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Personnels communaux de Saint-Etienne : « opération coup de poing »

Loire le 03 février 2015 - Marine GRAILLE - Actualités - article lu 1151 fois

Personnels communaux de Saint-Etienne : « opération coup de poing »
DB - Des agents CGT réunis vendredi 30 janvier sur les marches de l'hôtel de ville

En grève depuis le début de la semaine, les agents CGT territoriaux de la Ville de Saint-Etienne comptent bien faire entendre raison au maire Gaël Perdriau qui envisage une diminution de la masse salariale dans différents services municipaux.

La centaine d'agents territoriaux CGT voulait organiser une sorte d' « opération coup de poing » qui marque les esprits. C'est réussi. Lundi soir, des représentants du syndicat majoritaire et des élus de l'équipe municipale se sont réunis peu avant le début du conseil, mais n'ont visiblement pas trouvé un terrain d'entente. « Ce fut cordial mais il n'en est rien sorti », explique Jérôme Valla, représentant CGT des territoriaux de Saint-Etienne. Si l'entrevue a été cordiale, l'accueil du maire dans la salle du conseil sous les huées et les sifflets d'une partie du public, le fut beaucoup moins, cela rendant impossible la poursuite de la séance. Après une suspension et plusieurs minutes de réflexion, l'équipe municipale a finalement choisi de laisser la parole à Jérôme Valla, salle Aristide-Briand.

« Face aux restrictions budgétaires liées à la baisse des dotations de l'Etat, un choix a été fait. Un choix politique qui fait peser l'ensemble de l'économie sur la masse salariale, rappelle le syndicaliste. Quand on augmente les effectifs des policiers municipaux cela a un coût et cela signifie que d'autres emplois dans d'autres services vont être détruits. » Le lien de cause à effet est plus que probable : G. Perdriau a annoncé le doublement  au cours du mandat de la police municipale (le recrutement a débuté) « sans augmentation de la masse salariale ». Or, selon leurs chiffres : 90 postes devraient être supprimés chaque année dans différents services de la Ville au cours du mandat de G. Perdriau. « Supprimés » un terme que réfute le maire. « La masse salariale est maintenue pour éviter une évolution trop importante. Personne aujourd'hui qui a un emploi ne va le perdre », tient à préciser l'édile. Les contrats à durée déterminée, eux, devraient malgré tout être touchés par les restrictions. « Un CDD existe pour palier une absence temporaire ou pour venir en renfort en période de surcroît de travail. Si les CDD devaient être fonctionnarisés il n'y aurait pas de CDD. Pérenniser les CDD n'a donc aucun sens », insistait G. Perdriau pendant le conseil.

Certains services de la Ville ne sont pas concernés par ces réorganisations, a précisé à plusieurs reprises G. Perdriau : petite enfance, propreté et personnes âgées. Les services qui seront touchés ne sont à l'heure actuelle pas encore clairement identifié. Pour le syndicat, ces aménagements pourraient engendrer « une dégradation du service public à Saint-Etienne ». Jérôme Valla craint que ces réductions de postes chez les agents municipaux incitent Gaël Perdriau à faire appel de plus en plus au privé et « faire appel au privé cela n'est pas gratuit. Nos emplois seront détruits et cela coûtera plus cher au contribuable ».

Huit préavis de grève ont été lancés sur deux semaines. Au cours de celles-ci, la CGT compte organiser chaque jour des actions de blocage dans les crèches, les écoles, ou encore les équipes de déneigement…

Marine Graille

[Article mis à jour le 4 février à 10 h 30]

Entretien réalisé le 6 janvier 2015

Pas d'appel à la grève pour FO

« Ce mouvement nous a mis devant le fait accompli. Il n’y a eut aucune concertation. Nous ne nous y rallions pas. Nous ne voulons pas faire les moutons de Panurge », lâche Philippe Viallon, secrétaire général Force ouvrière municipaux de Saint-Etienne. Le 2e syndicat des agents de la Ville, tout comme les 3 autres représentations syndicales (CFDT/CFTC/Unsa), ont décidé de ne pas s’allier à la CGT. « Lors des comités techniques paritaires, qui réunissent élus et syndicats, ont été évoqués les projets de réajustements dans certains services. Tous les syndicats s’étaient abstenus à l’exception de la CFDT qui s’est prononcée contre. Ce type d’ajustement est toujours anxiogène pour les agents municipaux mais cela ne signifient pas qu’ils vont perdre leur emploi », souligne Ph. Viallon qui tient également à rappeler que la municipalité a imposé une réduction du nombre de directeurs généraux adjoint. Concernant les CDD, le syndicaliste convient que leur non-renouvellement crée un malaise. Pour autant, Ph. Viallon estime qu’à FO « on préfère être dans la négociation et le travail de fond. Cela ne nous empêche pas de rester vigilants et d’ailleurs nous nous réservons le droit d’appeler à la grève notamment si les 9 CDD dédiés à la culture ne sont pas renouvelés ».        

 



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