Fermer la publicité

A. Berlioz-Curlet : « l'artisanat doit redevenir un lieu de rassemblement et de partage »

Rhône le 07 avril 2014 - La Rédaction - Immobilier et BTP - article lu 446 fois

A qui est destiné ce livre blanc ? Alain Berlioz-Curlet : Au départ, il est destiné aux élus des chambres de métiers, comme un outil de communication et afin de les aider à porter un discours clair et précis sur les besoins immobiliers des entreprises artisanales.

A qui est destiné ce livre blanc ?

Alain Berlioz-Curlet : Au départ, il est destiné aux élus des chambres de métiers, comme un outil de communication et afin de les aider à porter un discours clair et précis sur les besoins immobiliers des entreprises artisanales. C’est également un outil qui peut profiter à l’ensemble des collaborateurs des chambres de métiers pour les sensibiliser d’avantage à cette problématique. Il a aussi comme objectif de mieux faire connaitre notre secteur et nos besoins aux collectivités territoriales à qui nous allons l’adresser.

Pourquoi ce partenariat entre Rhône-Alpes et l’Ile-de-France ?

A. B.-C. : Il se trouve que, dans nos régions respectives, deux départements étaient déjà particulièrement impliqués sur cette question de l’immobilier d’entreprise artisanale. Il s’agit du Rhône de la Savoie d’une part, et des Hauts-de-Seine et de la Seine-et-Marne d’autre part. Nous avons donc décidé de rapprocher nos collaborateurs respectifs et de nombreux points de convergence sont apparus, même si nos régions ont chacune leurs spécificités. Rhône-Alpes compte par exemple plus de zones rurales variées et la présence importante de zones de montagnes marque fortement le territoire. Je retiens que deux chambres régionales peuvent travailler de concert et je m’en réjouis, même si ce type de collaboration interrégionale est plutôt rare.

Quels principaux constats avez-vous établi ?

A. B.-C. : La première grande question concerne la mixité fonctionnelle. Il faut abolir les clichés sur l’artisanat. Le besoin en immobilier est multiple et peut s’inscrire dans n’importe quel programme. Arrêtons de croire que notre seul souhait est de nous retrouver dans des zones d’activités artisanales ou dans des pépinières d’entreprises. On doit nous voir en milieu urbain, c’est essentiel d’une part pour montrer nos savoir-faire mais ça l’est aussi beaucoup en termes de lien social. L’artisanat doit redevenir un lieu de rassemblement des citadins, un lieu où il fait bon se rencontrer, échanger, et partager. Mais je n’oublie pas le milieu rural, où l’artisanat doit continuer à être le porteur de l’aménagement du territoire. Sans l’artisanat, l’économie locale périclite, voire disparaît. En milieu périurbain enfin, la question est la même. Reste le point essentiel : celui du coût, certaines zones deviennent inabordables pour un artisan.

Vous semblez avoir le sentiment que l’immobilier d’entreprise artisanale est le parent pauvre de l’aménagement du territoire…

A. B.-C. : Mais c’est le cas ! Dans tous les grands projets d’aménagement - je pense par exemple à Confluence, dans ses programmes successifs -, il est fait état de mixité fonctionnelle (logement / tertiaire / loisirs), avec d’importantes zones commerciales, accessibles à de grandes enseignes. Dans le mot « mixité », l’artisanat est complètement oublié. Un autre exemple, les centres-villes ont été, à une certaine époque, envahis par le secteur tertiaire (banques, agences d’intérim, agences immobilières…), par souci d’occupation et de rentabilité, ceci au détriment de la vie et de l’animation qu’apportent les commerces, les ateliers, et les boutiques artisanales.

Quel message adressez-vous aux promoteurs ?

A. B.-C. : Dans certains secteurs, nous avons besoin de locaux adaptés sur le plan financier comme sur le plan fonctionnel. Nos besoins sont similaires à ceux d’une usine, même si nos entreprises ne font pas la même taille. Nous avons besoin d’un outil de travail qui nous permette de faire fonctionner confortablement tous les services de l’entreprise, de l’administratif à la production. Que les promoteurs innovent, et qu’ils ne s’arrêtent pas à la seule question de la rentabilité immédiate, qui devient, pour ce sujet comme pour d’autres, un fléau de notre société. Plus globalement, tout cela est une question de confiance et de courage : financiers, banquiers, collectivités territoriales et promoteurs se doivent de réagir. Que les auteurs de PLU et de SCOT nous consultent en amont ! Que les promoteurs pensent mixité fonctionnelle et intègrent nos problématiques ! Et pourquoi ne pas soumettre l’idée aux collectivités territoriales et aux promoteurs de mener ensemble, auprès de nos ressortissants, des enquêtes régulières sur nos besoins pour nos entreprises en perpétuelle mutation ? Nous avons tous à y gagner : le lien social est l’affaire de tous.

Propos recueillis par T. Charrondière



Lire la suite dans le L'ESSOR du Rhône n° 3519 du vendredi 4 avril 2014



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide