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La mairie de Saint-Etienne supprime certaines subventions à Montreynaud : et maintenant ?

Loire le 21 mai 2015 - Mathieu Ozanam - Société - article lu 1581 fois

La mairie de Saint-Etienne supprime certaines subventions à Montreynaud : et maintenant ?
Xavier Badiche - A l'Asim les bénéficiaires doivent participer à la cuisine et aux tâches ménagères

A Montreynaud, trois associations ont vu leurs subventions de fonctionnement supprimées par la municipalité. En cause : leur action envers les demandeurs d'asile. Comment envisagent-elles leur avenir ?

En présentant en réunion publique aux habitants de Montreynaud les travaux de la dalle du forum (lire notre édition du 6 mai 2015), le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau indiquait vouloir « améliorer l’attractivité résidentielle » du quartier. Des propos qui prennent un autre sens alors que la municipalité a décidé de supprimer les subventions à trois associations : l’Asim (Accueil solidarité insertion Montreynaud), le Panier de la colline et La Passerelle. La première accueille des demandeurs d’asile et des personnes démunies en leur assurant un repas (de 30 à 70 par jour). La deuxième distribue des colis alimentaires à environ 330 familles, « soit presque 1 000 personnes aidées » précise Laurence Mollard, bénévole de l’association. La dernière héberge environ 70 demandeurs d’asile dans une vingtaine d’appartements, dont 8 sont à Montreynaud et recevait 3 000 € de la mairie.

Une fermeture fin juin ?

« Qu’allons-nous faire des personnes qui viennent vers nous ? », s’inquiète François-Xavier Neyret, le président de l’Asim. Les travaux de la dalle devaient entraîner la fermeture du local occupé avec la nécessité d’une nouvelle implantation, mais l’annonce tardive de la suppression de 24 500 € de subventions municipales arrive en cours d’année. « J’ai appris en avril que notre dossier n’avait pas été retenu. » Et les 15 000 € du conseil départemental de la Loire et les 5 000 € versés par l’Etat ne suffiront pas à maintenir les activités de l’association. L’assemblée générale du 12 mai a voté une motion pour fixer au 30 juin au plus tard la fermeture du local. Sans grand espoir de pouvoir reprendre ailleurs. « Nous avons rencontré les services de la mairie qui se sont engagés à prendre en charge le coût de la fermeture », explique Xavier Neyret. Un montant qui pourrait se rapprocher de celui de la subvention compte tenu de la nécessité de procéder au licenciement de la salariée de l’Asim et des différentes factures à honorer dont celles de la Banque alimentaire. Avec 250 t. de produits distribués l’Asim représente le 8e « client » du grossiste social.

La volonté de continuer malgré tout

Fin juin c’est aussi l’objectif qu’a en tête Laurence Mollard. Les seules subventions qui permettaient de faire vivre le Panier de la colline étaient les 16 000 € de la mairie, auxquels s’ajoutent la mise à disposition du local de 150 m2 et la prise en charge des fluides. L’association qui louait une fourgonnette pour aller s’approvisionner auprès de la Banque alimentaire deux fois par semaine peut compter pour l’instant sur la compréhension de l’organisme social qui a pris temporairement le relais en acheminant elle-même les victuailles. Mais au-delà de l’été rien n’est assuré. Des contacts ont été pris avec d’autres associations pour envisager des solutions. Laurence Mollard est amère. « On nous dit : “on ne veut pas d’étrangers à Saint-Etienne“, on parle de nous comme de nuisances dans le quartier, mais ce sont des gens qui ne peuvent pas repartir, sinon ils se feront tuer dans leur pays », dénonce la bénévole.

Mathieu Ozanam

 



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