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Alain Rey : la moto pour passion

Isère le 10 décembre 2014 - Jacques Savoye - Nord-Isère - article lu 1242 fois

Alain Rey : la moto pour passion
Jacques Savoye - Il est intarissable lorsqu'il parle de motos, Alain Rey.

Il est intarissable lorsqu'il parle de motos, Alain Rey.

 

A l’écouter dévider l’écheveau de ses souvenirs, on resterait des heures. Pour lui, parler de motos est aussi naturel que respirer ! Faut dire qu’il est dans le milieu depuis plus de 60 ans. Autant dire qu’il a vu l’évolution du monde des « bécanes », la fin des marques françaises et l’invasion des Japonaises. «Nous avons été concessionnaires de BSA, de Norton et de Triumph. Des marques anglaises prestigieuses à l’époque » se souvient-il.  L’époque à laquelle il fait référence c’est le début des années cinquante. « En 1952, je débutais comme mécanicien ici, chez Julien Gautier. Il était le père d’une jolie fille, Juliette. J’en tombais amoureux et je l’épousais. C’est ainsi que, plus tard, je succédais à mon beau-père » nous confie Alain.

Ce beau-père, le motoriste le porte aux nues. Car Julien Gautier, dont le nom figure toujours au fronton du magasin qu’il avait créé en 1922, fut un champion motocycliste. « Il s’est illustré aussi bien sur les circuits qu’en courses de côte. Il courait sur Motosacoche, une marque suisse, en 350 et en 500 cc. Le circuit de Quincieux, dans le Rhône, les courses de côte de Laffrey et du Reclus à Chambéry étaient ses compétitions préférées. En 1928, à Chambéry, avec sa 350 il avait battu les 500 d’usine ! » s’enflamme Alain Rey dont le regard s’illumine à l’évocation des exploits de ce glorieux beau-père. Lui, ce n’est pas la compétition qui l’a attiré, sa passion étant la belle mécanique, la mise au point, les moulins qui tournent au quart de poil ! L’amour de la moto coule dans les veines de cet infatigable collectionneur de vieilles pétoires. Sa dernière trouvaille : une MGC-NA3 500 fabriquée en 1930 par Marcel Guiguet, à Corbelin. Une pièce unique qu’il bichonne comme un diamant. Ce n’est pourtant pas cette machine qui a marqué son métier.

Pour Alain Rey, la référence reste la « 232 Monet-Goyon ». Une moto made in France, sortie des ateliers de Mâcon, et qui signa le renouveau des deux roues dans l’hexagone au milieu du siècle dernier. Aujourd’hui, alors qu’il roule en père peinard vers les 80 berges, Alain Rey cultive la nostalgie, dépanne quelques motards en quête d’une pièce introuvable sur le net. Il prend toujours plaisir à exposer de vieilles mécaniques devant sa vitrine que domine, en lettres rouges sur fond blanc, le nom du fondateur du plus ancien magasin local en cycles et motos : J. Gautier.

Jacques Savoye



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