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Air Liquide : la recherche spatiale au service de la transition énergétique

Isère le 07 janvier 2017 - Laurent MARCHANDIAU - Tech et Médias - article lu 198 fois

Air Liquide : la recherche spatiale au service de la transition énergétique
Utopikphoto - Air Liquide a organisé le 21 décembre, une table ronde autour des défis de l'énergie dans l'exploration spatiale.

Air Liquide et le spatial, c'est une histoire d'amour qui a débuté en 1961 et s'est concrétisé avec le début du programme Ariane. Plus de 50 années de recherche et l'occasion d'évoquer le temps d'une table ronde qui s'est déroulé à Sassenage fin 2016, son utilité dans la transition énergétique.

François Darchis, directeur d’Air Liquide n’y est pas allé par quatre chemins lors de l’ouverture de la table ronde « Exploration spatiale : le défi de l’énergie » qui s’est déroulée le 21 décembre sur le site d’Air Liquide à Sassenage. « Sur Terre, nous sommes gaspilleurs d’énergie. C’est un gros problème qu’il va falloir résoudre. L’accès à l’énergie fossile à ses limites, il faut contribuer à une transition énergétique » déclare-t-il en préambule. Et c’est bien là où la recherche spatiale permet de trouver des solutions. « Le spatial permet d’apporter et d’améliorer des technologies qui vont pouvoir, à terme, être adaptées sur terre. »

Et de faire un parallèle sur le solaire, principale source d’énergie dans l’espace. « Les énergies nouvelles renouvelables (EnR) comme le photovoltaïque subventionnées par l’État ne sont pas encore rentables aujourd’hui, affirme François Darchis . La recherche spatiale permet d’œuvrer dans le domaine énergétique et de trouver des applications concrètes sur notre planète. »

En arrière-plan, l’hydrogène, une source d’énergie que l’on retrouve à 90 % dans l’univers, sur laquelle Air Liquide s’est rapidement positionnée, sur un marché à fort potentiel de développement. « Cela fait 150 ans que l’on connaît le principe de la technologie hydrogène, poursuit François Darchis. Des développements sont nécessaires afin de la démocratiser notamment en raison de l’utilisation importante de platine et du coût des membranes. Des polymères spéciaux, plus accessibles, ont été développés pour la membrane permettant les échanges d’ions. »

Les piles combustibles comme soluti​on d’avenir…

Conçues pour les besoins de l’exploration spatiale, les piles à combustible à base d’hydrogène présentent un grand intérêt au vu des défis à relever : transition énergétique et préservation de l’environnement. « Les batteries électriques stockent des électrons qui ne veulent pas rester ensemble au sein d’un processus électrochimique qui nécessite de la surface », explique le directeur. En clair, plus l’on veut stocker de l’énergie, plus les batteries auront une taille importante.

« Ce n’est pas le cas avec l’hydrogène. La miniaturisation est possible du fait que la technologie n’a pas vocation à stocker de l’énergie. De plus, c’est une forme extrêmement concentrée d’énergie. À titre d’exemple, une voiture consomme 8 litres d’essence pour 100 km. En utilisant l’hydrogène, il lui faudra seulement 1 kg pour parcourir la même distance. »

Vers des systèmes autonomes

Les vols habités pourraient bien avoir des répercussions sur terre notamment avec le développement de technologies visant à les rendre complètement autonomes. L’un des axes forts de la conquête spatiale réside dans la conception d’une base sur la lune ou sur mars, le premier projet étant poussé par l’Agence Spatiale Européenne (ESA), le deuxième par la NASA (National Aeronautics and Space Administration).

« Actuellement, l’une des problématiques de la recherche spatiale se focalise sur : comment dans un système clos, on peut explorer sans faire de pollution. Autant dire que cela aura des effets bénéfiques sur terre ! »

Et Franck de Winne, directeur de l’EAC, le Centre des astronautes de l’ESA de conclure : « Dans l’espace, un astronaute dispose d’un litre d’eau par jour tandis que sur terre, dans les pays occidentaux, une personne en consomme 80 l / jour. Ces solutions en vigueur dans les stations spatiales pourront être mises en place sur terre afin de faire face au problème d’accès à l’eau potable que connaît 1 milliard de la population mondiale. »

Ariane 6 : Air Liquide signe pour 100 M€ de contrats

Leader mondial de la cryogénie spatiale, Air Liquide vient de conclure plusieurs contrats d’un total de plus de 100 M€ (sur trois ans) pour la fourniture d’équipements cryogéniques destinés à la propulsion de la sixième génération du lanceur européen, Ariane 6. Un lanceur qui se veut évolutif et modulaire. En parallèle, Air Liquide accompagnera le Centre National d’Études Spatiales (CNES) et Airbus Safran Launchers (ASL) dans le développement à bord et au sol d’Ariane 6 notamment en assurant la conception et fabrication des lignes cryogéniques des réservoirs  des étages supérieur et principal du futur lanceur qui contiendra 175 t d’hydrogène et d’oxygène liquides. Par ailleurs, sur le pas de tir à Kourou, Air Liquide se chargera des équipements dédiés à la distribution des fluides cryogéniques (oxygène, hydrogène, azote, hélium) pour le nouvel ensemble de lancement EAL4 d’Ariane 6. Les premiers vols d’essais du futur lanceur sont prévus en 2020.



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