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Agriculture - « Notre indépendance alimentaire en jeu »

Loire le 09 octobre 2014 - Xavier Alix - Actualités - article lu 266 fois

Agriculture - « Notre indépendance alimentaire en jeu »
Le rassemblement du 30 septembre à l'appel de la FDSEA et JA (© FDSEA)

Spécifique à la Loire, l’action, symbolique, s’inscrit dans une interpellation nationale sur un « ras-le-bol administratif ».

L’exemple de cet agriculteur louant une parcelle de 3 000 m2 pour pâturage à Estivareilles est à ce titre symptomatique, estime la FDSEA Loire. Celui-ci a capté une source afin d’alimenter des abreuvoirs et éviter des risques sanitaires liés au piétinement. Cet aménagement enfreint la loi de protection environnementale des zones humides. La police de l’eau a exigé sa destruction ou la création de 6 000 m2 de zone humide. La seconde option exigeant environ 5 000 € rien qu’en études, il s’est résigné à la première... Questions à P. Breyton, directeur FDSEA Loire.

Protéger notre environnement ne justifie-t-il pas ces contraintes ?

Dans ce cas, il n’y a pas de risque : faune et flore ne sont pas menacées, le surplus est restitué. Les monts du Forez, en recul agricole, ce n’est pas le marais poitevin. On y compte 0,8 à 1,2 tête de bétail par ha contre 2,5 à 3 en Bretagne et 4 à 5 aux Pays-Bas. Or, les contraintes sont les mêmes ! Nous dénonçons l’application bête et méchante des textes, le matraquage sur l’agriculture, l’inflation des lois : environnementales - zone nitrates, péage transit touchant l’A 47, donc nos producteurs de fruits et légumes - mais aussi sur l’emploi. On impose à un agriculteur des règles dignes d’un groupe : compte pénibilité, apprentissage quasi impossible avec l’interdiction aux - de 18 ans de monter sur un tracteur etc. Dans un laps de temps identique, notre production a reculé de 3 % quand celle allemande progressait de 3 %. Avec des contraintes européennes identiques, il y a bizarrement plus de lourdeurs administratives chez nous. Notre production va se décourager au profit d’une importation avec moins de traçabilité, de cahier des charges.

N’est-ce pas l’objectif de traités internationaux de faire de l’Europe le céréalier du monde en détruisant son élevage ?

Ce que je sais, c’est que l’élevage est le premier débouché des céréaliers français. Mais il est clair que nous constatons dans les plaines, notamment dans la Loire, le repli de l’élevage au profit des céréales. Notre indépendance alimentaire est en jeu. Or, l’embargo sur la Russie fait baisser le prix de la viande avant le lait en 2015. Nous devons trouver des pistes comme reconquérir la restauration collective, qui a 80 % de produits importés.


Propos recueillis par Xavier Alix



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