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Abattoir du Fontanil : encourager les circuits courts et l'économie locale

Isère le 25 janvier 2015 - Eric SEVEYRAT - Agroalimentaire - article lu 998 fois

Abattoir du Fontanil : encourager les circuits courts et l'économie locale
Caroline Thermoz-Liaudy

Il y avait des problèmes autour de cet abattoir, le principal étant sa taille. On avait vu trop grand et l'exploitation de cet immense endroit devenait un gouffre financier. Il va donc falloir ramener les lieux à leur juste mesure, même si l'élargissement à 4 nouvelles intercommunalités pourrait faire augmenter l'exploitation.

Depuis 2007, le Syndicat mixte Alpes Abattage (SYMAA), créé à l’initiative du conseil général de l’Isère en partenariat avec la ville de Grenoble, gère l’abattoir du Fontanil, dont l’exploitation est déléguée à la société SAS Abab détenue depuis janvier 2013 par les usagers. En 2015, nouvelle étape avec l’entrée au syndicat de 4 nouvelles intercommunalités : la nouvelle métropole (qui est désormais compétente sur le service public de l’abattage), la communauté d’agglomération du Pays voironnais, la communauté de communes du Massif du Vercors et celle du Grésivaudan.
Avec le soutien financier des deux collectivités et de la Région (investissement global de 3,5 M€ dont 400 000 € apportés par le conseil régional), le site des abattoirs va faire l’objet de travaux de requalification, qui permettront une meilleure adaptation aux besoins du développement économique de la filière viande de l’Isère et des circuits courts de consommation alimentaire. Le conseil général de son côté, a soutenu ce projet en raison de l’importance de l’abattoir dans la préservation de la filière d’élevage iséroise (près de 200 éleveurs isérois sont des clients réguliers) et dans le développement des circuits courts (déjà une vingtaine de magasins de producteurs, 2 000 agriculteurs concernés, dont 700 producteurs fermiers dans le département). Les travaux vont enfin pouvoir être engagés et seront menés à bien, pour l’essentiel durant l’exercice 2015.
Le président du SYMAA, Eric Rochas explique : « Les abattoirs sont surdimensionnés par rapport à son activité. Nous pourrions traiter 10 tonnes de viande, alors qu’en 2014, nous en avons traité 3. Il va falloir réduire cette surface car l’entretenir a un coût. C’est très énergivore. A titre d’exemple, notre facture d’électricité en décembre était de 14 000 €. » Le fonctionnement devrait aussi être revu. Pas en ce qui concerne la voie porcine qui a été revue il y a peu, mais la voie ovine, devenue complètement obsolète va être remaniée à 100 %, et la voie bovine devrait être améliorée.
Une visite des abattoirs permet aussi d’être rassuré quant à la qualité de la viande et au parcours de l’animal. Tout est vérifié par les services de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) : provenance de l’animal, propreté, santé de la bête par les vétérinaires. Même une fois abattu, la DDPP vérifie les abats. « Les laboratoires vétérinaires restent une compétence du conseil général de l'Isère, financés par le département, explique Christian Nucci, vice-président en charge de l’agriculture. C’est une garantie supplémentaire de fiabilité des produits que de ne pas assurer le contrôle par l’organisme producteur ».
Dans leurs discours respectifs, les présidents des conseils général et régional : Alain Cottalorda et Michel Gregoire ont souligné les mêmes points capitaux. Le dossier a pu aboutir grâce à la collaboration des différents services qui l’ont porté. La requalification devra permettre de reconquérir le lien entre l’amont et l’aval de la production de viande, et de pérenniser l’activité économique d’élevage qui contribue à l’économie locale. La requalification de l’outil est aussi une forme de soutien aux éleveurs, puisque dans les zones où les abattoirs ont fermé, les éleveurs ont progressivement disparu. Enfin, il aurait été « insensé », qu’une telle agglomération se passe de cet outil (malgré la présence de l’abattoir de Chambéry). « Les consommateurs sont là, et fermer les lieux aurait été synonyme d’encourager les filières longues, à la place du circuit court », conclut M.Grégoire.

Caroline Thermoz-Liaudy
 



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