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A 45 : l'hypothèse en deux temps

Loire le 02 avril 2015 - Xavier ALIX - Collectivités locales - article lu 854 fois

A 45 : l'hypothèse en deux temps
G.R. - L'État aurait en réalité plus de marge de manoeuvre qu'il ne veut le dire

Et si le projet se limitait à ses deux tiers dans un premier temps ? Idée avancée par l'ex maire de Saint-Etienne Maurice Vincent afin d'étaler l'effroyable facture que la subvention d'équilibre occasionne aux finances publiques. Apparemment, rien d'impossible…

« L’idée n’est pas idiote. La partie qui serait reportée est la plus couteuse par km. Celle conservée est suffisante pour pallier au problème de fiabilité entre Rive-de-Gier et Lyon. Maintenant, reste à étudier la faisabilité, refaire les calculs... »

Contactée, la Dreal Rhône-Alpes assure ainsi que l’hypothèse - si elle n’est « pas simple » à appliquer - n’a rien de délirante. C’est fin février, suite à la réunion au secrétariat d’Etat aux transports ayant annoncé un total de 845 M€ réclamés en subvention d’équilibre par Vinci, dont 422 M€ pour Saint-Etienne Métropole et le Département (lire notre édition du 27 février) que le sénateur Maurice Vincent l’a avancée dans un communiqué. Il suggérait alors « de solliciter le ministère pour un examen de la possibilité de phasage en deux tranches - Lyon/contournement de Saint-Chamond puis plus tard Saint-Chamond/Saint-Etienne - conforme à la Dup (déclaration d’utilité publique). » L’A 45 se contenterait ainsi, dans un premier temps, d’une construction aux deux tiers pour déboucher depuis le Rhône au niveau de l’aire du pays du Gier. 

« Les sociétés pourraient alors répondre à nouveau sur ces bases. Cette étape, qui reporterait certes le projet d'une année, est aussi la seule susceptible de permettre la réalisation du projet sur une base financière gérable. » Car même s’il pense que la Région Rhône-Alpes-Auvergne finira par céder sur une contribution - « le contraire serait politiquement intenable, surtout en finançant le TGV Lyon/Turin » - l’ex maire de Saint-Etienne ne croit pas que le Département et Saint-Etienne Métropole puissent chacune plomber leur investissement de 211 M€, voire même d’un peu moins : « dans ces conditions, je voterai contre à l’assemblée communautaire. En nous engageant en compagnie du Département en 2011, j’espérais que nous ayions à payer chacun 75 M€ -100 M€ grand maximum, sur un projet alors présenté à 1,5 Md€ soit en gros 2 ans d’investissement pour Métropole (sans subventions extérieures aux projets, Ndlr). Mais là 211 M€… C’est infaisable sans sur endetter, augmenter l’impôt. Et complètement incompatible avec une 3e ligne de tram que nous n’envisagions même pas étant donné les investissements déjà en cours. Reste à vérifier si cette idée phasage en deux temps est compatible avec la Dup.»

« Ce serait sans doute jouable, estime la Dreal Rhône-Alpes, il faudrait en revanche afficher clairement que la suite sera faite et acheter les terrains concernés par la deuxième phase avant que la Dup ne soit périmée (en 2020, Ndlr). Pour ce qui est de l’appel d’offres, cela risque d’être plus compliqué mais pas forcément impossible…» Interrogé à son tour sur cette hypothèse, le président de Saint-Etienne Métropole Gaël Perdriau rappelle ce qui a été dit aux élus ligériens le 19 février à Paris. Ou plutôt ce qui n’a pas été dit : apparemment, une modification du cahier des charges pourrait remettre en cause l’appel d’offre selon le secrétaire d’Etat évasif. « Le problème, c’est que nos questions sont restées sans réponse : le secrétaire a refusé, c’est bien le mot, de répondre quand nous lui avons posé des questions sur les flux, le modèle économique, un phasage en deux temps... L’Etat ne donne pas l’impression de vouloir payer sa part ! Sur la possibilité avancée par M. Vincent, je m’étonne qu’il n’ait pas exigé cette précision sur le phasage lors de son engagement en 2011 où il a pris le risque de financer 25 % de 700 M€ de subvention d’équilibre comme évalué par les services de l’Etat ! Sinon, étaler 211 M€ d’investissement sur deux ou trois mandats n’a rien d’impossible. Nous avons cependant envoyé un courrier à Wauquiez et Queyranne, candidats aux éléctions pour demander leur aide. Le second a beau dire non à cause de ses alliés écologistes, d’autres de ses soutiens lui rappellent la nécessité de l’A 45.»

La contribution financière  ne sera de toute façon pas votée à Métropole, ni même au Département, avant qu’un énième rendez-vous officiellement sollicité mardi auprès du ministère par les deux agglomérations ne se soit tenu. De quoi obtenir ces détails qui font tout : la marge que le concessionnaire va obtenir sur une A 45 qu’il aura en main 55 ans notamment…

Xavier Alix



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