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Abiss veut grandir à Saint-Etienne et au Brésil

Loire le 14 septembre 2015 - Denis Meynard - Industrie - article lu 1338 fois

Abiss veut grandir à Saint-Etienne et au Brésil
© Denis Meynard - L'entreprise de Jean-Marc Béraud possède 130 mètres carrés de salles blanches au Technopôle.

La PME Abiss créée et dirigée par Jean-Marc Béraud va ouvrir un deuxième site stéphanois, dans le quartier de La Chauvetière.

Après la Pologne et la Russie, le fabricant stéphanois d’implants chirurgicaux Abiss veut être présent au Brésil, le principal marché d’Amérique du Sud, « avec une population de 200 millions d’habitants qui exprime des besoins croissants en santé ».

Jean-Marc Béraud, qui a créé en 2000 la société Abiss, était un des deux dirigeants d’entreprises stéphanoises présents au salon professionnel HostpitalMed de Recife (Nordeste du Brésil), du 2 au 4 septembre. Participaient également à ce déplacement collectif, organisé par le Pôle des technologies médicales, deux autres entreprises du secteur de la santé de l’Isère et de la Lozère, ainsi que des représentants de l’Université Jean-Monnet, de l’École des Mines et de la Cité du Design. Ce déplacement dans l’Etat fédéral du Pernambouco où les autorités brésiliennes veulent créer un important pôle de santé (le 2e du pays), « nous a permis de rencontrer des gens intéressants dans l’optique d’une implantation commerciale suivie, sous trois à cinq ans, d’une unité de production pour le marché régional », explique Jean-Marc Béraud.

Fortement impliquée dans la R&D, la PME stéphanoise de 19 salariés est devenue en l’espace de quelques années un acteur reconnu dans le monde sur le marché des implants chirurgicaux pour les femmes. Elle s’est spécialisée dans le traitement de la statique pelvienne, de l’incontinence urinaire et du prolapsus. Et c’est à Saint-Etienne qu’a été mise au point avec le chirurgien Emmanuel Delorme une innovation mondiale : la technique par voie transobturatrice, devenue un standard du traitement de l’incontinence urinaire féminine.

« Depuis 2008, notre CA fait le yoyo »

Spécialisée dans les petites et moyennes séries, Absiss réalise près de la moitié de ses ventes à l’export. Notamment aux Etats-Unis, son principal débouché où elle compte deux gros clients. Ses concurrents sont des géants tels que Johnson & Johnson et ses clients des multinationales des dispositifs médicaux à qui elle apporte un complément de gamme, tout en refusant d’entrer dans une logique de sous-traitance. « Depuis 2008, notre chiffre d’affaires fait le yoyo », explique le dirigeant, indiquant avoir perdu un client qui représentait 1 M€ de ventes lors de son absorption par un groupe américain. Il s’efforce donc de diversifier ses marchés grâce à l’ouverture de filiales commerciales : une de quatre personnes en Pologne en 2013, suivie d’une autre de deux personnes en Russie l’année suivante.

Le Brésil devrait constituer une des prochaines cibles pour Jean-Marc Béraud, précisant que « c’est un pays qui vieillit vite et affiche un gros déficit de santé. Avec peu de productions locales et beaucoup d’importations d’Europe et des Etats-Unis. Il est très protectionniste, avec un coût élevé de certification des produits et des barrières douanières élevées. Mais il offre des incitations aux entreprises étrangères désireuses d’y produire ». Une option qui intéresse le Pdg d’Abiss, lequel envisage de lancer en 2016 une ouverture du capital de la société dont il est le seul actionnaire pour financer un tel développement à l’international, ainsi qu’un autre projet consistant à développer un implant absorbable qui intègre un médicament. A plus court terme, il s’apprête à acquérir d’ici la fin 2015 une friche industrielle du quartier de La Chauvetière, à Saint-Etienne, pour la production d’une substance dermo-esthétique permettant de valoriser des travaux de recherche réalisés depuis huit ans par un thésarde qui a rejoint Abiss.

Denis Meynard

Reprise des locaux d’IFC

Jean-Marc Béraud s’apprête à acquérir dans les prochains mois 650 m2 de bâtiments de l’ex-société Institut Français de Cosmétique (IFC), placée en liquidation judiciaire en août. Créée en 2004 par Fabrice Demaison et sa femme, cette PME, qui a compté jusqu’à près d’une dizaine de personnes, produisait et commercialisait une gamme de produits de soins du visage et de corps, de gemmothérapie, et des compléments alimentaires. A base de macéras de plantes, de produits à base d’argile et d’huiles essentielles, ils étaient notamment commercialisés sous la marque Qualinat.
 



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