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Vaulx-Milieu : Soprano Industry recherche un repreneur

Isère le 25 novembre 2015 - Sévim Sonmez - Industrie - article lu 3570 fois

Vaulx-Milieu : Soprano Industry recherche un repreneur
Ph.Sévim Sonmez - Les salariés restent mobilisés

La liquidation judiciaire avec cessation d'activité immédiate de l'entreprise Soprano Industry a été prononcée mardi 17 novembre par le tribunal de commerce de Vienne. Avant même de recevoir leur lettre de licenciement, les 150 salariés de l'entreprise de Vaulx-Milieu recherchent activement un repreneur.

A regarder de plus près, la liquidation de cette société de fabrication de climatisation et de système de refroidissement pour les centrales nucléaires et la Défense, ainsi que de l’électronique embarquée, est plutôt atypique. Son carnet de commande est plein et ses clients sont de grandes entreprises du CAC40, financées par l’Etat comme Alstom, DCNS, CEA, SNCF, Bombardier ou Airbus. Soprano évolue dans un secteur de pointe pour lequel seuls deux concurrents existent : Cofely Axima, filiale d’Engie (génie climatique, réfrigération, protection incendie et maîtrise des environnements process) et Sodern, filiale d’Airbus (spécialisée dans l'instrumentation spatiale, optique et neutronique). Alors pourquoi la liquidation judiciaire a-t-elle été prononcée ? Deux thèses s'affrontent.                                            

                                                                                                          Christian Moreau

Les salariés pointent la mauvaise gestion du dirigeant Christian Moreau qui a pris les rênes de la société en 2002.  « La société affiche une dette de 3 M€ à l’URSAFF et de 1,8 M€ au Trésor public alors qu’elle a obtenu 13 M€ d’aides publiques, explique Renaud Neff, délégué syndical CGT. Christian Moreau est le seul actionnaire et a toujours détenu le pouvoir décisionaire sans partage. Il s’est brouillé avec de nombreux clients et a même engagé une procédure contre la SNCF ». Une procédure pour contrefaçon à l’encontre de la SNCF qui, selon le PDG : « A copié chez Soprano les machines qu’elle est en train de fabriquer elle-même, en apposant sa plaque signalétique. Une perte de plus de 30 M€ ».

                                                                                                                                                                   

« L’Etat mauvais payeur »

Le PDG Christian Moreau impute cette liquidation à l’Etat qui mauvais payeur a entraîné la chute de son entreprise. Il va même plus loin en se demandant « si cette liquidation n’était pas voulue par un grand groupe qui après avoir laissé entendre un rapprochement avec Soprano l’aurait finalement lâchée afin de l’acquérir pour rien. Soprano a été victime de son savoir-faire. La problématique n’était pas l’activité économique mais plutôt la trésorerie bloquée par des avis à tiers détenteurs », insiste le PDG. Ce dernier assure avoir tout fait pour sauver son entreprise, et adressé des courriers à différents services financiers de l’Etat ainsi qu’à François Hollande demandant à l’Etat de respecter ses engagements. Après la décision de liquidation judiciaire avec cessation d’activité immédiate prononcée par le tribunal de commerce de Vienne, il dit réfléchir à une solution pour assurer le service après-vente du matériel de pointe installé chez les clients qui ne savent pas à qui d’autre s’adresser, compte tenu de la haute technicité de ce matériel.

Mobilisés jusqu’au bout

Même si leur lettre de licenciement doit leur parvenir d’ici au 8 décembre, les salariés de Soprano Industry ne lâchent pas l’affaire et restent mobilisés sur le parking de l’entreprise de Vaulx-Milieu. Le 23 novembre, ils ont adressé une lettre ouverte aux élus isérois, aux représentants de l’Etat ainsi qu’aux instances juridiques afin de les aider à trouver un repreneur très rapidement. Le temps joue en leur défaveur, mais qu’importe. Tant que le matériel de l’entreprise n’a pas été mis en vente aux enchères par le liquidateur judiciaire, ils continuent à chercher parmi les clients et fournisseurs un éventuel repreneur. Le 24 novembre, des salariés ont rencontré le sous-préfet de la Tour-du-Pin, la Dirrecte, le liquidateur judiciaire et le Pôle emploi qui leur a assuré de leur soutien dans cette démarche. « Nous avons d’éventuelles pistes mais il est trop tôt pour en parler », résume un délégué syndical suite à cette réunion.
Et d’après le tribunal de commerce de Vienne, cette liquidation judiciaire aurait du intervenir il y a plus d’un an, compte-tenu du passif important de l’entreprise. Mais les pouvoirs publics l’ont maintenu sous oxygène car 150 emplois étaient concernés. Par ailleurs, le PDG « A été à plusieurs reprises assigné en liquidation judiciaire par l’Urssaff qui, a chaque fois, a mis en place des échéanciers afin de lui permettre de maintenir son activité. Cependant, l’intention du chef d’entreprise était tout autre puisqu’il a lui-même demandé une liquidation avec cessation d’activité au lieu d’un redressement judiciaire. Résultat : cette dette restera à la charge de la collectivité ».

Sévim Sonmez

 



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