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Adobe dans la jungle de la phonéographie

Isère le 16 février 2015 - Louis THUBERT - article lu 17 fois

Adobe dans la jungle de la phonéographie

L'éditeur de logiciels Adobe a lancé un portage mobile et Ipad de Lightroom. Est-ce bien pertinent, alors que d'autres applis, plus basiques mais plus grand public, existent déjà ?

Depuis le 15 janvier, le logiciel de développement Lightroom est disponible pour les smartphones tournant sous Android et depuis avril 2014 sur Ipad, la tablette d'Apple. Lightroom, développé par la société Adobe, est un produit complexe à appréhender – selon certains blogs photos, destinés aux « amateurs et professionnels » plutôt qu'aux débutants. Surtout, il est cher : accessible à partir de 143 € par an, couplé avec l'ultra connu Photoshop, destiné lui à retoucher les photos.
Lightroom version mobile - on parle de phonéographie, l'art de faire des photos avec des téléphones - parviendra-t-il à séduire le public ? Christophe Gressin, photographe professionnel à Toulouse, reste très sceptique : « Je suis moyennement convaincu par le développement sur tablette et smartphone de ce type d'appli, même si je n'ai pas d'avis tranché. Le principal frein, c'est la lecture de fichier RAW (NDLR : qui permet de modifier une photo sans altérer l'original, les changements étant enregistrés dans un répertoire annexe et non via le fichier en lui même). » L'utilisation possible qu'il entrevoit, dans un cadre de travail, serait pour un photographe de presse équipé d'une tablette. « Le principal intérêt, c'est de raccourcir le temps de production, explique Christophe Gressin. Cela peut être utile pour un reporter sur un circuit, un terrain de foot, pour publier une photo via une tablette avant la fin d'un événement... »
Lorsqu'il est question de photo sur un appareil mobile, on pense plutôt à Instagram. Réseau social doublé d'une application de retouche photo, Instagram compte plus de 300 millions d'utilisateurs et permet d'appliquer rapidement un filtre aux photos stockées sur le service. Aux fonctions plus basiques, mais prisé par les jeunes, Snapchat permet d'envoyer des photos, visibles pendant un temps limiter, et de les modifier. On est loin des multiples options permises par Lightroom ! Ce qui n'empêche pas 400 millions de « snaps » de circuler sur Snapchat.
« Je ne vois pas une personne qui fait des photos souvenirs apprendre à se servir de Lightroom » avance Christophe Gressin, qui dispense aussi des formations en photographie. Adobe, l'un des éditeurs les plus importants dans le secteur de la retouche de photo, perd-il son temps en cherchant à se développer sur les smartphones ?



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