Royaume Uni, Russie) l’année précédente.

Mathieu Ozanam

Monuments et statues, Bulletin du Vieux Saint-Etienne n° 258, juin 2015.

Georges Rivoire - Le monument de la place Fourneyron inauguré par le président de la République le 22 octobre 1933 rend hommage aux 6 000 Stéphanois morts durant la Première Guerre mondiale
  • Georges Rivoire - Le monument de la place Fourneyron inauguré par le président de la République le 22 octobre 1933 rend hommage aux 6 000 Stéphanois morts durant la Première Guerre mondiale
  • Georges Rivoire - Place Fourneyron, un deuxième monument  issue de la loi du 11 juin 1994, rend hommage aux 230 enfants de la Loire tombés en Afrique du Nord
  • Georges Rivoire - Place Fourneyron, une plaque honore les rapatriés
  • Georges Rivoire - La Grand' Eglise avec en son sein un vitrail dédié aux soldats morts à la guerre
  • Georges Rivoire - Place Boivin, face à la Grand'Eglise, la statue équestre de Jeanne d'Arc, symbole de l'union sacrée, inaugurée en 1915
  • Georges Rivoire - Place Louis Comte, le monument  à la mémoire du 102e Régiment d'infanterie territorial
  • Georges Rivoire - Le monument commémoratif des combattants de la guerre de 1870 square Jovin-Bouchard
  • Georges Rivoire -  La statue de la Liberté installée aujourd'hui place Jules Ferry a été inauguré en 1917 après l'entrée des Américains dans la Première Guerre mondiale en présence du consul des Etats-Unis William Hunt
  • Georges Rivoire - Le fusillé  sur l'esplanade de la gare Saint-Etienne Châteaucreux est le monument départemental de la Résistance et de la déportation



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide