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Alain Cottalorda élu 35e (et dernier ?) président du conseil général de l’Isère

Isère le 30 juin 2014 - Eric Séveyrat - Actualités - article lu 1747 fois

Alain Cottalorda élu 35e (et dernier ?) président du conseil général de l’Isère
Une « passation » de pouvoir empreinte de sincérité et d'émotion (D.R.)

Elu par les conseillers généraux de l’Isère par 40 voix contre 17 et un  nul, Alain Cottalorda était face au candidat de la droite, Pierre Gimel.

Lors de cette proclamation sans surprise, c’est un « Merci ! Merci André ! » qui est sorti de la bouche de M. Cottalorda, la gorge serrée par l’émotion. On sait que depuis l’élection de François Hollande, les Isérois s’attendent à ce que leur sénateur-président de conseil général soit appelé dans un ministère. C’est précisément la Réforme territoriale et c’est précisément l’Isère qui devra, à tout le moins, montrer l’exemple d’une bonne conduite réformatrice : « L’idéal serait que nous n’ayons pas à organiser d’élections cantonales à fin 2015, extrapolait Alain Cottalorda. » L’objectif général du département, voué à disparaître si la réforme va à son terme, est de transférer le maximum de compétence du conseil général vers les autres collectivités que sont les intercommunalités (dont les métropoles) et la région, les deux grands ensembles, qui seuls, ont de l’avenir en France. Le Secrétaire d’Etat à la Réforme de préciser : « Cette fois-ci les communes ne sont pas visées. » Toutefois, celles qui souhaitent fusionner sont encouragées. Alain Cottalorda, de formation historien et géographe, ironise volontiers, lui qui pourrait être le dernier président dans l’Isère : « Nos départements ont 225 ans […] » et d’indiquer que les départements sont l’objet de critiques depuis leur création pendant la Révolution. Le nouveau président de citer de lointains prédécesseurs : Edmond Burke, philosophe irlandais, contemporain de la Révolution française : « C’est la première fois que l’on voir des hommes mettre en morceaux leur patrie de manière aussi barbare… »
Mais la citation la plus intéressante que rapporte M. Cottalorda, est celle d’un certain Henri Mettrier, en 1911, qui avait commis un rapport au sujet de la formation du département de la Haute-Marne : « …la division départementale ne répond plus aux besoins de notre époque […] en présence de la rapidité inouïe dont bénéficient actuellement les communications et les transports, le maintien des départements trop petits, trop faibles, parait une choquante anomalie […] Enfin c’est De Gaulle en 1968 qui estime : «… les activités régionales apparaissent comme les ressorts de la puissance économique de demain… » Alain Cottalorda sera un président dans la continuité de son prédécesseur, il l’a affirmé : « Je m’inscris totalement dans la continuité du projet sur lequel nous avons été élus en 2011 […] dans la continuité d’un mandat que je vais cependant devoir bouleverser […]
Outre les mêmes dossiers, la même gouvernance, et les mêmes projets, Alain Cottalorda va devoir infléchir vers : « la recherche, la construction d’un partenariat avec les 27 intercommunalités …je ferai proposition d’une conférence des exécutifs des intercommunalités […] 13 territoires, 27 intercommunalités aujourd’hui, on a le modèle isérois de la réforme territoriale à venir. »
Après de chaleureux remerciements à son prédécesseur André Vallini (Alain Cottalorda a toujours dit que si tel était le cas pour lui, « le siège de président ne se refuse pas ! ») celui qui redevient sur les bancs de l’assemblée départementale « simple » conseiller général du canton de Tullins « délégué » à la Réforme territoriale prit la parole : « S’il y a effectivement un département où la réforme doit réussir, c’est l’Isère … dit le Secrétaire d’Etat, déjà trois communautés de communes du Sud-Grésivaudan souhaitent se rapprocher … dans le Grésivaudan, la communauté de communes prendrait des compétences supplémentaires issues du département […] les communes de Badinières et d’Eclose se bâtissent un destin commun [...] La réussite de la réforme repose aussi sur des régions plus puissantes, le tout dans la clarté, la compétitivité, la proximité (avec les intercommunalités) on doit savoir qui fait quoi immédiatement […] »
Toutefois la tâche ne sera pas simple, et le nouveau président Alain Cottalorda a bien insisté sur sa volonté de travailler au côté des personnels du conseil général (4650 agents) : « Des militants du service public... »

Eric Séveyrat

Alain Cottalorda

Alain Cottalorda, 67 ans, ancien maire (PS) de Bourgoin-Jallieu qui ne se représentait pas aux dernières municipales, ancien président de la Communauté d’agglomération Porte de l’Isère, a démarré au côté d’Edmond Roy, ancien maire de Bourgoin-Jallieu, en 1989, comme premier adjoint. Puis Alain Cottalorda est élu au conseiller général du canton de Bourgoin-Jallieu-Sud il y a 10 ans : « J’ai eu la chance de bénéficier de la confiance d’un grand élu, André Vallini ». Alain Cottalorda fut vice-président en charge de l’économie.

Budget du conseil général de l’Isère : 1,38 Md€

4 650 agents

1,215 millions d’habitants



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