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Tartaras : à peine créée, Kerha va déposer le bilan

Loire le 09 février 2017 - Denis Meynard - Agroalimentaire

Tartaras : à peine créée, Kerha va déposer le bilan
Denis Meynard - L'entreprise devrait bientôt se déclarer en cessation de paiement.

Faute de soutien bancaire, le redémarrage d'une activité de conditionnement de pommes de terre à Tartaras tourne court pour les investisseurs et leurs 22 salariés.

Après la mise en liquidation de Potato masters, installée à Tartaras, en février 2015, la tentative de reprise de l’activité par une quinzaine de producteurs et négociants n’avait pas pu aboutir auprès du tribunal de commerce de Saint-Étienne. Un refus qu’ils n’ont pas très bien compris, ni digéré. Mais qui n’a pas entamé leur détermination. Certains, emmené par Pascal Eckert, basé en Champagne-Ardennes et gérant de la société Agro 3D, ont monté une société avec l’objectif de redémarrer l’activité en 2016. Il a fallu pour cela investir dans la rénovation du site fortement vandalisé.
Le dirigeant de la nouvelle société, baptisée Kerha, et le maire de la commune du Gier, Gérard Manet, soulignent que le projet s’est heurté à des résistances inhabituelles. « Il a par exemple fallu obtenir du tribunal de grande instance de Saint-Étienne une ordonnance d’expulsion du mandataire liquidateur… », déclarent-ils de concert. Mais face à ces péripéties, les porteurs du projet voyaient l’avenir avec optimisme soulignant que cette unité d’achat, tri, lavage, calibrage, conditionnement de pommes de terre de différentes variétés est « idéalement située. Avec dans un rayon de deux heures de route 22 sites logistiques qui livrent des fruits et légumes dans des grandes surfaces alimentaires », souligne Pascal Eckert.

Outre la municipalité, l’État et l’Europe, la démarche qui prévoyait d’investir 2 M€ avait convaincu les collectivités territoriales (Agglomération, Département, Région), dont certaines apportaient des subventions qui, au total, pouvaient atteindre 34 % du montant total de l’investissement. Les actionnaires, qui avaient pour leur part apporté 830 000 € de capital social, ont sollicité les banques à hauteur d’environ 700 0000 €. Prêt qui aurait été cautionné à 70 % par la Banque publique d’investissement (BPI). La réponse des établissements conviés par la préfecture à participer au financement du projet a été unanime, selon le dirigeant de l’entreprise. « Aucune n’a répondu favorablement, ni n’a motivé son refus ». Tout ce travail accompli pour aboutir à un dépôt de bilan annoncé mériterait sans doute une explication. Y compris pour les 22 salariés, embauchés depuis quelques mois, qui risquent d’être licenciés.

Denis Meynard



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