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2016 : année de la femme au musée de Grenoble

Isère le 02 octobre 2015 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Expositions - article lu 406 fois

2016 : année de la femme au musée de Grenoble
Musée de Grenoble - petunias- Georgia O'Keeffe

La place de la femme dans l'histoire de l'art. Une place qui n'a pas toujours été à la hauteur de ce qu'elle aurait dû être et que le musée de Grenoble va tenter de redonner cette année, au cours de deux expositions sur Georgia O'Keeffe et Cristina Iglesias.

La présentation de saison 2015-2016 commence par un aveu du directeur du musée de Grenoble Guy Tossasto : « Ce n’était pas une volonté de départ de mettre la femme à l’honneur, mais notre choix a fait que nous présentons cette année 2 femmes exceptionnelles. » Il est vrai que le XXe siècle n’a pas toujours mis les artistes féminines à la place qu’elles méritaient, souvent reléguées dans l’ombre des hommes, et parfois de leurs compagnons. Mais avec l’art contemporain, la femme a pris toute sa place.

La première exposition que proposera le musée du 7 novembre au 7 février : « Georgia O’Keeffe et ses amis photographes », revient donc sur la carrière de cette artiste américaine, très peu présente à l’international. Avec l’aide de la fondation du même nom de Santé Fé, le musée reviendra sur cette artiste longtemps restée dans l’ombre de son compagnon photographe : Alfred Stieglitz. « On retrouvera beaucoup de peintures de fleurs, un motif qu’elle a énormément peint dans les détails. Mais elle a eu différentes périodes, liées à ses voyages aux Etats-Unis : le Wisconsin, New York, et surtout le Nouveau Mexique. » Une œuvre très ancrée dans le territoire américain, dans son quotidien de femme, et grâce à des représentations de détails en gros plan, une œuvre placée entre figuration et abstraction. Ses peintures seront mises en parallèle avec les travaux de 7 ou 8 de ses amis photographes, parmi lesquels, son compagnon.

Buildings new-yorkais qu’elle a vu se construire, fleurs, canyons du Nouveau-Mexique ou os de carcasses d’animaux trouvés dans le désert, Georgia O’Keeffe travaillait dans les gros plans. « C’est une pionnière de l’abstraction mais elle ne s’y est pas cantonnée. Au contraire, avec le réalisme de très près, elle crée de l’abstrait. » Dans la seconde exposition, (23 avril au 31 juillet), Christina Iglesias, artiste espagnoles, montrera un rapport très sensible à la Nature. « Elle fera écho au féminin, à l’exposition de Penone de l’an dernier, mais de façon beaucoup plus raffinée. » Née en 1956, épouse de Juan Munos, elle a beaucoup travaillé avec les matières. « Ses œuvres s’appuient à la fois sur une réflexion sur l’espace (en particulier l’architecture), et sur la nature. » Ce sont souvent des œuvres dans lesquelles on peut pénétrer. On y trouve aussi des traces du métissage de l’Espagne, de par les cultures arabes et juives très présentes dans l’architecture andalouse. « On verra aussi des sculptures à base de lettres, qui font des phrases à propos de l’espace, qui font comme une mise en abyme. » Des travaux aussi sur les cloisons faites à base d’empreintes de végétaux, où elle intègre des éléments d’ordre minéral ou organique. Elle intègre aussi le cycle de l’eau dans des sculptures mouvantes.

Côté actualités, le musée lance cette saison la gratuité pour les moins de 26 ans, pour les entrées, mais aussi pour les animations. Mais aussi la gratuité des ateliers pour les enfants les mercredis, ateliers où du coup, l’inscription sera indispensable. Grâce à la carte d’abonnement (18€ /an), les entrées seront illimitées, et le visites guidées deviennent elles aussi gratuites. Enfin en ce qui concerne le musée 2.0, les collections sont en ligne (1500 œuvres, dont une partie avec des notices).

Caroline Thermoz-Liaudy
 

El Greco en échange

Du 4 mai au 31 juillet, le musée de Grenoble accueillera un chef d’œuvre d’El Greco La Pentecôte, prêté par le musée du Prado (en échange d’un tableau de Georges de La Tour). Peint en 1600, cet immense tableau fait partie d’un retable monumental. Œuvre typique de la dernière période de l’artiste, il représente des apôtres 50 jours après la résurrection du Christ. Comme à son habitude, il y bouleverse les codes artistiques de son époque.
 



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