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Saint-Etienne : l'Alhambra et le Camion rouge renégocient avec Gaumont

Loire le 21 décembre 2016 - Denis Meynard - Tech et Médias - article lu 1425 fois

Saint-Etienne : l'Alhambra et le Camion rouge renégocient avec Gaumont
Denis Meynard - ABC ne pourra pas faire l'acquisition du fonds de commerce et des murs de l'Alhambra au 31 décembre 2016.

Les sociétés ABC et Darcy Palace, qui exploitent les quatre cinémas du groupe Massu, dont le Camion Rouge et l'Alhambra à Saint-Etienne, sont placées en procédure de sauvegarde.

Le contrat de location-gérance du 5 novembre 2014 au 31 décembre 2016 entre le groupe Gaumont Pathé et Sylvie Massu présidente de la société ABC (Alliance bourguignonne cinématographique) a finalement été prolongé sur l’année 2017. Car cette dernière n’est pas en mesure de financer l’acquisition à la fin de l’année du fonds de commerce et des murs de l’Alhambra, à Saint-Étienne, tel que cela était prévu. Les difficultés financières rencontrées par l’exploitant des deux multiplexes stéphanois l’ont conduite à tenter de renégocier avec le géant français, présidé par Martine Odillard (qui a succédé à Jérôme Seydoux début 2016).

Procédure de sauvegarde 

Les négociations n’ayant à ce stade pas abouti et les capacités financières d’ABC ne lui permettant pas de faire face aux échéances prévues, notamment vis-à-vis de Gaumont Pathé, Sylvie Massu a demandé le placement de la société en procédure de sauvegarde. Ce qui a pour effet d’en geler les dettes pour une durée de six mois renouvelable. Elle a réalisé la même démarche pour la société Darcy Palace (propriétaire d’ABC) qui gère ses deux cinémas dijonnais : le Darcy et l’Olympia.

Début 2016, l’annonce de la restructuration des deux multiplexes exploités par la société ABC (Alliance bourguignonne cinématographique) à Saint-Étienne, avec quatre licenciements (dont trois sont contestés devant le Conseil des prud’hommes), avait fait réagir des commerçants de la place Jean-Jaurès. Exprimant l’inquiétude d’une nouvelle baisse de la fréquentation de leurs établissements à la suite de celle, significative, que certains ont subi en 2015. Depuis, les 20 salles de l’Alhambra et du Camion Rouge ont amorcé une légère remontée. Si la barre des 600 000 entrées est dépassée, l’objectif de 700 000 annoncé voici quelques mois (contre 590 000 en 2015) ne sera pas atteint.

Des pertes moindres

Parmi les points positifs, on peut noter que le système d’affichage des films à l’entrée de l’Alhambra, vient enfin d’être refait après avoir été défaillant pendant de très nombreux mois. A la suite du départ de la déléguée du personnel et déléguée syndicale CFDT de la société ABC, en septembre dernier, l’effectif s’établit à 17 personnes à Saint-Étienne, contre 22 à Dijon. Le chiffre d’affaires cumulé des salles stéphanoises atteignait l’an dernier 3,8 M€ (avec 690 000 € de pertes) contre 2,6 M€ (avec un résultat net de plus de 560 000 €) pour les 16 salles de la société Darcy Palace. Selon l’administrateur judiciaire, les pertes de la société stéphanoise seront moindres sur l’exercice qui s’achèvera au 31 décembre. Mais il était nécessaire que les quatre cinémas (dont la programmation des 36 salles est assurée par Gaumont Pathé) puissent rassurer les distributeurs de films. Et ainsi obtenir les blockbusters de fin d’année, tels que le dernier Star Wars et Assassin’s Creed.

Le premier semestre 2016 sera donc mis à profit par le groupe Massu pour renégocier avec les banques et Gaumont Pathé, qui est le principal fournisseur de l’exploitant des quatre cinémas, afin de proposer au tribunal de commerce de Dijon un plan de continuation de l’activité avec étalement du passif. Ce contexte de recherche de trésorerie pourrait relancer la question des friches constituées par d’ex-cinémas dont l’exploitation a été stoppée par les société du groupe, parfois depuis nombreuses années. A Saint-Étienne, cela concerne le site de l’Eden depuis 2003 à l’emplacement duquel la municipalité souhaite voir émerger un projet de logements et de commerces. A Dijon, deux cinémas du groupe, l’Alhambra et l’ABC, sont dans cette situation, respectivement depuis 1978 et 2011.

Denis Meynard

Disparition des fondateurs

Après le décès, courant 2016, de Georgette Massu, la mère de Sylvie Massu, qui travaillait au sein de l’entreprise familiale au côté de son mari, ce dernier est décédé le 20 décembre, à l’âge de 94 ans. Marcel-Jean Massu et son épouse avaient débuté dans les années 40 la projection de films sur la région dijonnaise. Achetant plusieurs salles de cinéma dans des petites villes de Côte d’Or, puis le Darcy, à Dijon, en 1961, et la quasi-totalité des cinémas de la capitale de la Bourgogne. Avant de s’étendre à d’autres villes telles que Bourg-en-Bresse et Saint-Étienne.

D.M.



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