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Agriculture : la crainte persiste en Isère

Isère le 15 janvier 2015 - Caroline Thermoz-Liaudy - Collectivités locales - article lu 271 fois

Agriculture : la crainte persiste en Isère

Ce n'est pas la première fois que le conseil général de l'Isère et la chambre d'agriculture alertent sur leurs inquiétudes vis-à-vis du fait que la région récupère la compétence agricole. Leur crainte : que les choix soient faits selon des grilles, par des personnes loin du terrain. Une peur accrue par l'absence de dialogue.

En matière d’agriculture, la proximité est souvent gage de qualité pour les consommateurs. Pour les professionnels, la proximité avec les instances décideuses est gage d‘écoute et de dialogue. C’est pourquoi les élus du conseil général de l’Isère, en premier desquels le vice-président Christian Nucci, et de la chambre de l’agriculture, dont son président Jean-Claude Darlet sont inquiets.

« C’est une décision de l’Etat, la région va devenir le chef de fil économique », explique Christian Nucci en introduction. Car si le conseil général de l'Isère restera co-financeur des projets, aucune concertation ne sera obligatoire pour la prise de décision. Sans compter qu’en mettant tous les budgets dédiés à l’agriculture dans le pot commun, rien ne garantit le maintien de l’investissement au même niveau que les années précédentes. A M. Darlet de poursuivre.

« 2015 sera une année transitoire. Sur certains points rien ne va changer, mais sur d’autres, comme les installations, ou l’aide à la modernisation, rien ne va plus. » Désormais, les fonds transitent en effet par le conseil régional qui fixe les critères des grilles d’éligibilité. « Beaucoup de critères sont trop précis, ce qui fait que les aides seront distribuées sur des zones grandes comme des timbres, plutôt que sur des grands secteurs. […] Toutes les aides seront versées en fonction des dossiers déposés, sans qu’ils ne connaissent le terrain, sans proximité. J’ai peur que les aides soient attribuées sur la qualité de rédaction du dossier plus que sur le fond » et d’ajouter plus tard : « va-t-il falloir qu’à la chambre on recrute des super rédacteurs économique plutôt que des conseillers ? »

Un problème qui pourrait se résoudre par un accord ? Oui, sauf que selon les acteurs isérois, il y a un gros déficit de communication, et que le dialogue ne se fait pas entre les élus locaux des différents départements et le vice-président en charge de l’agriculture du conseil régional.

Caroline Thermoz-Liaudy

L'agriculture iséroise en quelques chiffres

De l'élevage laitier au maraîchage en passant par les cultures céréalières, l'agriculture iséroise, qui occupe 37 % de la surface départementale, se caractérise par une très grande diversité. Le territoire compte même quelques petits berceaux de vignes dans le Grésivaudan et près de Vienne.

Les productions qui dominent sont les grandes cultures (comme les céréales), le lait, les fruits et les bovins qui représentent 75 % des biens agricoles du territoire. La fameuse noix de Grenoble dont la production en Isère a augmenté de 15 % entre 2000 et 2010 concentre 1/3 de la surface nationale sur le territoire. Le département se distingue également comme étant le premier producteur de fraises (43 %) et de pommes (25 %) sur la région. Concernant l'élevage, l'Isère se place en tête pour les équins qui constituent 1/5 du cheptel régional même si les bovins dominent à 77 % dans le département.

Les quelques 6 300 exploitations recensées en 2010 -qui représentent 16 % de Rhône-Alpes et 13 % au niveau national- sont pour plus de la moitié de petites structures (54 %) mais qui pèsent relativement peu (seulement 8 % de la production brute standard totale -valeur moyenne de la production hors aides PAC).

Si le nombre d'exploitations a diminué d'un tiers en dix ans, elles se sont néanmoins agrandies (+ 34 % de surface par domaine). L'Isère compte également 356 structures d'agriculture biologique, soit le troisième département en Rhône-Alpes, première région française dans ce domaine.

Côté économie, la production agricole représente 85 % du chiffre d'affaires qui s'élève à 537 M€ en 2011. Le secteur emploie directement 1 % de la population active iséroise et environ 3 % en emplois induits. La région Rhône-Alpes a pour particularité d'être la première en France en terme de circuits courts – au maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. En Isère, près de 30 % des exploitations se placent dans cette démarche dont environ 1 000 font de la vente directe.

Adeline Gailly



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