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A Métrotech, Lactips révolutionne le film plastique

Loire le 30 août 2015 - Denis Meynard - Industrie - article lu 1510 fois

A Métrotech, Lactips révolutionne le film plastique
©Denis Meynard - Le fabricant de granules bio-sourcées et hydrosolubles souhaite travailler avec des PME de la région.

Valorisant un brevet de l'Université de Saint-Etienne, la start-up réalise un emballage à base de protéines de lait qui intéresse de nombreux secteurs industriels.

Lactips, créée en avril 2014, valorise un brevet de l’Université de Saint-Etienne permettant de fabriquer un film plastique à partir de protéines de lait, notamment la caséine. Hydrosoluble, biosourcé, compostable, voire comestible, cet emballage lui permet de se positionner sur des marchés à haute valeur ajoutée. L’entreprise souhaite développer des films actifs spécifiques à l’emballage agroalimentaire pour allonger les temps de péremption des aliments ou garantir la sécurité alimentaire.

Ce produit très innovant est attendu par le marché de l’agroalimentaire. Parmi les distinctions qui lui ont été décernées en 2015 figure le Prix des industriels du salon PackInnov. Mais aussi la labélisation régionale Innov’r pour le développement de produits éco-innovant (dotée de150 000 euros), ainsi que le prix national ilab, accompagné d’une subvention de 250 000 €.

La start-up a quitté la plate-forme d’innovation Axel’One, de Saint-Fons (Rhône), pour s’installer dans le Parc technologique Métrotech, où elle commence à produire car elle a déjà de nombreux clients. Et a prévu de recruter une quinzaine de personnes au terme d’une levée de fonds en cours, qui devrait aboutir en octobre et lui apporter entre un et deux millions d’euros. Ses dirigeants déclarent qu’ils essayent de « faire entrer des business angels présents dans des métiers qui nous intéressent ». Ajoutant que d’autres brevets devraient suivre après celui déposé en 2010 par l’UJM et le CNRS.

Pour produire les fameuses granules (remplaçant celles à base de dérivés du pétrole) qui serviront ensuite à fabriquer du film plastique d’un nouveau genre, l’entreprise installée en mai à Saint-Jean-Bonnefonds utilise un procédé thermomécanique. Plus précisément une extrudeuse bi-vis, du type de celles construites par Clextral, à Firminy. Quelque 80 000 € ont été investis ces derniers mois dans différents équipements de la ligne de production qui fabrique à ce jour de petites quantités de granules.

« On aimerait récupérer le lait impropre à la consommation pour des usages non-comestibles tels que les emballages de doses lessive pour les machines à laver », souligne Marie-Hélène Gramatikoff, Pdg de Lactips. Si l’entreprise dont elle est l’actionnaire majoritaire, au côté de l’enseignant-chercheur stéphanois Frédéric Prochazka, et de l’industriel Fabrice Plasson, s’arrête à la production de granulés, elle développe aussi des applications pour le compte de ses clients. En travaillant par exemple sur des grades de matériaux qui soient imprimables en 3D.

Les produits de détergence devraient constituer un des débouchés les plus immédiats, qu’il s’agisse d’emballages de tablettes mono ou multicouches (comme celles fabriquées par Eurotab à Saint-Just-Saint-Rambert) ou bien de concentrés de lessive liquide. Ceux, solubles dans l’eau, actuellement commercialisés contiennent de l’alcool polyvinylique, note la dirigeante de Lactips. Cette dernière travaille aussi sur les applications dans le phytosanitaire et l’agrochimie, telles que l’emballage de pesticides. Une nouvelle étape a été franchie au cours de l’été avec la transformation en film d’une première centaine de kilos de granules par l’entreprise SES 43, de Saint-Pal-de-Mons, partenaire de la jeune pousse stéphanoise.

Denis Meynard

Forte croissance dès 2016

L’année 2016 devrait être marquée par la montée en puissance de l’effectif de Lactips, à près de 20 personnes, avec un chiffre d’affaires prévisionnel de 1 M€ et 30 tonnes de produits de pré-série. Les profils recrutés seront d’abord des développeurs, puis des personnes de production et de structure. « Par contre, on n’a pas de besoins en commerciaux, car on a déjà des clients. Notre matière première est chère, mais elle leur apporte quelque chose de plus et nous sommes très attendus par eux. On n’a donc pas d’autre choix que de devenir gros », déclare la présidente de la société, qui ne compte pas travailler que pour de grands comptes. Elle doit déjà prévoir un autre site industriel à l’horizon 2017, éventuellement en sous-traitance.
 



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